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Foncier

Foncier : Des prix encore maîtrisés en BFC

La présentation, par la Safer, des chiffres du marché foncier rural en Bourgogne-Franche-Comté, révèle des niveaux de prix, pour les terres et les prés qui permettent encore d'envisager des installations.

Par Berty Robert, avec Groupe Safer www.le-prix-des-terres.fr
Foncier : Des prix encore maîtrisés en BFC
Groupe Safer
Cette carte en témoigne : la BFC est la région de France où les terres agricoles sont encore parmi les plus accessibles.

Le 1er juillet, la Safer Bourgogne-Franche-Comté (BFC) a présenté son panorama annuel des prix du foncier. Ceux concernant la viticulture ont déjà fait l'objet d'un article (voir Terres de Bourgogne n° 1891 du 26 juin) Nous nous intéressons ici aux prix des terres et des prés ainsi qu'au marché du foncier forestier (lire encadré). Pour le Saône-et-Loirien Bernard Lacour, président de la Safer BFC, ces chiffres « reflètent une agriculture qui bouge, s'adapte, s'organise et qui préserve des possibilités d'installation pour de jeunes agriculteurs. » De fait, les chiffres 2025 montrent un différentiel important entre le prix moyen national à l'ha (6 460 euros) et le prix moyen en BFC (2 740 euros). De plus, si la moyenne nationale est en hausse de 0,9 %, celle de BFC est en baisse de 6,2 %, après une baisse de 0,3 % en 2024 et une légère hausse de 0,3 % en 2023. La Région BFC est la seule, en France, à se situer sous les 3 000 euros /ha. Le marché régional des terres et prés avec ou sans bâti se caractérise par un nombre de transactions (près de 7 000) en hausse de 2,4 % et pour un total de 35 200 ha. La valeur de ces transactions affiche une forte hausse de 12 % pour un montant de 249 millions d'euros. En BFC, ce marché est majoritairement « occupé », c’est-à-dire que les ventes interviennent avec un exploitant en place, dans 70 % des transactions.

Un rapprochement inédit

Concernant les prix des terres et prés loués (avec ou sans bâti), on constate, en BFC, un alignement, inédit, avec les prix des terres libres, à 2 750 euros/ha, en hausse de 3 % (après une baisse de 3 % en 2024). Là aussi, on reste néanmoins très en dessous de la moyenne nationale à 5 350 euros/ha. Selon le directeur général de la Safer BFC Philippe de Segonzac « il faudra vérifier si cette tendance au rapprochement entre la valeur des terres et prés libres et celles de leur équivalent en location, se confirme. De plus, elle ne se vérifie pas dans tous les départements de BFC, notamment en Saône-et-Loire, où l'écart de prix reste significatif, ou encore dans le Jura. » Resserrons à présent la focale sur les différences de prix observées au niveau infra-régional. À moins de 2 200 euros/ha on trouve une grosse part du Jura, mais aussi du Morvan, côté Côte-d'Or et côté Nièvre. L'autre extrémité (+ de 3 500 euros/ha) concerne le nord et le nord-ouest de l'Yonne, le sud-ouest de la Nièvre, le centre-est de la Côte-d'Or (la plaine), le Territoire de Belfort et toute la bordure est du Doubs. Dans ces deux derniers cas, la proximité de la frontière suisse joue un rôle, mais il faut aussi considérer des productions agricoles à valeur ajoutée importante. En BFC, le poids de la location de terres agricoles est relativement important, par rapport à la moyenne française, et, sur notre région, le rendement locatif brut est l'un des plus élevés de France, à + de 3,75 % (moyenne nationale : 2,8 %). La BFC est incontestablement attractive pour d'éventuels investisseurs en foncier désireux d'accompagner des exploitants. Voici à présent les analyses sur les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de l'Yonne :

