Lait
Négociation sur le prix du lait : les industriels jouent la montre
Douze heures de négociations marathon n'auront pas suffi à rapprocher les points de vue entre producteurs et industriels laitiers. La réunion « de la dernière chance » n'a débouché sur aucun compromis. De nouvelles actions devraient intervenir d'ici la fin de la semaine.
C'était les négociations de la [I]«dernière chance»[i], pourtant en dépit des deux médiateurs, en dépit de la forte mobilisation et de la pression continue des producteurs sur le terrain, la journée marathon du 2 juin s'est soldée par un échec.
Industriels et producteurs n'ont pas pu trouvé un terrain d'entente, il semble même que les industriels n'aient pas vraiment tenté de rapprocher les points de vue puisqu'ils ont maintenu leur proposition de prix entre 260 et 270 euros/1000 litres. Pour Nathalie Mairet, administratrice à la FNPL, pas de doute : [I]«les industriels jouent la montre»[i]. Ils savent que les factures de lait devront partir au plus tard le 5 juin. Une fois de plus les producteurs sont coincés : la paye d'avril a été catastrophique pour les élevages laitiers et celle de mai, si aucun accord n'est trouvé, pourrait bien l'être tout autant. Difficile d'envisager rapidement une sortie de crise et, sur le terrain, les producteurs poussés à bout pourraient privilégier d'autres moyens que la négociation. Des réunions étaient prévues dans les départements dans la matinée du 3 juin pour déterminer les suites à donner à ce nouvel échec.
Nathalie Mairet exprimait en tout cas [I]«son dégoût et sa désillusion profonde»[i] ainsi que son étonnement devant l'incapacité des médiateurs à remplir leur office et à amener les industriels à assouplir leurs positions. Les précédentes négociations avaient permis un rapprochement des parties sur un cadre juridique de fixation des prix pour les prochaines années. Mais la question du prix 2009 semble autrement plus difficile à trancher. Et c'est là que se joue l'avenir de nombreuses exploitations laitières aujourd'hui sur le fil du rasoir.
Tout en espérant que l'on puisse éviter d'en arriver à des solutions extrêmes, Nathalie Mairet reconnaît que les chances d'obtenir un compromis dans les heures et les jours qui viennent s'amenuisent, aucune date n'a encore été proposée pour une nouvelle rencontre.
«Ce n'est pas tout-à-fait cassé» commentait mercredi la secrétaire adjointe de la FNPL, Marie-Thérèse Bonneau,«les parties ont bien conscience qu'il faudra trouver un arbitrage, mais pour l'instant les positions sont trop éloignées». La FNPL proposait un prix jugé «acceptable» par la profession laitière de«290 à 300 euros/1000 litres pour un volume garanti» de livraison. Mais cette proposition n'a pas permis de rapprocher les positions.
Pour dénouer la situation et ramener les parties à la table des négociations, Nathalie Mairet espère [I]«un sursaut des Pouvoirs Publics»[i]. D'autres voix s'élèvent aussi pour demander que le gouvernement intervienne pour fixer les règles de calcul du prix du lait. L'interprofession est bien loin en tout cas des attentes du ministre de l'Agriculture qui espérait que les négociations permettent de trouver «un prix juste et de rémunérer le travail des éleveurs correctement».
[G][INTER]Nicolas Michaud : «Je suis en colère»[inter][g]
Président des JA Bourgogne, Nicolas Michaud «n'est pas surpris de l'échec des négociations. Les écarts étaient trop importants entre des positions qui apparaîssent aujourd'hui inconciliables». Face à cette nouvelle impasse, le représentant des jeunes agriculteurs «s'inquiète pour la pérennité des exploitations situées dans des zones de plus en plus éloignées des centres de transformation». Beaucoup de producteurs «démotivés pourraient être tentés d'abandonner la partie, car la passion ne suffit pas à faire vivre une famille et si le prix du lait reste ce qu'il est aujourd'hui, les contraintes économiques imposeront leur loi. On peut courber l'échine un mois, mais on ne peut pas travailler à perte des mois durant».
