État des eaux dans le Bassin Rhône-Méditerranée
Ne pas baisser la garde
Alors que le nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2016-2021 entre en vigueur sur le bassin Rhône-Méditerrannée-Corse, l’agence de l’eau publie son rapport annuel sur l’état de eaux. Bien globalement, mais doit mieux faire localement pour atteindre l’objectif fixé pour 2021 : le bon état écologique de 2/3 des rivières et de 99% des eaux souterraines.
Sur le bassin Rhône-Méditerranée, 52% des rivières sont en bon ou très bon état, pour la Corse ce chiffre monte à 86%. Mais ces résultats plutôt encourageants cachent de grandes disparités. Ainsi, dans le nord du bassin RMC, le pourcentage ne dépasse pas 33% et les situations sont très contrastées. Les rivières en tête de bassin se trouvent souvent préservées, comme la Tille amont en Côte d’Or ou l’Ain amont dans le Jura. Mais sur le reste du territoire, des rivières comme la Thalie en Saône-et-Loire, peuvent se trouver très impactées par des dégradations physiques et biochimiques. Les grands axes comme la Saône, ou des rivières comme la Seille et l’Ognon, concentrent également l’ensemble des pollutions produites sur leur bassin versant.
Des acteurs locaux très engagés
Depuis 25 ans la situation s’améliore et l’agence de l’eau observe une diminution des pollutions ponctuelles (domestiques ou industrielles) du fait de l’engagement des acteurs locaux et des investissements consentis dans des installations d’épuration. 82% des nappes sont aujourd’hui en bon état sur le bassin Rhône-Méditerranée et 100% en Corse. Reste que 40% des rivières sont périodiquement en tension du fait d’un excès de prélèvements d’eau (vallée de la Durance) et l’artificialisation de 50% des cours d’eau concentre certains problèmes d’altération de la qualité de l’eau, d’impact sur la biodiversité et sur les crues, notamment dans les grandes zones agricoles du bassin (bassin versant de la Saône, Languedoc, Roussillon) et sur les grands axes de communication (vallée du Rhône, de l’Isère, de la Durance), pourtour méditerranéen. Les seuils et barrages ont des effets induits que l’on ne perçoit pas toujours, ils bloquent la circulation des poissons, mais aussi celle des sédiments, qui n’arrivent plus à la mer, ce qui aggrave les conséquences de la hausse du niveau de la mer et du recul du trait de côte.
Les ventes de pesticides ne diminuent pas et 150 substances différentes sont retrouvées chaque année dans les rivières et dans les eaux souterraines. En dépit des efforts consentis on remarque que les volumes de pesticides achetés ne diminuent pas. Les conséquences économiques sont lourdes avec un renchérissement du prix de l’eau du fait des traitements poussés nécessaires pour remédier à ces pollutions récurrentes. Des dispositifs expérimentaux ont été encouragés, au travers du réseau des fermes Dephy notamment, qui testent des pratiques alternatives sur différents systèmes de production. L’Agence de l’eau considère que l’enjeu de demain sera l’appropriation par les agriculteurs de ces pratiques nouvelles et leur généralisation à l’ensemble des systèmes.
Le nord du bassin concentre les problèmes
Si la partie nord du bassin concentre l’essentiel des problématiques du fait de la morphologie des cours d’eau, de systèmes écologiques complexes et de l’artificialisation des rivières, le constat reste quand même positif car de gros efforts de restauration et d’amélioration de l’existant ont été engagés par les différents acteurs de l’eau. La restauration du tracé naturel de certains cours progresse, tout comme les économies d’eau. Certaines opérations ont d’ailleurs valeur d’exemple comme la re-création de méandres sur la Lemme et ses affluents dans le marais du Chatelet (Jura), ou l’action concertée des agriculteurs et de la Chambre d’agriculture à Aiserey (Côte d’Or) pour la protection de zones de captage particulièrement sensibles (voir le zoom).
Le nouveau Sdage intègre la perspective du changement climatique dans ses objectifs d’économies d’eau, de réduction des pollutions et de préservation de la qualité des rivières. Ce qui suppose notamment de restaurer les cours d’eau en intégrant la prévention des inondations et de préserver les zones humides dans toute leur biodiversité. Dans le nord du bassin Rhône-Méditerranée, 585 millions d’euros vont être investis sur six ans afin de réduire les pollutions diffuses, 9 plans de gestion de la ressource en eau vont être engagés, 300 seuils en rivières vont être rendus franchissables et 111 captages d’eau potables restaurés.
Des acteurs locaux très engagés
Depuis 25 ans la situation s’améliore et l’agence de l’eau observe une diminution des pollutions ponctuelles (domestiques ou industrielles) du fait de l’engagement des acteurs locaux et des investissements consentis dans des installations d’épuration. 82% des nappes sont aujourd’hui en bon état sur le bassin Rhône-Méditerranée et 100% en Corse. Reste que 40% des rivières sont périodiquement en tension du fait d’un excès de prélèvements d’eau (vallée de la Durance) et l’artificialisation de 50% des cours d’eau concentre certains problèmes d’altération de la qualité de l’eau, d’impact sur la biodiversité et sur les crues, notamment dans les grandes zones agricoles du bassin (bassin versant de la Saône, Languedoc, Roussillon) et sur les grands axes de communication (vallée du Rhône, de l’Isère, de la Durance), pourtour méditerranéen. Les seuils et barrages ont des effets induits que l’on ne perçoit pas toujours, ils bloquent la circulation des poissons, mais aussi celle des sédiments, qui n’arrivent plus à la mer, ce qui aggrave les conséquences de la hausse du niveau de la mer et du recul du trait de côte.
