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Transmission

Travailler sur un cas concret de cessation d'activité

Après plusieurs mois de travail, les étudiants de BPREA du CFPPA d'Auxerre ont réalisé la restitution du « défi transmission » mis en place par Bio Bourgogne.

Par Charlotte Sauvignac
Transmission
Ce lundi 30 mars, l'amphithéâtre du lycée agricole d'Auxerre la Brosse a accueilli le défi transmission organisé par les étudiants de BPREA du CFPPA d'Auxerre.

« Depuis plusieurs années, nous travaillons en collaboration avec le CFPPA sur le défi transmission. Vis-à-vis des futurs installés, l'objectif est de mesurer les enjeux d'une reprise de ferme, se rendre compte et imaginer des solutions à l'inadéquation offre/demande entre repreneurs et cédants et se permettre de se projeter dans une situation de reprise », introduisent Léo Cadie et Jean-Baptiste, animateurs à Bio Bourgogne BFC, ce lundi 30 mars à l'amphithéâtre du Lycée la Brosse. En se tournant vers Christophe Quenet, céréalier en Agriculture Biologique, ils poursuivent : « pour les cédants, l'objectif est de se confronter à son projet de transmission et d'entamer ou de poursuivre une démarche de transmission, de rencontrer des futurs porteurs de projet et de se projeter dans une situation de reprise ». À ce jour, la transmission est un enjeu important en agriculture : 45 % des agriculteurs auront atteint l'âge de la retraite d'ici 10 ans, 60 % des candidats à l'installation sont non issus du milieu agricole, et au sein de la région, seule la moitié des surfaces libérées par les cessations d'activité sont reprises par de nouveaux installés. Dispatché par groupes de trois, c'est le moment pour les étudiants en BPREA de monter sur scène pour débuter la restitution. Parmi eux, quatre souhaitent se lancer en maraîchage, quatre en élevage, trois en grandes cultures, deux en viticulture et un en arboriculture. Trois d'entre eux s'adressent directement à Christophe Quenet, celui chez qui « le projet s'est déroulé ». « Nous remercions encore Christophe pour son accueil chaleureux et sa pédagogique à notre encontre », déclare l'un des étudiants. Afin de poser un contexte, les étudiants commencent par présenter la structure sur laquelle ils ont travaillé. « Originaire de suisse, la famille de Christophe s'est installée à Molinons dans les années. La ferme a connu quelques difficultés après un redressement judiciaire », débutent-ils. En 2009, Christophe reprend l'exploitation de ses parents et rachète 145 hectares supplémentaires. Douze ans plus tard, le céréalier décide de réaliser une conversion en bio après « avoir eu le sentiment que je n'avais plus, que je n'étais plus en accord avec mes envies », confie à son tour le céréalier. Avant de passer la parole à leurs camarades, les étudiants déterminent trois types de sols : « du limon argileux, de l'argilo siliceux, des terres de plateaux et des terres superficielles ».

Se projeter dans la transmission

Dans un second temps, deux autres groupes d'élèves ont décidé de proposer « deux types de reprise avec des ateliers différents ». Le premier concerne l'ajout d'un atelier ovin en association, (GAEC). « Étant donné que Christophe Quenet cultive de la luzerne mais qu'elle n'est pas valorisée, l'élevage semble être une bonne opportunité pour que ce soit un modèle résilient qui permet de mieux valoriser la luzerne », analyse l'une des étudiantes. L'atelier ovin compterait donc « trois cents brebis » et opterait pour un investissement de matériels : tunnel ovin avec un système en plein air intégral. Face à cette proposition, le céréalier ajoute que « s'il me restait dix ans à travailler en plus, je me serais lancé dans l'élevage, mais peut-être plutôt en bovin », taquine-t-il. De manière globale, les futurs installés concluent en énonçant plusieurs faits : « nous avançons des données économiques prometteuses, grâce aux aides, qui permettraient une reprise à deux associés. Des investissements supplémentaires seraient ou un rachat de foncier pourrait être envisagé dès la 1re année », commencent-ils. Pour autant, ils confient « qu'une réflexion technique serait à mener sur la gestion du pâturage et sur la construction des couverts à pâturer, ce qui n'a pas été intégré dans les calculs du bilan partiel ». En dernier lieu, « une réflexion supplémentaire doit être menée pour améliorer la durabilité agroécologique et socioterritoriale (plantation de haies, vente directe, etc.) », ajoutent-ils. De l'autre côté, le second groupe propose « un atelier en bovins allaitants » de salers. « Nous proposons en premier lieu un petit élevage de dix vaches rustiques, avec une bonne qualité, un bon vêlage, une bonne qualité maternelle et un bon croisement », met en avant une étudiante. En proposant cet atelier, l'objectif est de « valoriser des ressources disponibles et d'apporter des bénéfices agronomiques comme l'amélioration et la fertilité des sols grâce aux effluents. Il peut aussi sécuriser partiellement le revenu en diversifiant les productions. Ce serait donc un atelier complémentaire aux céréales », concluent-ils en chœur.