Rebond attendu en 2027 après trois années en berne
Le rapport économique 2026 présenté par Axema confirme l'entrée du secteur des agroéquipements dans une troisième année consécutive de recul. Après une baisse de 9 % en 2025, le marché français accuse désormais un repli cumulé de 22 % depuis 2023. Malgré un contexte agricole particulièrement dégradé, les industriels misent sur les exportations et l'innovation pour préparer la reprise.
Le constat dressé par Axema(1) est sans appel. Les industriels du machinisme agricole ont traversé une nouvelle année difficile en 2025, dans un environnement marqué par la succession des crises sanitaires, les aléas climatiques, les tensions géopolitiques et la hausse des coûts de l'énergie.
Une année 2025 marquée par la chute des investissements
Cette accumulation d'incertitudes fragilise les trésoreries des exploitations agricoles et freine leurs capacités d'investissement. Résultat : le marché français de l'agroéquipement a reculé de 9 % en 2025. Depuis 2023, la baisse cumulée atteint désormais 22 %, plaçant la filière dans sa troisième année consécutive de contraction.
Les secteurs des grandes cultures et de la viticulture figurent parmi les plus touchés. Certaines catégories de matériels enregistrent même des niveaux historiquement bas, notamment les machines à vendanger, les moissonneuses-batteuses et les tracteurs standards.
Quelques segments résistent mieux
Tous les marchés ne sont cependant pas logés à la même enseigne. Le secteur des espaces verts affiche une progression de 4 %, soutenue par des conditions météorologiques favorables et le dynamisme du segment grand public.
Le matériel d'élevage démontre également une certaine résilience. Les investissements liés à la modernisation des bâtiments et au développement des exploitations laitières permettent de maintenir l'activité sur ce segment, qui apparaît aujourd'hui comme l'un des plus solides du marché.
Les exportations soutiennent l'industrie française
Dans ce contexte difficile, la filière française conserve plusieurs atouts. La production nationale d'agroéquipements atteint 7,1 milliards d'euros en 2025, dont 57 % sont destinés à l'export.
Alors que les ventes sur le marché intérieur chutent de 11 % pour s'établir à 3,03 milliards d'euros, les exportations progressent de 4 %, atteignant 4,05 milliards d'euros. Une performance qui témoigne de la compétitivité des constructeurs français sur les marchés internationaux.
Les meilleures dynamiques sont observées en Afrique (+ 46 %), en Europe de l'Est (+ 17 %) et en Europe de l'Ouest (+ 11 %). À l'inverse, les exportations vers l'Amérique du Nord reculent fortement sous l'effet des droits de douane américains, tandis que la zone Asie-Pacifique enregistre également un net ralentissement.
Malgré la baisse du marché, la France demeure le premier marché européen du machinisme agricole et le deuxième pour les équipements dédiés aux espaces verts.
Pas de véritable reprise avant 2027
Les premiers indicateurs de 2026 n'incitent pas à l'optimisme. Les prises de commandes ont encore diminué de 9 % au premier trimestre, même si un léger rebond de 5 % a été observé en avril.
Axema identifie plusieurs facteurs de blocage : la faiblesse persistante des revenus agricoles, le niveau élevé des taux d'intérêt, la contraction du pouvoir d'achat ainsi que les incertitudes géopolitiques internationales.
L'organisation professionnelle estime que le marché français pourrait encore reculer en 2026 pour atteindre environ 7,15 milliards d'euros. Dans ce scénario, la reprise ne serait envisageable qu'à partir de 2027, sous réserve d'une amélioration de la situation économique des exploitations et d'une meilleure visibilité réglementaire.
L'électrification comme moteur de transformation
Au-delà de la conjoncture, Axema met en avant les opportunités offertes par l'électrification du machinisme agricole. L'association estime que plus de 750 000 automoteurs agricoles pourraient être électrifiés à court terme.
Pour les industriels, cette évolution représente à la fois un levier de compétitivité, une réponse aux enjeux climatiques et un moyen de renforcer la souveraineté alimentaire française. Les travaux engagés avec les pouvoirs publics visent désormais à accélérer le déploiement de ces technologies dans les exploitations.
Dans un marché en attente de reprise, l'innovation apparaît ainsi comme l'un des principaux moteurs de résilience d'une filière qui reste l'une des plus technologiques de l'industrie française.
infographie
(1) Axema est l’association française des acteurs industriels et des importateurs de la filière des agroéquipements et des espaces verts. En 2025, l'association rassemble 270 entreprises adhérentes (70 % de constructeurs et 30 % d'importateurs), couvrant 95 % du marché français.