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Manifestation à Strasbourg

Réaffirmer ensemble l'opposition

Ce mardi 20 janvier, une délégation icaunaise s'est rendue à la manifestation européenne portée par les syndicats agricoles à Strasbourg. Retour sur les moments forts de la journée.

Par Charlotte Sauvignac
FDSEA-JA
Le cortège de tous les syndicats présents à Strasbourg, ce mardi 20 janvier, s'avançait vers le Parlement Européen.

Après un trajet nocturne en bus, la cinquantaine d'agriculteurs icaunais de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs est arrivée à Strasbourg et a rejoint la place de Bordeaux pour l'annonce du programme. « Ce sont plus de 700 chauffeurs de tracteurs qui nous accompagnent pour cette mobilisation. Un vrai honneur, merci à toutes et tous d'être présents ici. Je remercie l'équipe du Bas-Rhin pour avoir organisé cette mobilisation », déclare Hervé Lapie, vice-président de la FNSEA, à l'arrivée de toutes les délégations. Après s'être abreuvée, la cinquantaine d'agriculteurs a suivi le défilé de tracteurs dans les avenues de Strasbourg, accompagné par les autres délégations. Entre klaxons et chants, les six mille manifestants sont arrivés devant le Parlement européen. C'est dans une foule engagée que les présidents de syndicats agricoles européens ont prononcé des discours, en commençant par Arnaud Rousseau président de la FNSEA. « L'Europe ne peut pas être dure avec ses producteurs à l'intérieur et faible quand il s'agit de l'extérieur et d'importer des produits. Ça n'est pas tenable », affirme-t-il, dans un élan de fougue. Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs, ajoute à son tour que « nous voulons produire des produits de qualité, nous voulons vivre de notre métier, nous voulons installer des jeunes. Nous voulons, comme n'importe quel entrepreneur, pouvoir investir, pouvoir envisager l'avenir avec sérénité. Nous avons besoin d'une structuration de long terme, parce que nos métiers sont des métiers de long terme. Nous sommes résilients, nous sommes prêts et nous avons déjà montré que nous acceptions des difficultés, mais pas sans vision, mais pas sans revenus, mais pas sans respect de notre métier ».

Se battre pour des enjeux vitaux

Après des mots forts des présidents de syndicats agricoles d'Espagne, Roumanie, Pologne, Portugal, Slovaquie, Italie, Autriche, Belgique ou encore d'Irlande, il est temps pour la cinquantaine d'Icaunais d'aller déguster les spécialités culinaires proposées par la FDSEA et les JA du Bas-Rhin, à savoir la flammekueche. La manifestation se poursuit par l'allocution de nombreux eurodéputés, qui conviennent être « contre le Mercosur », « stop Mercosur », « ce n'est pas okay de priver les Parlements nationaux de leurs droits de vote sur un traité aussi important et qui amène la colère légitime du secteur agricole ». Damien Brayotel, président de la FDSEA de l'Yonne, en compagnie de plusieurs agriculteurs, en profite pour faire le point sur cette journée qu'il considère comme « une belle mobilisation ». Depuis ce matin, « beaucoup de monde, tous départements confondus, s'est mobilisé, que ce soit en bus ou en tracteur. Au niveau européen, de nombreux pays ont été représentés ». En se mobilisant, Damien Brayotel, « n'avait pas seulement le souhait de mettre la pression à Ursula Von Der Leyen, l'objectif était également de nous faire entendre auprès de nombreux eurodéputés ». Malgré tout, il a conscience que le chemin est encore long. « Quelle est la vision de l'Europe pour son agriculture ? Est-il important d'assurer notre souveraineté alimentaire ? A-t-on encore besoin de paysans pour produire notre alimentation ? Que veulent les consommateurs dans leur assiette ? Une nourriture produite dans l'UE avec une traçabilité, une durabilité et une qualité sanitaire garantie ou bien une nourriture qui vient de loin et ne respecte aucune norme environnementale, sociale, animale ? Voilà les enjeux importants pour nous, agriculteurs, et pour la transmission aux jeunes générations. Nous avons besoin que l'Europe nous donne les moyens de produire, avec un budget ambitieux et en nous protégeant des concurrences déloyales. Voilà ce que nous sommes venus chercher à Bruxelles puis à Strasbourg », manifeste-t-il. De son côté, Charles Baracco, président des Jeunes Agriculteurs de l'Yonne se réjouit également de la représentation européenne de la mobilisation « Je suis content que l'on ait pu entendre ce que les eurodéputés avaient à nous dire, que ça soit les Français ou les étrangers. Ils ont rappelé les enjeux et je pense que c'était important que l'ensemble de la profession l'entende. Montrer que l'on faisait corps, que le monde agricole européen défend des enjeux vitaux et communs pour chaque pays ». Avant d'entrer dans le bus pour le trajet retour, il annonçait une mobilisation prévue par les JA du canton de Tonnerre, le mercredi 21 janvier, en fin de journée, pour communiquer avec la population.