En Côte-d'Or : Le marché confirme une dynamique orientée à la baisse avec une diminution des surfaces échangées de 7 % (1 040 transactions en 2025 pour 5 200 hectares). Les ventes de biens libres sont en recul de 5,9 %, ramenant le prix départemental à 2 870 euros/ha, contre 3 050 euros/ha l’année précédente. Les zones d’élevage et de polyculture sont les plus concernées : les prix diminuent dans le Châtillonnais (-14,4 %) et le Val de Saône ainsi que la Côte et l’Arrière Côte viticole (-7 %) mais aussi dans l’Auxois et le Morvan (-3 %). À l’inverse, la Plaine céréalière affiche une légère croissance des prix des biens libres de 1 %, soutenue par une concurrence persistante sur les terres à fort potentiel, dans un contexte où la sécurisation du foncier demeure stratégique pour les exploitations de grandes cultures. Sur les biens loués, les prix restent stables avec une valeur moyenne inchangée à 2 870 euros/ha. Toutefois, cette stabilité masque des disparités notables : la Côte et l’Arrière Côte se distinguent par une hausse de prix très marquée de 16 %, portée par les acteurs viticoles en quête de maîtrise foncière autour des zones d’appellation. Les autres régions restent stables ou connaissent des évolutions modérées, illustrant un marché locatif plus mesuré. 2025 révèle une Côte-d’Or à deux vitesses : des secteurs d’élevage et de polyculture en recul, où l’offre excède parfois la demande et où les transmissions s’effectuent à des niveaux de prix plus contenus, et une Plaine dynamique, bénéficiant d’une demande soutenue pour les terres à fort potentiel agronomique, tout en n’oubliant pas l’impact haussier de la viticulture sur les zones d’appellation.

Dans la Nièvre : Le marché est en légère progression en nombre de transactions (710 ; + 5 %) ainsi qu’en surface (4 900 hectares, + 2 %). L’offre disponible demeure limitée, ce qui contribue à maintenir un marché relativement tendu dans plusieurs secteurs. Cette contraction de l’offre concerne les terres agricoles et les prés. Dans le Morvan, le marché reste animé. Les transactions portent fréquemment sur de petites surfaces, parfois très convoitées, générant une concurrence entre candidats à l’acquisition. Ce contexte y entraîne une progression des prix des biens loués (+ 6 % en 2025), portée par la présence de projets d’installation ou de consolidation d’exploitations. Globalement, le marché de la Nièvre demeure actif mais sous tension, marqué par la faible disponibilité foncière hors forêt. La demande soutenue continue d’influencer les niveaux de prix.

Dans l'Yonne : Le marché est en forte progression en nombre de transactions (930 ; + 9 %) mais surtout en surface (6 000 hectares, + 42 %). Les 3/4 des surfaces vendues concernent des biens en situation occupée acquis par l’exploitant en place ou des investisseurs bailleurs, le rapport fermage/investissement étant particulièrement favorable aux investisseurs bailleurs. De ce fait, le marché des surfaces libres reste relativement restreint. Sur ce marché limité des terres et prés libres, les prix évoluent à la baisse de façon significative (-12 %). Seuls les prix de la petite région Terre Plaine et Morvan sont en hausse (+ 9 %). Cette tendance baissière est également observée en situation occupée (-2 %), de façon homogène sur tout le département.

 

Marché des forêts

On note une forte diminution des surfaces vendues en 2025. Peut-être faut-il y voir un retour à la normale après une forte hausse en 2024. Ce marché reste très parcellaire : 60 % des transactions enregistrées en 2025 couvraient moins de 1 ha. On a compté plus de 4 200 transactions en 2025, en hausse de 1,3 %. Elles ont porté sur un peu plus de 14 000 ha (-23 % par rapport à 2024) et pour une valeur totale de 132 millions d'euros, en forte baisse, de 39 %. « Fin 2025, note Philippe de Segonzac, on a aussi constaté, sur ce marché, une moindre présence des investisseurs sur les gros massifs (+ de 100 ha) peut-être lié à une dégradation du contexte économique de la filière. La crise viticole et la baisse d'activité qui en découle dans la tonnellerie pouvant expliquer cette situation. » Il ne faut pas non plus négliger l'impact sanitaire sur les forêts, lié au réchauffement climatique et à la présence des scolytes. Le niveau de prix à l'ha sur la zone est (Grand Est, une partie de BFC et d'Auvergne - Rhône-Alpes) est supérieur à la moyenne nationale (5 270 euros contre 4 950 euros) et la valeur a augmenté de 6,8 % en 2025 (+ 2,5 % sur le plan national).