Anticiper l'apparition de maladies
En cette fin du mois de mai, les visites d'essai débutent pour faire le point avant les moissons. Le 26 mai dernier, c'est Soufflet agriculture qui organisait un tour d'horizon des variétés de colza, d'orge et de blé, à Saint-Bris-le-Vineux.
C'est à la ferme de Chèvrerie, à Saint-Bris-le-Vineux, qu'une cinquantaine d'agriculteurs s'est retrouvée pour la visite d'essais sur la plateforme de la coopérative Soufflet Agriculture. Les agriculteurs ont été séparés en trois groupes pour aborder les problématiques concernant les variétés de colza, d'orge d'hiver et de blé. Direction les parcelles de colza, avec Mathieu Charpentier, conseiller technique chez Soufflet Agriculture, qui convient que la culture devient de plus en plus difficile. C'est « une culture rémunératrice mais il faut investir », lance l'un des agriculteurs présents. Avec le changement climatique, « les bourgeons sont apparus au mois de janvier » et par la suite « le colza n'a pas absorbé l'azote sous 200 ml d'eau, à cause des changements extrêmes de température ». Mathieu Charpentier convient donc qu'il faut « apporter plus tard l'azote, ce qui permet au colza de tenir dans le temps ». Toutefois, le conseiller technique revient sur les problématiques d'altises, des méligèthes, de hernies des crucifères et d'orobanche, connues au niveau régional. « La bête noire, l'altise, entraîne deux types de nuisibilité : sur les jeunes plants de colza, les petites altises causent des perforations dans les feuilles, retardant la croissance des plants et pouvant aller jusqu'à la destruction des pieds de colza. Les larves de grosses altises perforent les pétioles et le bourgeon terminal à la reprise de la végétation entraînant des pertes de rendement considérables », analyse le conseiller. Pour ce qui est des méligèthes, « elles perforent les boutons floraux du colza pour se nourrir du pollen, causant l'avortement des boutons ainsi que des pertes de rendement ».
« Tout se joue à l'implantation »
Dans ce cas précis, Mathieu Charpentier conseille l'association d'une variété de colza très précoce à « floraison qu'il faut mélanger à hauteur de 7 à 10 % avec votre variété d'intérêt. C'est recommandé pour éviter d'avoir recours à un traitement insecticide. L'apparition des premières fleurs attire les méligèthes et permet à la variété d'intérêt de ne pas subir les dégâts causés par ces insectes ». Les hernies crucifères « affectent principalement les sols acides et humides, et commencent à s'étendre au-delà de ses régions historiques comme le Nord Cher et la Lorraine ». Pour gérer cette maladie, « Soufflet Agriculture recommande la rotation de cultures, le chaulage des sols et l'utilisation de variétés résistantes ». Quant à l'orobanche rameuse, c'est une plante « parasite du colza, principalement observée sur les deux Charentes, les deux Sèvres, la Vienne et la Vendée ». Malheureusement, pour l'instant « aucune génétique n'est résistante à l'orobanche », cependant certaines variétés ont un bon comportement et permettent de limiter le développement de ce parasite. Pour éviter et réussir son colza, Mathieu Charpentier, conseille donc quatre étapes cruciales : apporter du phosphore au plus près du semis en fonction du besoin ; maîtriser son semis en le faisant de manière précoce ; associer des plantes compagnes pour contribuer à améliorer la biomasse du colza et pour perturber les insectes et réaliser un apport en végétation suivant la réglementation afin d'assurer une croissance continue du colza.