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Services de remplacement

Remplacer pour tenir

À l’approche du Congrès des Services de Remplacement France, qui se tiendra les 19, 20 et 21 mai à la Saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs), la question du rôle et des enjeux de ces dispositifs revient au cœur des débats agricoles. Entre tension sur le recrutement et demande croissante des exploitations, Pierre Villard, président des SR de Saône-et-Loire, revient sur les besoins en main-d’œuvre et les services de remplacement.

Par Propos recueillis par Cédric Michelin
Remplacer pour tenir
Pierre Villard, président des services de remplacement de Saône-et-Loire.

Quel est aujourd’hui le rôle des Services de remplacement ?

Pierre Villard : "Ils permettent aux agriculteurs de se faire remplacer sur leur exploitation lorsqu’ils sont empêchés, que ce soit pour des raisons de santé, des congés, une formation ou encore un mandat professionnel. L’objectif, c’est d’assurer la continuité de l’activité. On est là pour éviter qu’une exploitation se retrouve en difficulté parce que l’agriculteur ne peut pas être présent."

On parle encore d’un dispositif mal connu…

P.V. : "Oui, il reste encore insuffisamment connu. Pourtant, c’est un outil important. Il permet aussi aux agriculteurs de souffler, de prendre du recul, ce qui est essentiel aujourd’hui. On voit bien que la question de la qualité de vie devient centrale dans le métier."

Comment se porte le réseau SR aujourd’hui ?

P.V. : "On est dans une situation tendue. La demande est forte à certaines périodes, mais en face, on manque de main-d’œuvre. Comme beaucoup de structures, on est confronté à des difficultés de recrutement."

Ces difficultés sont-elles nouvelles ?

P.V. : "Elles se sont accentuées ces dernières années. On observe une augmentation des besoins, avec le renouvellement des générations, des exploitations qui évoluent, et aussi une prise de conscience : les agriculteurs veulent pouvoir s’absenter, se former, prendre du temps. Mais en parallèle, recruter devient de plus en plus compliqué."

Quelles sont les pistes pour améliorer la situation ?

P.V. : "Il y a plusieurs leviers. D’abord, mieux faire connaître les métiers agricoles et viticoles, ce que nous faisons en nous rendant dans les lycées ou sur des forums. Ensuite, travailler sur l’attractivité, que ce soit les conditions de travail, la formation ou l’accompagnement. Et puis, il faut renforcer les partenariats avec les structures agricoles et les organismes de formation."

Quels profils recherchez-vous ?

P.V. : "On a besoin de personnes polyvalentes, capables de s’adapter à différents types d’exploitations. L’autonomie est importante, tout comme le sens des responsabilités. Ce sont des postes qui demandent de l’engagement."

Est-ce intéressant pour les agriculteurs ?

P.V. : "Il ne faut pas hésiter à faire appel aux Services de remplacement. C’est un outil important pour préserver la santé, la qualité de vie et la pérennité des exploitations. Il ne faut pas rester seul face aux difficultés. Nos dispositifs sont aussi portés par différents partenaires, comme les collectivités départementales ou encore des acteurs comme Groupama, dont les subventions permettent d’abaisser le coût du remplacement pour l’agriculteur ce qui facilite le recours aux services de remplacement."

Les SR en Bourgogne-Franche-Comté

-41 services de remplacement, dont deux fédérations départementales et cinq services départementaux

-6 287 adhérents dont 3 874 utilisateurs 

-412 467 heures de remplacement, tous motifs confondus (+ 0,3 % en 2024)

-1 579 personnes employées pour le métier d'agent de remplacement, ce qui correspond à 253 équivalents temps plein dont 135 disposants d'un emploi permanent (à temps complet, partiel ou intermittent)

– des équipes administratives dans chaque département afin d'assurer la bonne mise en place des remplacements, le suivi des missions et la gestion des ressources humaines.