Des trackers solaires pour alimenter une porcherie
Le Gaec de la Sans Fonds, à Épernay-sous-Gevrey, a fait installer cinq trackers solaires pour diminuer la facture d’électricité de sa porcherie.
Ils tournent en fonction du soleil et fonctionnent depuis bientôt un an. Les cinq trackers solaires du Gaec de la Sans Fonds sont dédiés à l'autoconsommation et abaissent la facture d'électricité de sa porcherie. « Notre bâtiment d'élevage consomme entre 40 et 140 kWh en instantané. Il y a la ventilation, l'éclairage, mais aussi la fabrique d'aliments, le transfert des céréales, le traitement du lisier… Les charges électriques annuelles s'élevaient jusqu'à présent entre 60 000 et 70 000 euros », présente Frédéric Le Grand, l'un des associés du Gaec. Nous n'avons pas mené d'enquête mais cette porcherie située à Épernay-sous-Gevrey, qui produit environ 10 000 cochons par an, est probablement la plus importante du département. Environ 70 % des animaux prennent la direction de Cirhyo et de son abattoir à Lapalisse (Allier). Pendant la saison de la saucisse de Morteau, des porcins partent à Valdahon dans le Doubs. « En effet, nous sommes dans l’appellation concernée et ce, grâce au lactosérum de la Fromagerie Delin, à 6 km d'ici », informe Frédéric Le Grand. Les 30 % d'animaux restants sont vendus dans le cadre de la reproduction.
Amortissement de 10 à 12 ans
Mais revenons à nos moutons : les cinq trackers ont représenté un investissement de 280 000 euros, prix comprenant toutes les interventions y compris les raccordements. L'objectif des éleveurs est de couvrir au moins 30 ou 35 % de leur facture d'électricité. « Ce pourcentage correspond à ce dont nous avons besoin pour rembourser l'emprunt et amortir cet investissement en 10 ou 12 ans. Mais si nous pouvons couvrir davantage de besoins électriques et abaisser d'autant plus la facture, bien sûr, nous prenons… Cela sera fonction du soleil ». Frédéric Le Grand cite deux exemples extrêmes illustrant la variabilité des résultats : « en février, nous n'avons pas vu le moindre rayon de soleil ou presque. Nous n'avons gagné que 100 euros par rapport à notre facture d'électricité de l'an passé, c'est donc dérisoire. En revanche, en mars et avril, nous avons économisé 3 500 euros ».
Pas de batteries
Rencontré le 27 mai, l'agriculteur relevait ses données électriques de la veille, journée extrêmement chaude et ensoleillée. « Nous n'avons pas de batterie pour stocker l'électricité, c'est dommage car les cinq trackers ont produit 98 % de nos besoins du 26 mai. Nous n'aurions donc quasiment rien payé pour ce jour-là. Au final, sans batterie, nous n'avons couvert « que » 72 % des besoins, sachant que les panneaux ne produisent rien la nuit alors que la porcherie, elle, continue de consommer. En journée, nous avons donc trop produit ». Frédéric Le Grand et ses associés se sont accordés sur le fait qu'acheter une batterie n'était pas encore pertinent. « Pour stocker 100 kWh, il aurait fallu débourser entre 25 000 et 30 000 euros supplémentaires. Tout se raisonne, mais ce produit vieillit mal. Une batterie peut être amortie en dix ans, mais à ce moment-là, elle aura perdu de sa capacité et il faudra peut-être réinvestir… Pour le moment, nous faisons le choix de ne pas stocker d'énergie et d'en rester à ce stade ».