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Abattoir d’Autun

«Transformer la dynamique en plus-value»

Une étape décisive vient d’être franchie dans la sauvegarde de l’abattoir d’Autun. Les 66 000 € d’engagement financier exigés par FranceAgriMer viennent d’être versés au capital de la Sica gestionnaire de l’outil.
Par Marc Labille
L’association de défense de l’abattoir d’Autun a procédé à ses assemblées générales ordinaires et extraordinaires. La réunion était consacrée au renforcement du capital social de la Sica gestionnaire de l’abattoir. Une opération qui représente la concrétisation de trois ans de mobilisation. Propriété de la communauté de communes et géré par une Sica, l’abattoir était en effet tenu, pour éviter la fermeture, de créer une nouvelle chaîne d’abattage. La collectivité propriétaire des lieux était prête à consentir cet investissement à condition que les usagers manifestent clairement leur engagement. Ainsi, une association de sauvegarde a vu le jour en 2012 et FranceAgriMer a exigé un engagement financier de la part de tous ceux qui sont attachés à cet abattoir d’un minimum de 66 000 €. La mobilisation générée autour de l’association a permis de réunir la somme demandée. Éleveurs, communes, commerçants, chevillards, bouchers, vétérinaires, assurances, banques… Nombreux sont ceux qui ont accepté de souscrire. Conformément à la demande de l’État, cette somme, destinée à rejoindre le capital social de la Sica, déclenche le processus de subvention de l’investissement. «C’est une nouvelle étape de franchie», commentait le président de la communauté de communes, Rémy Rebeyrotte, qui qualifiait même le projet d’«inarrêtable» désormais. Un sentiment conforté par le fait que depuis la décision collective de sauver l’abattoir d’Autun, chaque étape a été franchie avec succès: rénovation et mise aux normes de l’existant, rééquilibrage des comptes, recapitalisation et rénovation de la Sica…

Profiter de l’essor des circuits courts
Si la recapitalisation est une étape significative, le combat de la sauvegarde de l’abattoir n’est pas pour autant terminé. Il va falloir continuer de mobiliser la filière. «Le projet n’ira au bout que si la dynamique perdure», estimait le président de la communauté de communes. Une dynamique qui reposera en grande partie sur l’essor des circuits courts et des approvisionnements locaux. L’origine locale est dans l’air du temps. Il faut savoir profiter de cet engouement pour les produits de proximité, reconnaissaient en cœur les participants. Si «on est encore qu’au milieu du gué», la dynamique collective enclenchée autour de l’abattoir d’Autun pourrait bien être en mesure de relever ce défi. Elle fait d’ailleurs partie des objectifs du nouveau GIEE de l’Autunois, rappelait le président de la FDSEA, Bernard Lacour. Un GIEE porté par des éleveurs du territoire, eux-mêmes impliqués dans la défense de l’abattoir, et qui vise à «transformer une dynamique territoriale en plus-value».