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Blonde d'Aquitaine

À Agen, pas pour des pruneaux

Le concours national Blonde d'Aquitaine s'est tenu du 4 au 6 septembre dans le Lot-et-Garonne. Deux éleveurs de Côte-d'Or sont revenus avec plusieurs prix.

Par AG
À Agen, pas pour des pruneaux
Nicolas Chauve, au centre, a vu son taureau Shanghai (ici à droite) terminer à la deuxième place de sa section.

Huit heures de route pour se rendre à un concours de reproducteurs : ça fait mal au casque. « Le retour était de loin le plus compliqué ! Mais ce fut une très belle expérience et quelque part, notre concours national, c'est un peu nos vacances estivales », confie Nicolas Chauve, éleveur de 90 vaches à Puits, dans le Châtillonnais. Ce grand rendez-vous de la race Blonde d'Aquitaine a attiré plus de 450 animaux pendant trois jours. Comme à leurs habitudes, les quelques représentants du 21 se sont distingués. Nicolas Chauve a manqué de peu une première place de section avec son taureau Shangai : « il finit deuxième. Il avait eu un petit problème à une patte quelques jours avant de partir et il n'était pas rétabli à 100 % pour Agen. Du coup, il boitait et ça lui a coûté la gagne. Dommage ». Ce mâle d'un peu plus de 5 ans est le père de Very Good, un veau vendu 14 300 euros à la station de Casteljaloux, dans ce même département du Lot-et-Garonne en début d'année. Cette vente record de Nicolas Chauve avait d’ailleurs fait l'objet d'un article dans notre journal. Shangai, qui appartenait à 100 % au Côte-d'Orien, est désormais en copropriété avec un élevage du Tarn et un autre de Saône-et-Loire.

Autres résultats

Nicolas Chauve avait deux autres bovins dans ce concours : un podium a été décroché par Acteur, troisième de la section des taureaux de 2 à 3 ans, également codétenu par l'élevage du Tarn préalablement cité. Victoire, une génisse née à Puits, termine en milieu de classement de la section femelle de cette même tranche d'âge. Shangai et Victoire n'en ont pas terminé avec les concours 2026 puisqu'ils iront au Sommet de l'Élevage à Cournon du 6 au 9 octobre. Le second Côte-d'orien en lice était Franck Debeaupuis : « en lice, oui et non car je faisais partie des quatre juges. J'avais deux taureaux en copropriété, dans des catégories que je n'ai bien sûr pas jugées », précise l'éleveur de Montberthault près d'Époisses. Uranus, un taureau de trois ans né chez Franck Debeaupuis, s'est hissé à une belle troisième place de section : « c'est le fils de Stewball, mon taureau qui avait été champion à Paris l'an passé. Stewball avait déjà fait un prix similaire au national au même âge. Stewball a été vendu en mars chez un éleveur aux Pays-Bas et va concourir très prochainement au concours national, là-bas ». Uranus appartient à deux autres élevages, localisés en Isère et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Franck Debeaupuis a vu son autre reproducteur, Vinaigrier, obtenir un quatrième prix chez les trois ans. À noter qu'Uranus ira lui aussi à Cournon.

Conjoncture

Nous avons échangé deux mots avec ces éleveurs sur la météo et les prix. Concernant la sécheresse, « c'est bien entendu la galère », souligne Nicolas Chauve qui a décidé de ramener plusieurs animaux dans son exploitation depuis la fin août : « il n'y a plus rien à manger dehors et, plutôt que de faire de nombreux kilomètres entre Semur et Châtillon, j'ai déjà rentré une douzaine de vaches avec leurs jeunes veaux. Et ce n'est sans doute pas terminé ! ». Concernant les cours de la viande, le constat est beaucoup plus positif, comme le confirme Franck Debeaupuis : « la Blonde d'Aquitaine est beaucoup moins sujette aux variations que les autres races à plus forts effectifs. Les vaches sont actuellement aux alentours de 8,30 euros/kg, elles n'ont quasiment pas baissé. Seuls les mâles ont connu une diminution, comme dans toutes les races. Oui, avec ces tarifs-là, c'est intéressant, d'autant que les carcasses en vaches adultes, en moyenne, sont à 100 kg supplémentaires par rapport à la Charolaise. C'est d'ailleurs pour cette raison que je m'étais lancé dans cette production, il y a 25 ans. En contrepartie, les coûts de production sont plus élevés. Cet été, je n'ai donné que du foin de qualité et des céréales. Et pas de paille ou presque, car la Blonde est beaucoup moins rustique que la Charolaise. Et sa panse est plus petite ».

Uranus, qui appartient notamment à Franck Debeaupuis, troisième de sa catégorie.