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Elevage

Sous forte chaleur, les éleveurs mettent en place des solutions

Avec les conditions climatiques actuelles, les éleveurs ont dû s'adapter pour préserver le bien-être de leurs animaux. Rencontre avec deux éleveurs.

Par Charlotte Sauvignac
Elevage
Maxime Thomas, éleveur laitier, souhaite investir dans les bâtiments pour limiter le stress thermique de ses animaux.

« Les animaux d’élevage vont subir un stress thermique modéré à sévère dans une grande partie du sud-ouest. Par endroits, les niveaux attendus correspondent à ceux des canicules estivales les plus intenses, avec des pertes de production laitière pouvant atteindre 20 % par jour dans les situations les plus critiques. Au-delà des pics de chaleur, la durée est particulièrement problématique : plusieurs jours consécutifs, des nuits parfois trop chaudes pour permettre la récupération physiologique. Cette absence d’adaptation progressive augmente les risques de stress thermique, d’épuisement, de baisse d’ingestion alimentaire, de déshydratation et de dégradation du bien-être animal », relate Serge Zaka, agronome et docteur en agroclimatologie sur un post Linkedin. Face à ces chiffres, Terres de Bourgogne est allé à la rencontre de Maxime Thomas, éleveur de vaches laitières à Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe. En reprenant l'exploitation de son père en 2020, ce jeune agriculteur a repris une ferme incluant un robot de traite ainsi qu'un bâtiment en charpente métallique avec des ventilateurs. « Dans les périodes de forte chaleur, nos ventilateurs sont reliés à un thermomètre à cinq vitesses. Il permet de réguler l'air présent dans le bâtiment et se met en route dès lors que l'on atteint 24 °C », explique-t-il. Conçu dans les années soixante-dix, le bâtiment a été agrandi quatre fois au cours de la période d'activité. Aujourd'hui, il connaît des limites face aux chaleurs vécues et annoncées dans les prochaines années. « Nous remarquons, sur cette période, une baisse de production et une baisse d'alimentation de la part des vaches », témoigne-t-il. Maxime Thomas a donc décidé d'investir dans le bâtiment. « Depuis mon installation, je pense à le faire évoluer», convient-il. En collaborant avec Isabelle Degroote, conseillère bâtiment à la Chambre d'agriculture de l'Yonne, Maxime Thomas a imaginé un projet de rénovation du bâtiment existant. « Notre souhait est de rester sur la surface actuelle, à savoir 1 000 m2, et d'enlever la charpente actuelle pour en mettre une neuve, ouvert en haut, avec des matériaux en bois et en fibrociment. Nous souhaitons favoriser la ventilation naturelle à la ventilation dynamique », confie-t-il. En parallèle de ce projet, il souhaite également changer de robot de traite, qui après 16 ans d'usage, devient obsolète, pour investir dans un modèle plus récent comportant des innovations.

L'élevage de volaille : une option pour l'avenir ?

En parcourant les routes de l'Yonne, nous faisons un tour chez Romain Ribierre, éleveur de volailles de chair au sein de la société locale Duc. C'est dans les années quatre-vingt que son père a commencé l'activité volaille sur l'exploitation familiale. Quelques années plus tard, Romain Ribierre se rappelle des fortes chaleurs. « En 2003, mon père venait de monter trois nouveaux bâtiments au sein de l'exploitation. Avant, la brumisation n'existait pas dans les poulaillers, mais nous avions des bâtiments dynamiques. Sauf qu'au moment de la canicule, les gros poulets n'ont pas pu survivre à de si fortes chaleurs. Au total, 10 000 poulets sont morts suite à la canicule. J'avais 19 ans. Au-delà des morts, cela a eu un impact psychologique sur nous. Je me suis dit : je ne veux plus jamais vivre ça », témoigne-t-il. Face à cette terrible situation, la société Duc a incité les éleveurs de son groupement, quelques années plus tard, à installer de la brumisation au sein des poulaillers. « Duc offrait des primes aux éleveurs qui s'équipaient de systèmes de brumisation. Aujourd'hui, 100 % des éleveurs sont équipés de brumisation dans le groupement », informe-t-il. Depuis, Romain Ribierre, confie, soulagé et serein, « qu'aucun mort n'a été déploré dans mes poulaillers, durant les dernières semaines ». Toutefois, ce résultat n'est pas arrivé de nulle part. « Un bâtiment s'entretient, ça demande de l'investissement, des rénovations pour être performant. Cet investissement, c'est également pour améliorer nos conditions de travail et les conditions de vie de nos animaux », affirme-t-il. Assis dans le siège de son bureau, il observe la condition actuelle de ses poulaillers. D'abord, concernant la brumisation. « Nous avons des consignes à respecter en fonction de l'âge de nos poulets. Si ce sont des poussins, en temps normal, ils n'ont pas besoin de brumisation. Malheureusement, dans les conditions actuelles, nous sommes obligés de l'utiliser pour réguler la température. De manière générale, on commence par réguler le bâtiment à 33 °C lorsque l'on réceptionne des poussins et progressivement, lors de sa croissance, on réduit la température pour arriver à 19 °C », commence-t-il par annoncer. Tandis que la ventilation dynamique « apporte une vitesse d'air sur les poulets, ce qui crée un ressenti plus frais ». Dans les cas extrêmes de fortes chaleurs, les éleveurs de volailles apportent également « un réhydratant à base de bicarbonate de soude au poulet pour les stimuler ». Toutefois, face à ces résultats positifs, Romain Ribierre reste sur le qui-vive. « J'anticipe de potentielles pannes en ayant toujours un stock d'avance », conclut-il.

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Romain Ribierre
Eleveur de volailles, Romain Ribierre témoigne du confort d'élevage dans lequel il est, durant la canicule.