Fièvre catarrhale ovine
Se protéger contre le sérotype 8
Si la FCO à sérotype 4 (ou BTV 4) a considérablement préoccupé les éleveurs ces derniers mois avec son apparition sur le territoire continental et les blocages commerciaux engendrés, il ne faut pas oublier la présence du BTV 8
Le BTV 8, réapparu dans l’Allier en 2015, continue sa progression sur le territoire national (voir carte). Comme lors de sa première vague en 2007 poursuivie en 2008, le virus semble se diffuser avec un front d’épizootie qui colonise les régions de proche en proche, avec parfois quelques percées liées aux mouvements des animaux ou des vecteurs. La carte nationale des foyers de FCO, malgré tous les biais liés à l’origine des recherches, montre un phénomène similaire. En 2007-2008, la vitesse moyenne du front de propagation a été évaluée à 5,6 km/j. Il n’y a pas d’enquête objective réalisée pour suivre cette progression depuis 2015 mais on peut se forger une idée au travers des résultats issus de diverses surveillances (suspicions cliniques, contrôles d’exportation, épidémiosurveillance,…). Ainsi si on place sur la carte de Bourgogne les résultats de recherches virologiques enregistrés dans le logiciel SIGAL (voir carte de la Bourgogne en encadré), on constate une progression du pourcentage de résultats positifs décroissante du sud vers le nord. A cela s’ajoutent les témoignages d’éleveurs qui ont observé les mêmes symptômes qu’en 2007-2008 sur leurs bovins (avortements, veaux malformés, vaches vides), notamment en Saône-et-Loire en 2017. Il est difficile d’imputer sans plus de preuves tous ces problèmes au BTV 8, d’autant que l’année 2017 a été mauvaise pour l’alimentation du bétail, mais toutes ces observations convergent pour faire craindre une reprise de la vague épizootique du BTV 8 au cœur de la Bourgogne en 2018, avec un risque d’effets cliniques comparables à ceux observés en 2007-2008. En effet, l’immunité résiduelle de l’épisode 2007-2008, complétée par la vaccination généralisée jusqu’en 2010, ne concerne plus qu’une minorité des bovins présents aujourd’hui et la vaccination mise en place depuis la réapparition du virus en 2015 a surtout été appliquée aux animaux destinés aux échanges. Hormis ces bovins, la population bovine était donc majoritairement naïve et sensible au BTV 8 avant le passage du front épizootique. La présence du virus de plus en plus forte confirmée par les tests virologiques doit donc inciter à la vigilance et à la prévention.
Le risque concerne bien évidemment également les petits ruminants, qui sont encore plus sensibles que les bovins à la F.C.O.
Aujourd’hui la seule prévention efficace connue reste la vaccination. Du vaccin BTV 8 a été acheté en 2015 par l’Etat et mis à disposition des vétérinaires pour permettre la vaccination du cheptel de souche et celle des animaux échangés. Des doses sont encore disponibles et gratuites (et bientôt périmées), il serait dommage de ne pas profiter de cette opportunité, alors que le risque est bien là. Pour obtenir des doses, il faut s’adresser à son vétérinaire. Rappelons qu’une double injection est nécessaire pour les bovins et qu’une seule dose suffit pour les petits ruminants, et que la vaccination du cheptel de souche peut être réalisée par l’éleveur, mais qu’elle ne pourra pas bénéficier d’une certification officielle pour la vente des animaux qu’il aura vaccinés.
Le risque concerne bien évidemment également les petits ruminants, qui sont encore plus sensibles que les bovins à la F.C.O.
Aujourd’hui la seule prévention efficace connue reste la vaccination. Du vaccin BTV 8 a été acheté en 2015 par l’Etat et mis à disposition des vétérinaires pour permettre la vaccination du cheptel de souche et celle des animaux échangés. Des doses sont encore disponibles et gratuites (et bientôt périmées), il serait dommage de ne pas profiter de cette opportunité, alors que le risque est bien là. Pour obtenir des doses, il faut s’adresser à son vétérinaire. Rappelons qu’une double injection est nécessaire pour les bovins et qu’une seule dose suffit pour les petits ruminants, et que la vaccination du cheptel de souche peut être réalisée par l’éleveur, mais qu’elle ne pourra pas bénéficier d’une certification officielle pour la vente des animaux qu’il aura vaccinés.
Faut-il craindre les effets cliniques du BTV 4 ?
Le BTV 4 a fait son apparition en 2017 en Haute-Savoie suite à l’introduction de bovins venant de Corse où il sévit depuis plusieurs années. Il a été disséminé localement, sans doute via des moucherons locaux, autour de son lieu d’arrivée et par des bovins vendus sur l’ensemble du territoire. A ce jour on ne peut pas encore parler de vague épizootique comme celles qu’on a connues avec les BTV8 et 1 en 2007 et 2008 mais un front épizootique commence à se dessiner en Haute-Savoie (voir carte). Il est donc probable que le virus va s’implanter progressivement, à l’échelle d’une ou deux campagnes, sur les territoires où il a atterri pour coloniser les territoires voisins. Cette progression dépendra des conditions météorologiques et géographiques déterminantes pour la dynamique des insectes vecteurs. Aussi il est difficile de prédire où et quand le virus va se multiplier, mais il est très probable que le même scénario se reproduira, comme il s’est déjà produit en Corse, dans les Balkans, en Italie et en Espagne. Là encore, il vaudra mieux prévenir que guérir. A la différence du BTV 8 lors de son arrivée en 2007-2008, le vaccin contre le BTV 4 existe et la surveillance permet de suivre les avancées du virus. Comme la plupart des souches de F.C.O, les effets du BTV 4 semblent importants chez les petits ruminants et restent peu connus pour les bovins. Il faut donc être vigilant, suivre la progression de ce virus et recourir à la vaccination avant que le virus s’implante sérieusement sur un territoire. Compte tenu qu’il faut un mois pour installer une vaccination protectrice dans un troupeau et si l’on retient l’hypothèse d’un déplacement du front épizootique de 5 km/j, il devient recommandé de vacciner dès que le front se trouve à 150 km et qu’il se dirige vers son élevage. Aujourd’hui, pour la Bourgogne, il est difficile de savoir comment le « vent tournera », mais il faut être vigilant, notamment pour les élevages les plus sensibles au BTV4, à savoir les petits ruminants. Il faut donc réfléchir à mettre en place une protection compatible avec le planning de reproduction et de travail de l’élevage pour éviter d’être surpris par l’arrivée du virus.