Gouvernement
Stéphane Le Foll ministre de l'Agriculture
Longtemps pressenti comme possible ministre de l'Agriculture d'un gouvernement de gauche, Stéphane Le Foll a été nommé à ce poste le 16 mai. Il hérite d'un ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, ce qui est plus une nouveauté dans la dénomination et l'annonce d'une politique que dans la réalité du portefeuille.
Présenté comme ministre de l'Agriculture potentiel depuis de nombreux mois, Stéphane Le Foll a pourtant risqué de voir le poste lui échapper sur la dernière ligne droite. Au coude à coude avec le député de la Dordogne Germinal Peiro, le nom du député européen né au Mans, dans la Sarthe, fut finalement retiré de la liste des favoris la veille même de sa désignation. Puis, ce sont les noms d'Arnaud Montebourg, d'Alain Rousset, de Marylise Lebranchu et surtout du président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet qui ont tenu la corde ce 16 mai. Une intervention de Martine Aubry aurait remis les pendules à l'heure, passant Jean-Michel Baylet - à qui la proposition de ministre de l'Agriculture aurait été officiellement faite - à la trappe ramenant ainsi Stéphane Le Foll dans la course.
On veut penser que le choix du spécialiste a finalement primé sur le choix politique. Un coup de pouce de la FNSEA dont le président, Xavier Beulin, n'a pas caché son enthousiasme pour le député européen a sans doute fini par convaincre. C'est en tout cas bien à Stéphane le Foll, le premier pressenti, que Jean-Marc Ayrault a remis, le 16 mai, les clés du ministère de l'Agriculture.
[INTER]L'Europe sur le bout des doigts[inter]
Malgré ces dernières heures tourmentées, le choix du Manceau d'origine bretonne n'a pas étonné. Si la presse généraliste l'estime «discret» et ignoré par la majorité des Français, l'homme avec son 1,90 mètre est une figure connue du monde agricole. La quasi totalité des syndicats qui se sont exprimés dans les heures suivant sa nomination ont d'ailleurs salué son arrivée au ministère. Interlocuteur privilégié du PS sur les questions d'agriculture notamment auprès des syndicats, c'est aussi lui qui fut régulièrement envoyé aux débats et conférences consacrés au secteur durant la campagne présidentielle. Il faut dire qu'en sa qualité de député européen membre de la commission de l'agriculture et du développement durable, par ailleurs conseiller technique en 1997 auprès de Louis Le Pensec, ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Jospin, et naguère enseignant au lycée agricole de Rouillon dans la Sarthe puis d'économie au lycée de la Ferté Bernard et enfin à l'Université de Nantes, l'homme est non seulement un fin connaisseur de l'agriculture mais il la connaît aussi et surtout dans son contexte européen. Il a été d'ailleurs l'auteur d'un rapport d'initiative sur la Pac, voté au printemps 2010, démontrant le rôle que pouvait jouer l'agriculture dans la lutte contre le dérèglement climatique. Parlant couramment l'allemand, Stéphane Le Foll aura désormais à prouver ses talents de négociateur notamment auprès des voisins outre-Rhin. La partie n'est pas aisée : il défend, pour les points majeurs, un renforcement du verdissement de la Pac et une répartition des aides tenant compte des emplois, tout ceci, à l'instar du président de la République, dans un contexte de recherche de croissance. Deux axes qui ne figurent pas non plus parmi les priorités du syndicalisme agricole français majoritaire alors qu'ils intéressent les syndicats minoritaires. En revanche, il est à la tête d'un ministère qui réaffirme expressément son rôle vis-à-vis de l'industrie agroalimentaire, dénomination et politique qui sied à la FNSEA mais heurte la Confédération paysanne et la Coordination rurale.
Stéphane Le Foll possède un atout majeur : son poids personnel auprès du Président de République. Les deux hommes font en effet route ensemble depuis des années : il est devenu en 1997 le directeur de cabinet de François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste. Membre du bureau national du PS en 2007, il a été désigné directeur de campagne de François Hollande lors de la primaire socialiste. Il serait difficile alors de ne pas parler de confiance entre ces deux hommes.
[INTER]François Hollande à portée de main [inter]
[I]«Il est l'un des meilleurs spécialistes de l'agriculture, en France et en Europe»[i], a eu l'occasion de vanter François Hollande à plusieurs reprises durant la campagne. Outre ses interlocuteurs européens, il devra donc convaincre aussi sur le terrain. à commencer par l'échéance des 10 et 17 juin : Jean-Marc Ayrault a en effet d'ores et déjà prévenu que tout ministre battu lors des législatives devra quitter le gouvernement. En 2007, Stéphane Le Foll a été sorti dès le premier tour par François Fillon en recueillant 30,22% des voix contre 53,3% pour le candidat UMP. Le terrain semble lui être toutefois plus favorable cette année l'ex-Premier Ministre ayant annoncé ne pas se représenter dans la Sarthe mais à Paris. Et puis, déjà élu député européen, le nouveau ministre de l'Agriculture n'a pas une absolue obligation de se présenter au suffrage des législatives.