Les ventes de pesticides ne diminuent pas et 150 substances différentes sont retrouvées chaque année dans les rivières et dans les eaux souterraines. En dépit des efforts consentis on remarque que les volumes de pesticides achetés ne diminuent pas. Les conséquences économiques sont lourdes avec un renchérissement du prix de l’eau du fait des traitements poussés nécessaires pour remédier à ces pollutions récurrentes. Des dispositifs expérimentaux ont été encouragés, au travers du réseau des fermes Dephy notamment, qui testent des pratiques alternatives sur différents systèmes de production. L’Agence de l’eau considère que l’enjeu de demain sera l’appropriation par les agriculteurs de ces pratiques nouvelles et leur généralisation à l’ensemble des systèmes.
Le nord du bassin concentre les problèmes
Si la partie nord du bassin concentre l’essentiel des problématiques du fait de la morphologie des cours d’eau, de systèmes écologiques complexes et de l’artificialisation des rivières, le constat reste quand même positif car de gros efforts de restauration et d’amélioration de l’existant ont été engagés par les différents acteurs de l’eau. La restauration du tracé naturel de certains cours progresse, tout comme les économies d’eau. Certaines opérations ont d’ailleurs valeur d’exemple comme la re-création de méandres sur la Lemme et ses affluents dans le marais du Chatelet (Jura), ou l’action concertée des agriculteurs et de la Chambre d’agriculture à Aiserey (Côte d’Or) pour la protection de zones de captage particulièrement sensibles (voir le zoom).
Le nouveau Sdage intègre la perspective du changement climatique dans ses objectifs d’économies d’eau, de réduction des pollutions et de préservation de la qualité des rivières. Ce qui suppose notamment de restaurer les cours d’eau en intégrant la prévention des inondations et de préserver les zones humides dans toute leur biodiversité. Dans le nord du bassin Rhône-Méditerranée, 585 millions d’euros vont être investis sur six ans afin de réduire les pollutions diffuses, 9 plans de gestion de la ressource en eau vont être engagés, 300 seuils en rivières vont être rendus franchissables et 111 captages d’eau potables restaurés.
Des actions concrètes pour la reconquête de la qualité des eaux
Deux initiatives pour la reconquête de la qualité des eaux et la restauration des milieux font figure d’exemple sur la partie nord du bassin RMC : la protection du captage AEP de la Racle à Aiserey (21) et la restauration morphologique de la Lemme et ses affluents sur le marais du Chatelet (39).
En Côte d’Or, sur un large bassin de 800 ha, une problématique nitrates se posait avec divers niveaux de vulnérabilité. A partir des travaux d’un hydrologue, la Chambre d’agriculture a classé les zones et déterminé les interventions en fonction des risques. Une zone fortement exposée de 27ha a fait l’objet d’un arrêt de tout traitement phytosanitaire, les modalités d’intervention ont été déterminées en partenariat avec le syndicat des eaux, la Safer et les agriculteurs de la zone. Une stratégie foncière a permis de libérer les terres les plus exposées du captage pour une agriculture de type biologique et de l’élevage extensif. Sur 270 ha identifiés comme sensibles restant, une proposition de réduction de 20% pour l’IFT et de10% de la fertilisation azotée a été faite. Ces mesures déterminées par arrêté préfectorale n’ont pas de caractère obligatoire, elles relèvent du volontariat pour les agriculteurs concernés.
Dans le Jura, la restauration morphologique de la Lemme et ses affluents a constitué un chantier d’envergure (400 M€), porté par le PNR du Haut-Jura. Elle a nécessité une grande concertation et une forte synergie entre les acteurs locaux et techniques du projet. Deux années de travaux ont permis de re-méandrer 5 km de cours d’eau et de restaurer 60 ha de marais, avec à la clé une meilleure fonctionnalité du cours d’eau, une augmentation de la biodiversité et une protection contre les crues.
65 actions de restauration de rivières ont été conduites lors du précédent Sdage et 100 captages ont été considérés comme prioritaires pour des actions de protection.
En Côte d’Or, sur un large bassin de 800 ha, une problématique nitrates se posait avec divers niveaux de vulnérabilité. A partir des travaux d’un hydrologue, la Chambre d’agriculture a classé les zones et déterminé les interventions en fonction des risques. Une zone fortement exposée de 27ha a fait l’objet d’un arrêt de tout traitement phytosanitaire, les modalités d’intervention ont été déterminées en partenariat avec le syndicat des eaux, la Safer et les agriculteurs de la zone. Une stratégie foncière a permis de libérer les terres les plus exposées du captage pour une agriculture de type biologique et de l’élevage extensif. Sur 270 ha identifiés comme sensibles restant, une proposition de réduction de 20% pour l’IFT et de10% de la fertilisation azotée a été faite. Ces mesures déterminées par arrêté préfectorale n’ont pas de caractère obligatoire, elles relèvent du volontariat pour les agriculteurs concernés.
Dans le Jura, la restauration morphologique de la Lemme et ses affluents a constitué un chantier d’envergure (400 M€), porté par le PNR du Haut-Jura. Elle a nécessité une grande concertation et une forte synergie entre les acteurs locaux et techniques du projet. Deux années de travaux ont permis de re-méandrer 5 km de cours d’eau et de restaurer 60 ha de marais, avec à la clé une meilleure fonctionnalité du cours d’eau, une augmentation de la biodiversité et une protection contre les crues.
65 actions de restauration de rivières ont été conduites lors du précédent Sdage et 100 captages ont été considérés comme prioritaires pour des actions de protection.