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Bienvenue à la ferme

Mieux structurer la filière agritouristique

Face à l’évolution des attentes des agriculteurs comme des visiteurs, l’association Bienvenue à la ferme souhaite accélérer la structuration de l’agritourisme. Son président, Maxime Buizard, plaide notamment pour davantage d’accompagnement, un renforcement des partenariats territoriaux et la création d’un label commun à l’ensemble des filières.

Par Léa Rochon
Mieux structurer la filière agritouristique
Bienvenue à la ferme
Selon Maxime Buisard, président du réseau Bienvenue à la ferme, l’agritourisme doit être considéré comme une véritable activité économique, et non comme une activité secondaire.

En 2025, le réseau Bienvenue à la ferme comptait 1 982 adhérents engagés dans des activités agritouristiques, soit 24 % de l’ensemble de ses membres. Un chiffre en baisse de 15 % sur les sept dernières années, sans pour autant inquiéter son président, Maxime Buizard. Selon lui, cette évolution reflète avant tout deux tendances : les départs à la retraite de nombreux agriculteurs, dont les repreneurs n’ont pas souhaité poursuivre l’activité agritouristique, mais aussi l’évolution des attentes des professionnels. « Le réseau a été fondé il y a quarante ans par des agriculteurs désireux de partager leur quotidien avec des personnes parfois éloignées du monde agricole, rappelle-t-il. Aujourd’hui, les nouvelles générations conservent cette volonté de transmission et de partage, mais elles attendent davantage d’accompagnement, d’outils et de mise en réseau. »

Des offres de plus en plus diversifiées

Si l’accueil traditionnel à la ferme conserve toute son attractivité, les offres tendent désormais à se diversifier. « Nous voyons des exploitants situés à proximité des centres urbains proposer des salles pour des réunions d’équipe ou des comités d’entreprise, avec des animations parfois supplémentaires, comme des jeux d’évasion, tels que des Cluedo géants dans les vignes, ou encore des ateliers d’initiation à la fabrication de fromage au lait cru », illustre Maxime Buizard. Pour autant, ces nouveaux aménagements représentent un investissement conséquent qui « doit être pensé comme de véritables activités économiques, et non comme des activités secondaires », insiste-t-il. Selon le président du réseau, le développement de l’agritourisme passera nécessairement par un travail partenarial entre les chambres d’agriculture, les agences de développement touristique et les comités régionaux du tourisme. « Des départements comme la Corrèze, la Meurthe-et-Moselle ou encore l’Isère l’ont bien compris. Tous ces acteurs ont choisi de mettre en avant l’agriculture, la gastronomie et l’art de vivre rural dans leur communication. Il faut désormais sensibiliser les élus locaux au potentiel économique de l’agritourisme. »

Auditionné par la sénatrice Sylviane Noël et le député Anthony Brosse dans le cadre d’une mission parlementaire, le responsable plaide également pour la création d’un label unique commun à l’ensemble des filières. Celui-ci garantirait des standards harmonisés en matière d’hygiène, de sécurité sanitaire des aliments et de qualité d’accueil pour les visiteurs. Autre enjeu majeur, selon lui : réorienter les financements européens de la politique agricole commune (Pac) et des groupes d’action locale (GAL), portés par les communautés de communes, vers les activités de transformation à la ferme et l’agritourisme.