On veut penser que le choix du spécialiste a finalement primé sur le choix politique. Un coup de pouce de la FNSEA dont le président, Xavier Beulin, n'a pas caché son enthousiasme pour le député européen a sans doute fini par convaincre. C'est en tout cas bien à Stéphane le Foll, le premier pressenti, que Jean-Marc Ayrault a remis, le 16 mai, les clés du ministère de l'Agriculture.
[INTER]L'Europe sur le bout des doigts[inter]
Malgré ces dernières heures tourmentées, le choix du Manceau d'origine bretonne n'a pas étonné. Si la presse généraliste l'estime «discret» et ignoré par la majorité des Français, l'homme avec son 1,90 mètre est une figure connue du monde agricole. La quasi totalité des syndicats qui se sont exprimés dans les heures suivant sa nomination ont d'ailleurs salué son arrivée au ministère. Interlocuteur privilégié du PS sur les questions d'agriculture notamment auprès des syndicats, c'est aussi lui qui fut régulièrement envoyé aux débats et conférences consacrés au secteur durant la campagne présidentielle. Il faut dire qu'en sa qualité de député européen membre de la commission de l'agriculture et du développement durable, par ailleurs conseiller technique en 1997 auprès de Louis Le Pensec, ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Jospin, et naguère enseignant au lycée agricole de Rouillon dans la Sarthe puis d'économie au lycée de la Ferté Bernard et enfin à l'Université de Nantes, l'homme est non seulement un fin connaisseur de l'agriculture mais il la connaît aussi et surtout dans son contexte européen. Il a été d'ailleurs l'auteur d'un rapport d'initiative sur la Pac, voté au printemps 2010, démontrant le rôle que pouvait jouer l'agriculture dans la lutte contre le dérèglement climatique. Parlant couramment l'allemand, Stéphane Le Foll aura désormais à prouver ses talents de négociateur notamment auprès des voisins outre-Rhin. La partie n'est pas aisée : il défend, pour les points majeurs, un renforcement du verdissement de la Pac et une répartition des aides tenant compte des emplois, tout ceci, à l'instar du président de la République, dans un contexte de recherche de croissance. Deux axes qui ne figurent pas non plus parmi les priorités du syndicalisme agricole français majoritaire alors qu'ils intéressent les syndicats minoritaires. En revanche, il est à la tête d'un ministère qui réaffirme expressément son rôle vis-à-vis de l'industrie agroalimentaire, dénomination et politique qui sied à la FNSEA mais heurte la Confédération paysanne et la Coordination rurale.
Stéphane Le Foll possède un atout majeur : son poids personnel auprès du Président de République. Les deux hommes font en effet route ensemble depuis des années : il est devenu en 1997 le directeur de cabinet de François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste. Membre du bureau national du PS en 2007, il a été désigné directeur de campagne de François Hollande lors de la primaire socialiste. Il serait difficile alors de ne pas parler de confiance entre ces deux hommes.
[INTER]François Hollande à portée de main [inter]
[I]«Il est l'un des meilleurs spécialistes de l'agriculture, en France et en Europe»[i], a eu l'occasion de vanter François Hollande à plusieurs reprises durant la campagne. Outre ses interlocuteurs européens, il devra donc convaincre aussi sur le terrain. à commencer par l'échéance des 10 et 17 juin : Jean-Marc Ayrault a en effet d'ores et déjà prévenu que tout ministre battu lors des législatives devra quitter le gouvernement. En 2007, Stéphane Le Foll a été sorti dès le premier tour par François Fillon en recueillant 30,22% des voix contre 53,3% pour le candidat UMP. Le terrain semble lui être toutefois plus favorable cette année l'ex-Premier Ministre ayant annoncé ne pas se représenter dans la Sarthe mais à Paris. Et puis, déjà élu député européen, le nouveau ministre de l'Agriculture n'a pas une absolue obligation de se présenter au suffrage des législatives.
àcologie Nicole Bricq aux manettes d'un ministère légèrement redéfini
C'est finalement Nicole Bricq qui a été nommée ministre de l'àcologie, du Développement durable et de l'ànergie. Le portefeuille perd donc le dossier «logement», qui revient à Cécile Duflot, (Europe àcologie), nommée ministre de l'Egalité des territoires et du Logement. En contrepartie, il s'enrichit de l'énergie, à l'instar du «grand ministère» du temps de Jean-Louis Borloo.
Nicole Bricq est sénatrice socialiste de Seine-et-Marne depuis 2004. Elle est très au fait des questions de fiscalité. Une carte importante, sans doute, pour l'environnement, notamment dans la perspective de la fameuse transition énergétique voulue par le nouveau Président. Enfin, l'agriculture ne lui est pas tout à fait étrangère : au sein de la commission des finances du palais du Luxembourg, elle est membre du groupe d'études sur l'économie agricole alimentaire et rapporteur de la mission «Veille et sécurité sanitaire». On lui doit ainsi un rapport d'information sur «la mise en œuvre des moyens de lutte contre la grippe aviaire» (2006) et d'un autre sur les agences de sécurité sanitaire (2007).