Les pratiques agroécologiques récompensées
Le 21 novembre se tenait la remise des prix du « Concours des pratiques agroécologiques : agroforesterie » au Legta de Château-Chinon.
C'est au Legta de Château-Chinon, le 21 novembre que la remise des prix du « Concours des pratiques agroécologiques : agroforesterie » s'est déroulée, en présence de Cyril Brulé, vice-président du Parc naturel régional du Morvan (PNRM) en charge des patrimoines naturel et culturel, de Cécile Guénon, vice-présidente du PNRM en charge de la biodiversité, du Conseil scientifique et des affaires juridiques et de Christelle Renault, directrice du LEGTA, ainsi que d’élèves et de professeurs du lycée agricole. Cette remise de prix intervient donc après la réunion du jury, début septembre, pour départager les cinq exploitations en lice : la ferme de Tomas Camuzat (Mhère), le Gaec de Velle (Montigny-en-Morvan), la ferme de Jean-Régis de Serroux (Sémelay), la ferme de Couveau (Larochemillay), la ferme du Martray (Sémelay).
Pour mémoire, le concours a été intégré en 2019 au Concours général agricole (CGA) afin de valoriser, tous les ans, les initiatives des agriculteurs et éleveurs mettant en place des pratiques contribuant à la préservation de la biodiversité, la qualité des paysages et la production agricole durable. En plus, du volet dédié à l'agroforesterie, une autre catégorie, créée en 2010, existe et récompense les « prairies et parcours ».
Distinctions et échanges
Ainsi, pour cette année, le 1er prix a été décerné au GAEC de Velle. La démarche de celui-ci a été saluée par le jury notamment pour son engagement de longue date ainsi que pour la complexité de son système qui fait une place de plus en plus importante au système bocager. Franck Séguinier, associé du Gaec, stipule : « Le passage des haies basses en haies hautes est un vrai enjeu pour notre territoire. [...] Je me suis engagé dans le Label Haie avec l’objectif et l’envie d’avoir 80 % de haies hautes à l’échelle de la ferme dans 10 ans. C’est un travail au long cours qui me permet d'acquérir et de mettre en avant un certain héritage d'expérience pour la sélection des arbres ». De son côté, la ferme du Matray s'est vue distinguée par le Prix de la biodiversité. Là, le jury a mis en avant son système tendant vers l’efficacité et la simplification visant, dans les deux cas, à plus de résilience. Pour cette exploitation, le jury a rappelé que « les haies soutiennent le système d’élevage en plein air intégral. Le passage des haies basses en haies hautes a été commencé il y a 25 ans par Dominique d’Été et se poursuit toujours aujourd’hui » et a ajouté : « Au-delà de l’efficacité agricole et d’une approche très favorable à la biodiversité, la ferme s'attache à préserver son territoire dans l’esthétisme du bocage, que ce soit dans un soin apporté au paysage ou celui apporté à la rénovation du bâti ancien à partir de bois produit des haies ». Pour conclure, les représentants du PNRM ont remercié toutes les fermes ainsi que les membres du jury pour leur implication dont Étienne Bourgy de la Chambre d’Agriculture de la Nièvre, pour son expertise sur l’agroforesterie, Michel Rondeau pour ses compétences sur l’agronomie et Daniel Sirugue de la Société d’Histoire naturelle d’Autun – Observatoire de la Faune de Bourgogne pour son regard naturaliste. Enfin, cette remise de prix a été l’occasion d’un échange entre les lycéens du Legta du Morvan et les agriculteurs sur les intérêts de la haie et de l’arbre dans les systèmes d’exploitation. Les discussions sur le sujet se sont poursuivies, avec d'autres agriculteurs, le 4 décembre, dans les parcelles du lauréat Franck Séguinier (Gaec de Velle).