«Je suis en colère» poursuit Nicolas Michaud «car on ne voit pas de sortie de crise possible sans une intervention de l'àtat et je suis encore plus en colère que certaines entreprises profitent de la crise pour s'en mettre plein les poches alors que leur activité ne dépend pas du prix de la poudre ou du beurre.
Industriels et producteurs n'ont pas pu trouvé un terrain d'entente, il semble même que les industriels n'aient pas vraiment tenté de rapprocher les points de vue puisqu'ils ont maintenu leur proposition de prix entre 260 et 270 euros/1000 litres. Pour Nathalie Mairet, administratrice à la FNPL, pas de doute : [I]«les industriels jouent la montre»[i]. Ils savent que les factures de lait devront partir au plus tard le 5 juin. Une fois de plus les producteurs sont coincés : la paye d'avril a été catastrophique pour les élevages laitiers et celle de mai, si aucun accord n'est trouvé, pourrait bien l'être tout autant. Difficile d'envisager rapidement une sortie de crise et, sur le terrain, les producteurs poussés à bout pourraient privilégier d'autres moyens que la négociation. Des réunions étaient prévues dans les départements dans la matinée du 3 juin pour déterminer les suites à donner à ce nouvel échec.
Nathalie Mairet exprimait en tout cas [I]«son dégoût et sa désillusion profonde»[i] ainsi que son étonnement devant l'incapacité des médiateurs à remplir leur office et à amener les industriels à assouplir leurs positions. Les précédentes négociations avaient permis un rapprochement des parties sur un cadre juridique de fixation des prix pour les prochaines années. Mais la question du prix 2009 semble autrement plus difficile à trancher. Et c'est là que se joue l'avenir de nombreuses exploitations laitières aujourd'hui sur le fil du rasoir.
Tout en espérant que l'on puisse éviter d'en arriver à des solutions extrêmes, Nathalie Mairet reconnaît que les chances d'obtenir un compromis dans les heures et les jours qui viennent s'amenuisent, aucune date n'a encore été proposée pour une nouvelle rencontre.
«Ce n'est pas tout-à-fait cassé» commentait mercredi la secrétaire adjointe de la FNPL, Marie-Thérèse Bonneau,«les parties ont bien conscience qu'il faudra trouver un arbitrage, mais pour l'instant les positions sont trop éloignées». La FNPL proposait un prix jugé «acceptable» par la profession laitière de«290 à 300 euros/1000 litres pour un volume garanti» de livraison. Mais cette proposition n'a pas permis de rapprocher les positions.
Pour dénouer la situation et ramener les parties à la table des négociations, Nathalie Mairet espère [I]«un sursaut des Pouvoirs Publics»[i]. D'autres voix s'élèvent aussi pour demander que le gouvernement intervienne pour fixer les règles de calcul du prix du lait. L'interprofession est bien loin en tout cas des attentes du ministre de l'Agriculture qui espérait que les négociations permettent de trouver «un prix juste et de rémunérer le travail des éleveurs correctement».
[G][INTER]Nicolas Michaud : «Je suis en colère»[inter][g]
Président des JA Bourgogne, Nicolas Michaud «n'est pas surpris de l'échec des négociations. Les écarts étaient trop importants entre des positions qui apparaîssent aujourd'hui inconciliables». Face à cette nouvelle impasse, le représentant des jeunes agriculteurs «s'inquiète pour la pérennité des exploitations situées dans des zones de plus en plus éloignées des centres de transformation». Beaucoup de producteurs «démotivés pourraient être tentés d'abandonner la partie, car la passion ne suffit pas à faire vivre une famille et si le prix du lait reste ce qu'il est aujourd'hui, les contraintes économiques imposeront leur loi. On peut courber l'échine un mois, mais on ne peut pas travailler à perte des mois durant».
«Je suis en colère» poursuit Nicolas Michaud «car on ne voit pas de sortie de crise possible sans une intervention de l'àtat et je suis encore plus en colère que certaines entreprises profitent de la crise pour s'en mettre plein les poches alors que leur activité ne dépend pas du prix de la poudre ou du beurre.