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éditorial Christian Decerle

«Remettre le Nord sur la boussole !»

Avant la prochaine session de la Chambre régionale d’agriculture Bourgogne Franche-Comté qui se tiendra à Beaune le 26 février, Christian Decerle invite tous les acteurs partie prenante dans la crise de l’agriculture à jouer collectif et les paysans à «relever la tête».
Par Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture Bourgogne Franche-Comté
«Remettre le Nord sur la boussole !»
A la veille du Salon de l’agriculture, notre première session de Chambre régionale se tiendra sur fond de tourmente agricole. Quelles que soient les régions, les productions, partout les agriculteurs expriment leur détresse et parfois même crient leur désespoir. Il n’est pas dans la nature du paysan de se résigner, mais sans revenu, sans perspectives, sans considération, livré souvent au feu nourri de critiques qui le blessent profondément, que faire... ?
«Les paysans ont autant besoin de considération que de revenu». Cette formule reste d’actualité ! Mais depuis bien longtemps nous savons, sans illusions, qu’en période difficile nous devons d’abord compter sur nos propres forces.
Notre histoire collective est aussi extraordinaire de richesse qu’elle est faite de repères simples et solides. VOIR, JUGER, AGIR: une ligne pragmatique qui a contribué à sortir en son temps la France des tickets de rationnement pour la hisser au rang de toute première puissance exportatrice. Et si, en Bourgogne Franche Comté, nous tentions ensemble (forces économiques, syndicales, élus politiques, services de l’État, milieux de la recherche, de l’enseignement…), avec un engagement déterminé et farouche, dans le respect du monde paysan, de remettre le nord sur la boussole.
Vincent Chatellier, (économiste, directeur du Laboratoire d’Études et de Recherches en Économie à l’Inra de Nantes), a bien voulu nous aider à alimenter notre réflexion pour, plutôt que subir, redevenir des acteurs incontournables de notre destin.

Relevons la tête !
Ne gâchons pas le talent des paysans dans la pauvreté bureaucratique attristante des SNA (surface non admissible), par exemple, comme j’ose également espérer que Pamela Anderson n’est pas devenue le “maître à penser” des parlementaires français.
Je voudrais que nous puissions dire demain à la génération montante : «La mer était certes particulièrement houleuse ! Mais nous avons malgré tout su emmener l’embarcation à bon port». L’agriculture est là, solide, elle a résisté à la folie du moment, car notre action collective l’a finalement emporté ! Et, ensemble, c’est un joyau que nous avons sauvé !