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Agriculture biologique

Redonner du sens à son métier

Dans le cadre des Biotifull Day, la Chambre d'agriculture de l'Yonne a organisé une journée dédiée aux circuits courts en agriculture biologique. Retour d'expériences avec deux exploitations icaunaises.

Par Charlotte Sauvignac
Agriculture Biologique
Arnaud Rousselat, co-associé de Maison Manlène réalise un retour d'expérience dans la diversification en circuits courts.

C'est dans le village de Valravillon que nous retrouvons Jean-Christophe et Arnaud Rousselat, céréaliers, pour la première partie de la journée. Père et fils ont créé « Maison Manlène » en 2024 dans l'objectif de diversifier leur production. « Lors de la transmission de l'exploitation, j'ai une conversion en agriculture biologique. Je voulais changer du modèle classique dans lequel était l'exploitation, à savoir, blé, orge, tournesol. Je voulais redonner du sens au métier d'agriculteur, en intégrant des cultures originales, comme le chia ou la lentille », confie devant l'assemblée Arnaud Rousselat. Il poursuit le parcours par lequel est passée l'exploitation de 330 hectares, « nous avons investi dans de nombreux matériels afin d'affiner notre travail ». En discutant avec un voisin qui « faisait de la vente directe et transformait ses céréales », père & fils ont eu l'idée de « transformer leurs céréales autrement pour ne pas arriver en tant que concurrent sur le secteur ». L'idée est alors venue de « proposer des produits plaisirs », en composant avec la recette « du caramel de ma grand-mère, d'où vient le nom de notre structure » pour faire des pop-corn. Par la suite les idées fusent, Jean-Christophe et Arnaud décident de se lancer dans la production de « tartinables », et par la suite, en se rendant compte que « sans boisson un apéritif n'en est pas vraiment un, nous avons décidé de produire trois types de bières, une à partir de sarrasin, de blé ancien et une troisième bière aux trois céréales ». Cependant, le jeune agriculteur ajoute, avec humilité, « qu'il est important de bien savoir s'entourer », sourit-il, en toute complicité avec l'auditoire. « Nous avons donc fait appel à une graphiste afin de créer une identité de marque, car c'est très important de faire les bons choix. Le packaging a un rôle important dans la commercialisation ».

Bien plus qu'une Cuma

Retour à la salle des fêtes de Valravillon, ou certains associés des Fermes du Ravillon se sont installés pour axer leurs propos sur l'importance de « la coopération pour mieux vendre ». Depuis plus de vingt ans, les cinq familles étaient associées en partage de matériels autour d'une Cuma. En 2010, en reprenant chacun la ferme de leurs parents, ils font le choix de « se convertir tous les cinq en agriculture biologique par conviction ». En 2016, les Fermes du Ravillon, avec 550 hectares, toute exploitation confondue, prennent la décision de consacrer 15 % de la production à la transformation. « En premier lieu, nous avons souhaité transformer le tournesol, la cameline et le colza en huile, en investissant dans une presse. En parallèle, nous avons également lancé la vente en gros de graines », se souvient Simon Gros. Après avoir attendu « un an ou deux » pour voir « si les produits marchaient », ils ont poursuivi en proposant des farines et des pâtes. Ce qui prime aux yeux de Simon c'est que « de tenir sur la durée, si l'un d'entre nous a un coup de mou, les autres prennent le relais ». Comme Arnaud Rousselat, il insiste sur « l'importance d'être bien entouré ».