Observatoire de la formation des prix et des marges
Les prix des produits alimentaires déconnectés des prix agricoles
Les prix des produits alimentaires ont poursuivi en 2016 une progression entamée l’année précédente sans que cela ne se répercute dans les prix agricoles payés aux producteurs.
«Au moins depuis 2012, le seul véritable «gagnant» de l’évolution des prix et des marges des produits alimentaires est le consommateur qui a bénéficié d’une certaine stabilité de prix», en particulier pour les produits peu transformés. La principale conclusion du sixième rapport au Parlement de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires est quasiment identique à celle de la précédente édition. Mais cette stabilité des prix à la consommation masque cependant, pour chacun des produits passés en revue, des ajustements des marges brutes des transformateurs et des distributeurs. Pour la longe de porc, par exemple, les hausses des cours du porc (+ 5c/kg sur les 9 premiers de 2016) et de la marge des abatteurs-découpeurs (+ 8 c/kg) ont été compensées par les baisses des marges des distributeurs (-12 c/kg). Pour le lait demi-écrémé, la perte subie par les éleveurs (jusqu’à 7 centimes par litre collecté depuis deux ans) a bénéficié aux industriels et à la grande distribution qui a même relevé, comme si cela ne suffisait pas, ses prix de vente au détail (+ 2 c/l). Dans le rapport de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, la filière bovine est «une avalanche de chiffres négatifs», déplore Philippe Chalmin, président de l’Observatoire. La marge nette dans les rayons de viande bovine des GMS est de nouveau négative. Pourtant les distributeurs l’ont augmentée en profitant partiellement de la baisse du prix du kilogramme de carcasse entrée abattoir (- 22 c/kg en 2016). En fait, ce repli a surtout bénéficié aux transformateurs de première et de deuxième transformation (hausse de la marge de 20 c/kg) qui sont les seuls à s’en sortir. Sinon, les prix de vente des animaux vifs et les aides versées (336 € par 100 kg de carcasse pour un coût de production de 352 € en naisseur-engraisseur) ne permettent pas de rémunérer les éleveurs à hauteur de 1,5 Smic et le capital investi.
Consommateur déconnecté
Adepte de produits de plus en plus sophistiqués, le consommateur est complètement déconnecté de l’évolution volatile des prix agricoles. Les prix alimentaires à la consommation ont poursuivi en 2016 leur progression entamée l’année précédente (+0,6 % après +0,5 %) sans que cela se répercute dans les prix agricoles payés aux producteurs. Cette situation, source de conflits, montre encore un manque de transparence et de confiance dans la formation des prix de référence payés aux producteurs. Selon Philipe Chalmin, elle traduit «l’archaïsme de certains aspects des relations interprofessionnelles». Selon lui, la seule solution pour gérer l’instabilité des prix est de rentrer dans une logique de contractualisation, de partenariat à l’intérieur des filières. «Il est d’ailleurs souhaitable qu’une évolution du droit de la concurrence et de sa jurisprudence, tenant davantage compte des spécificités agricoles et de l’état actuel des structures et pouvoirs de marché dans l’agro-alimentaire, puisse rendre plus facile l’action collective des producteurs et favorise la signature d’accords permettant de lisser à moyens terme les fluctuations de prix en se référant à des indicateurs communs». A ce jour, la contribution de la production agricole dans 100 € de produits alimentaires est de 6,2 € ! Alors que quelques centimes de plus feraient le bonheur des agriculteurs.
Consommateur déconnecté
Adepte de produits de plus en plus sophistiqués, le consommateur est complètement déconnecté de l’évolution volatile des prix agricoles. Les prix alimentaires à la consommation ont poursuivi en 2016 leur progression entamée l’année précédente (+0,6 % après +0,5 %) sans que cela se répercute dans les prix agricoles payés aux producteurs. Cette situation, source de conflits, montre encore un manque de transparence et de confiance dans la formation des prix de référence payés aux producteurs. Selon Philipe Chalmin, elle traduit «l’archaïsme de certains aspects des relations interprofessionnelles». Selon lui, la seule solution pour gérer l’instabilité des prix est de rentrer dans une logique de contractualisation, de partenariat à l’intérieur des filières. «Il est d’ailleurs souhaitable qu’une évolution du droit de la concurrence et de sa jurisprudence, tenant davantage compte des spécificités agricoles et de l’état actuel des structures et pouvoirs de marché dans l’agro-alimentaire, puisse rendre plus facile l’action collective des producteurs et favorise la signature d’accords permettant de lisser à moyens terme les fluctuations de prix en se référant à des indicateurs communs». A ce jour, la contribution de la production agricole dans 100 € de produits alimentaires est de 6,2 € ! Alors que quelques centimes de plus feraient le bonheur des agriculteurs.
Les organisations agricoles demandent un prix juste
Réagissant au rapport de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, présenté le 11 avril, la FNSEA constate que «la déconnexion entre les prix des produits agricoles et les prix à la consommation est de plus en plus flagrante : c’est un défaut majeur de la LME qu’il faudra corriger ! Il faut maintenant stopper l’hémorragie avant que des pans entiers de notre agriculture ne disparaissent». Le cadre des relations commerciales est à revoir, poursuit l’organisation qui a formulé une proposition en ce sens dans ses 13 mesures au futur président. Pour les chambres d’Agriculture et son président Claude Cochonneau, «une véritable coopération doit émerger entre les différents acteurs des filières», au lieu des tensions actuelles qui causent «un préjudice insoutenable pour les agriculteurs». Une situation de guerre des prix et d’opacité des échanges également dénoncée par Jeunes Agriculteurs, qui en déduit que «l’organisation de l’offre est le principal chantier de travail pour la profession : se regrouper pour peser davantage dans les négociations commerciales et défendre un prix juste est la seule issue pour survivre à cette guerre des prix». Parallèlement, la contractualisation serait, pour l’organisation, la solution la plus adaptée : «la mise en place de contrats permettrait aux agriculteurs d’obtenir un engagement sur une durée et une quantité tout en minimisant les effets destructeurs de la volatilité des cours et donc en donnant une meilleure visibilité sur les prix de vente», indique JA.