Petit pas de deux entre le syndicalisme et le ministre
Le Sommet de l’élevage qui s’est déroulé à Cournon a donné le coup d’envoi d’une large mobilisation syndicale, avant le grand jour d’action nationale du 5 novembre prochain. Sur fond houleux, le ministre Stéphane Le Foll, n’est pas venu les mains vides et a pris quelques engagements pour l’avenir.
Au Sommet de l’élevage, la FNSEA a détaillé les «huit points durs» sur lesquels elle appelle les agriculteurs à se mobiliser pour obtenir des réponses concrètes, avant le 5 novembre, jour où elle appelle tous les départements à passer à l’action. «Nous avons le sentiment d’être écoutés mais pas entendus par les Pouvoirs publics» a résumé Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA, en ouverture du Sommet, le 1er octobre. De mises en gardes en alertes, les responsables professionnels ont le sentiment que les actes ne suivent pas les promesses. Pire, le durcissement de la directives nitrates pollue le dialogue, tandis que les difficultés conjoncturelles liées à la météo de l’été, ses conséquences sur les récoltes et l’effet domino de l’embargo russe sur les fruits et légumes, les produits laitiers et les viandes, minent encore un peu plus l’édifice branlant des comptabilités des exploitations.
La Fédération nationale bovine a aussi saisi l’occasion du Sommet de l’élevage pour remettre à Stéphane Le Foll un manifeste «pour le développement de l’exportation des bovins viande vers les Pays tiers», co-signé par une grande partie des entreprises de commercialisation de bovins vifs. Les signataires attendent des Pouvoirs publics «la négociation des modalités de certification sanitaire», «une gestion adaptée des droits de douane applicables» et «une mobilisation des services de l’Etat pour accompagner à tous les niveaux le travail des acteurs économiques de la filière».
Le ministre s’engage à renégocier la Directive nitrates
Une nouvelle entrevue avec Stéphane Le Foll, prévue le 7 octobre, devait aborder la question de l’approvisionnement en viande française de la restauration hors domicile, l’extension des zones vulnérables et autres dossiers chauds pointés par le syndicalisme. Sans attendre les prochains rendez-vous professionnels, le ministre n’est pas venu les mains vides à Cournon.
Il a ainsi annoncé la fin des tests ESB, présentée comme «un gain de compétitivité» et «une preuve à donner à l’international» pour faire avancer les exportations françaises. Cette «décision historique» a été saluée par le président de la FNB, Jean-Pierre Fleury, qui en faisait la demande de longue date.
Autre annonce : le transfert du budget de la prime harbagère agro-environnementale (PHAE) vers celui de l’indemnité compensatoire des handicaps naturels (ICHN) qui s’achèvera en 2016. Le ministre avance ainsi le rythme de transfert de deux années et les bénéficiaires recevront une ICHN «à plein» dès 2016.
Concernant la trésorerie des exploitations, Stéphane Le Foll a précisé que des reports de cotisations MSA seraient étudiées «au cas par cas» et, dans les cas les plus fragiles, des exonérations de cotisations ou de taxe sur le foncier non bâti (TFNB) pourraient être envisagées. Evoquant la baisse des cours de la viande bovine et du bovin vif, il a cependant expliqué : «le ministre ne peut pas tout. Ce n’est pas moi qui fixe les prix».
Quant à la directive Nitrates et le dossier «Zones vulnérables», le ministre a assuré qu’il se battrait pour que soient revues les modalités de classement en zones vulnérables et les contraintes imposées aux éleveurs dans ces zones. «Rien n’est acté», «une nouvelle commission va arriver, nous allons renégocier», a-t-il indiqué, en s’affirmant «déterminé à revoir les critères scientifiques qui s’appliquent aujourd’hui en matière de Directive nitrates».