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Prévention

Stop aux chutes (partie 1 : État des lieux)

Les chutes de hauteur représentent la troisième cause d’accidents mortels en agriculture. On en compte plus de 20 par jour avec pour conséquence une moyenne de plus de 90 jours d’arrêt de travail.
Par Cyrielle Delisle
Stop aux chutes  (partie 1 : État des lieux)
Dans le secteur agricole, les chutes de hauteur représentent 4 000 accidents du travail par an avec des conséquences plus ou moins graves. 40 % des accidents du travail mortels sont dus à une chute de toit.
Les chutes de hauteur ont été inscrites dans le plan santé-sécurité au travail de la MSA pour 2016-2020 (voir encadré). Dans le secteur agricole, elles sont à l’origine de 4 000 accidents du travail par an, soit plus de 10 % d’entre eux et constituent la troisième cause d’accidents du travail (1) mortels des exploitants. Ceux-ci surviennent lors de chantiers de couverture ou de réparation de toitures de bâtiments d’exploitations. Le risque de chutes de hauteur est transversal à l’ensemble des secteurs d’activité agricole.
«Afin de travailler en sécurité et d’éviter l’accident, il est important de connaître les situations à risques liées aux chutes de hauteur, de les prévenir et d’adapter ses pratiques. Autrement dit, il faut prendre conscience de ce risque et l’évaluer pour diminuer les accidents du travail», souligne Philippe Pican, conseiller de prévention de la MSA Côtes Normandes.

Les pieds ne touchent plus le sol
Il n’existe pas de définition précise du travail en hauteur dans la réglementation. «On estime toutefois que l’on travaille en hauteur dès lors que les pieds ne touchent plus le sol. La situation est donc considérée comme étant à risques à chaque montée ou descente de véhicules ou de machines, en cas de travail sur plateformes (dans l’arboriculture, nettoyage d’engins agricoles...), lors de l’accès à des zones de travail (passerelles d’accès et de circulation en caves vinicoles, en coopératives céréalières,...) mais aussi au cours de travaux sur les toitures des bâtiments, ou sur les serres...», note Marie-Pierre Dupont, conseillère en prévention. Le plus grand danger de chute n’est pas forcément celui auquel on pense en premier  ! En effet, beaucoup d’entre elles ont lieu tout simplement lors de la montée ou de la descente d’engins et notamment de la cabine d’un tracteur. Certaines conséquences peuvent paraître anodines, une entorse du poignet ou de la cheville mais quand on est exploitant agricole, on utilise toute la journée ses jambes et ses bras. Cela peut donc être extrêmement invalidant pendant plusieurs semaines. Les entorses ne sont pas les seuls risques encourus par les salariés ou non salariés agricoles. Parfois, les séquelles peuvent être beaucoup plus handicapantes (traumatismes crâniens, des membres, du rachis) voire entraîner la mort.

Des conséquences plus ou moins graves
«Les chiffres de la MSA montrent que dans le cas de chutes avec dénivellation, les accidents sont plus graves et les arrêts de travail plus importants. Par exemple, en 2017, la durée moyenne d’un arrêt de travail consécutif à une chute avec dénivellation était de 112 jours pour les non salariés agricoles (58 jours pour les salariés agricoles) sur la zone Côtes Normandes pour un coût moyen d’un accident du travail avec arrêt de 3 660 € (4 736 € pour un salarié agricole). Il est donc essentiel de ne pas minimiser ce risque», poursuit la conseillère.
D’un point de vue réglementaire, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Un test gratuit en ligne vous permet de prendre conscience des risques que vous encourez sur vos chantiers (www.chutesdehauteur.com).

(1) un accident du travail se définit comme un événement soudain et brutal qui occasionne un dommage corporel survenu par le fait ou à l’occasion du travail (définition légale).

Plan SST

Le plan santé sécurité au travail en agriculture (SST) de la MSA décline de multiples actions auprès des actifs agricoles dont les objectifs sont de diminuer les risques professionnels, d’améliorer la santé et les conditions de travail. Le plan fixe les orientations stratégiques pour mener des programmes d’actions en direction de populations agricoles salariées et non-salariées.
Sept grands axes ont été dégagés par le plan SST 2016-2020 : la sécurité au contact des animaux dans les secteurs de l’élevage, l’exposition au risque chimique, le risque machine agricole, le risque chutes de hauteur, les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques (TMS) l’employabilité des actifs agricoles.  www.ssa.msa.fr