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Grandes cultures

Moisson : des solutions à portée de main

Les moissons se poursuivent sous les fortes chaleurs. Mercredi 24 juin, Terres de Bourgogne est allé à la rencontre de Brice Veaulin, céréalier à Rogny-les-sept-écluses pour un point sur l'actualité. Témoignage.

Par Charlotte Sauvignac
Grandes Cultures
Brice Veaulin, céréalier à Rogny-les-sept-écluses et son salarié ont fait le bilan du début des moissons, ce 24 juin.

Nous retrouvons Brice Veaulin, exploitant agricole possédant 240 hectares, ainsi que le salarié de la Cuma dont il est président, vers 10 heures du matin, en pleine réparation de matériel, à Rogny-les-sept-écluses. Il y a deux jours, « on a attaqué la récolte du colza. On n’était pas pressés, on a laissé passer le week-end, car on avait observé quelques ronds verts dans les parcelles. Sauf qu'avec les températures de ces derniers jours, on s'est fait surprendre. Les parcelles de colza sont devenues très sèches, ça a vite mûri. On s'est d'abord focalisé sur la récolte de cette culture moins risquée, étant donné les fortes chaleurs », convient-il. Malheureusement, les premiers résultats sont « décevants ». « Nous avons semé le colza dans des sols de limons hydromorphes et avec l'excès d'eau du mois de février, les cultures se sont noyées. On avait décidé de semer en culture très simplifiée et avec le pivot, le colza n'a pas eu le temps de se développer », ajoute-t-il. Toutefois, Brice Veaulin a décidé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et a également décidé de semer du colza sur des parcelles en argile à silex. « Sur ces parcelles-là, le colza s'est plutôt bien tenu. Les fortes chaleurs de ces derniers jours ont un peu cuit le colza en fin de cycle. À première vue, les colzas sont moyens en termes de rendements », analyse-t-il. À côté de cela, le céréalier poyaudin a cultivé des orges de printemps semées à l'automne. « Nous avons attendu un créneau où le temps s'y prêtait bien, où les températures étaient idéales. La semaine dernière, l'orge n'était pas encore prête à être récoltée. On va attaquer la récolte dans le courant de la semaine », exprime-t-il. Encore trop tôt pour donner son avis. Le blé va également être récolté dans les semaines à venir. « Les premiers échos que l'on a entendus dans notre zone, c'est que les blés sont plutôt faibles en rendements, que c'est du petit grain. Comme toute culture, la canicule a accéléré la fin de cycle. Cela n'a pas pu parfaire la fin de cycle, ça a tout cuit très vite », avoue-t-il. Toutefois, il ajoute que pour lui : « les excès d'eau et de sec ont été bénéfiques pour le blé, les années passées. Cela peut être encourageant ».

Une vision sur l'avenir

Du côté des cultures de printemps, Brice Veaulin porte un brin d'espoir sur le tournesol. « Ils commencent à fleurir et ils sont beaux. Pour que cela se poursuive, il faudrait tout de même que les températures baissent pour que la fécondation soit bonne », informe-t-il. Quant au maïs, « il manque encore une feuille avant la fleur, on pense donc attaquer la semaine prochaine. Pour semer le maïs, on a choisi des parcelles profondes et on a décidé de le semer plus tôt que prévu, début avril. Résultat des courses : nous avons des implantations plutôt bonnes à très bonnes. Avant de semer, on a choisi de fissurer le sol plus profondément et on se rend compte que c'est une bonne technique ». L'année prochaine, Brice Veaulin souhaite donc « fissurer le sol plus profondément pour les cultures de colza. Cette année, on n'a pas fissuré le sol assez profondément et on ne fera plus la même erreur ». Au-delà du travail du sol, le céréalier souhaite également « semer ses colzas plus tôt. Pour la campagne de moisson 2026, on avait semé mi-août. Je pense qu'il serait plus judicieux de semer début août. Si on sème plus tôt, les colzas seront en meilleures formes pour contrer les attaques d'insectes, passer l'hiver et faire face aux excès d'eau ». Dans sa rotation de cultures, Brice Veaulin souhaite également « limiter les cultures de printemps » et intégrer une nouvelle culture : le lin. S'il se tourne vers cette culture, c'est parce qu'elle est semée à la fin du mois de septembre pour une récolte début juillet. « Ce sont des cycles qui ne vont pas tomber dans la période de sec donc ça résistera mieux aux fortes chaleurs. Toutefois, on attend moins de rendements. Après, on investit moins financièrement dans cette culture, donc c'est gagnant-gagnant ». Pour Brice Veaulin, céréalier et président de la Cuma du Ronceau dans le Loiret, l'objectif est d'avoir des cultures « propres à la récolte. On a un système d'implantation plus performant qu'avant, un semoir avec plus de retenue au sol, cela nous permet donc de semer plus profondément et d'appuyer mieux les graines et de les mettre plus au contact de la fraîcheur ».