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MSA

« Profiter de l'énergie des élus en début de mandat »

À l'occasion de l'assemblée générale de la MSA Bourgogne, le 30 avril à Beaune, en Côte-d'Or, rencontre avec Anne-Laure Torrésin, directrice générale de la Caisse centrale de la MSA. Considérant l'importance des réseaux de terrain de la MSA, elle veut miser sur des équipes d'élus renouvelées depuis les élections de l'an passé.

Par Propos recueillis par Berty Robert
« Profiter de l'énergie des élus en début de mandat »
(De gauche à droite) : Anne-Laure Torrésin, directrice générale de la Caisse centrale de la MSA, Mauricette Besançon, présidente de la MSA Bourgogne, François Vaillant, 1er vice-président, et Armelle Rutkowski, directrice générale.

Quelle analyse faites-vous du contexte économique et social agricole et viticole aujourd'hui ?

Anne-Laure Torrésin : « L'agriculture a subi des crises intenses et fréquentes ces dernières années, liées au climat, à l'économie, ou au sanitaire. Des crises pour certaines, conjoncturelles, mais pour d'autres, structurelles. C'est le cas notamment pour la viticulture qui traverse une vraie crise structurelle. Face à la multiplicité des crises, la MSA est attendue sur ses capacités d'adaptation et sa réactivité. Le premier niveau d'adaptation, c'est le niveau territorial. On peut porter des outils, des aides ou des systèmes d'accompagnement nationaux, mais cela doit aussi se traduire par une réappropriation de ces dispositifs par les caisses locales, afin d'avoir une réponse adaptée aux besoins des exploitants ou des salariés locaux. »

Est-ce que des actions à un niveau local ou régional peuvent inspirer des évolutions nationales de votre action ?

A-L T : « Oui, prenez l'exemple de la DNC qui a touché des élevages dans les Alpes fin juin 2025. La MSA des Alpes du Nord s'est mobilisée immédiatement pour accompagner les éleveurs touchés sur les plans social, psychologique, économique ou même familial. On sait que dans ces situations, il n'y a plus de frontière entre la vie professionnelle, familiale, l'équilibre personnel… Quand la DNC est apparue sur d'autres territoires, et notamment en Bourgogne-Franche-Comté, on a profité de l'expérience acquise dans les Alpes du Nord pour la mettre à disposition des autres caisses. C'est tout l'intérêt de notre fonctionnement en réseau. Cette capacité d'adaptation est aussi facilitée par notre très bonne connaissance de nos territoires, grâce à nos réseaux d'élus. Nous sommes le seul régime de sécurité sociale qui fonctionne ainsi. »

On considère souvent que la MSA est mal connue. L'organisme doit-il être plus proactif vis-à-vis de ses adhérents ?

A-L T : « Une des attentes de nos adhérents, c'est que nous prenions l'initiative du contact et que l'on intervienne au moment où ils en ont besoin, que ce soit dans des moments de crise, ou des instants charnière dans une vie personnelle ou professionnelle. C'est tout le principe de notre dispositif « Aller vers ». Dans ce domaine, la MSA Bourgogne a développé des choses intéressantes et qui ont été partagées dans tout le réseau, notamment dans l'accompagnement des installations. »

Que répondez-vous au discours récurrent sur l'importance d'un régime de protection sociale spécifique à l'agriculture ?

A-L T : « Nous avons une vraie complémentarité d'action avec les autres régimes de sécurité sociale. Mais la MSA a des singularités dans ses actions. Nous avons construit des solutions qui sont adaptées aux spécificités de l'agriculture (rythmes de travail, revenus, horaires, isolement territorial, risques professionnels…) C'est en cela qu'aujourd'hui, les pouvoirs publics sont convaincus de la nécessité d'avoir un régime social agricole capable de répondre à ces besoins. Nous avons aussi des coûts de structure très maîtrisés. Au niveau national, nous sommes à 2,23 euros pour 100 euros de cotisations versés. »

Quel message avez-vous passé à l'occasion de l'assemblée générale de Beaune ?

A-LT : « J'ai insisté sur le fait qu'on a besoin de l'engagement des élus MSA pour porter les ambitions de notre plan stratégique 2030 et pour faire lien avec les adhérents. On est dans une période de renouvellement des élus, que ce soit au plan national, ou plus local, il faut profiter de cette énergie de début de mandat. »

Au plan national vous menez actuellement des négociations. Que peut-on en attendre ?

A-L T : « Dans le cadre des négociations qui ont lieu actuellement avec nos trois ministères de tutelle (Agriculture, Santé et Affaires sociales, Comptes publics), et qui sont rendues complexes en raison du contexte budgétaire, nous travaillons pour garantir le fait d'avoir des moyens suffisants, pour la MSA, afin de conduire les actions sur lesquelles nous sommes attendus. »

L'ambition pédagogique du nouveau conseil d'administration

Les élections MSA avaient lieu l'an passé. Les nouveaux élus bouclent donc leur première année de mandat. « Le nouveau conseil d'administration est désormais installé, souligne Mauricette Besançon, présidente de la MSA Bourgogne. Nous déroulons une feuille de route basée sur le plan stratégique 2030. » Lors de l'assemblée générale du 30 avril était présentée une charte définissant le fonctionnement du nouveau conseil d'administration. Le travail de réflexion à l'œuvre a mis en lumière la nécessité de parler de la MSA, à la fois commune à tous les acteurs agricoles, et pourtant mal connue dans ses missions. « Nous avons un travail à conduire sur ce plan, poursuit la présidente, pour expliquer ce que nous faisons, à quoi nous servons et faire prendre conscience que le rapport entretenu avec la MSA ne peut pas se résumer au paiement des cotisations. » Cela passera par des interventions en milieu scolaire. Au bilan de l'année passée, la gestion de la DNC fut un des moments forts. Problèmes de paiements de cotisations, répit pour les éleveurs impactés, soutien psychologique aux éleveurs et à leurs familles : le service social a été très sollicité. « La MSA a joué son rôle d'amortisseur de la crise. » La MSA Bourgogne travaille par ailleurs beaucoup sur les questions liées à l'installation. Elle a créé le Parcours attentionné nouvel installé (Pani) qui est maintenant déployé au plan national. Un parcours qui s'étale sur trois ans avec une idée : ne pas laisser les jeunes installés livrés à eux-mêmes.