Interprofession des vins de Bourgogne
Les multiples enjeux pour 2020
Lors de la dernière assemblée générale du BIVB, le viticulteur Frédéric Guéguen a présenté le Plan Bourgogne 2020, dans la continuité du dernier Amplitude 2015, visant à faire des vins de Bourgogne «la référence mondiale des grands vins nés de la viticulture durable». Les nouveaux objectifs sont toujours «multiples», «réalisables», mais également «fruits de compromis» entre les deux familles interprofessionnelles.
Claude Chevalier et Louis-Fabrice Latour, après avoir “échangé” leur poste respectif de président et de président délégué comme le veut les statuts du BIVB à
mi-mandat, ont tous deux commenté ce Plan 2020 comme ayant des «objectifs plus réalisables pour pouvoir communiquer» dessus, «bien construit» bien qu’il soit le «fruit d’un compromis» entre le négoce et la viticulture bourguignonne.
C’est pour autant le Chablisien, Frédéric Guéguen qui l’a officiellement présenté lors de la dernière assemblée générale à Beaune, fin décembre. Construit par les élus, ce Plan constitue en effet la feuille de route interprofessionnelle jusqu’en 2020, notamment pour la direction et les trois pôles du BIVB (Technique, Marché et Communication). Ce plan se veut toujours largement transversal en reprenant l’objectif fort de 2015. Il est axé sur le développement durable tant sur le plan économique que sur les volets sociétaux et sur la protection de l’environnement. Le tout pour «assurer la pérennité de notre vignoble mais aussi accroitre son développement et sa renommée à travers le monde». Pour cela, la stratégie choisie par l’interprofession se matérialisera par cinq projets qui feront interagir entre eux la technique, l’économie et la communication, C’est-à-dire les trois pôles du BIVB. Une première dans l’organisation du BIVB sur le papier, mais qui était déjà en partie une réalité en interne...
S’adapter aux futurs
Et le premier projet concerne directement la production et les vignerons. Quand le BIVB parle de «durabilité», il faut d’abord comprendre : «restaurer et gérer durablement le potentiel de production». Les élus ont bien conscience que pour préserver la biodiversité, il faut d’abord préserver la longévité du vignoble, et ce, en luttant notamment contre le dépérissement des vignes. Initiateur de cette prise de conscience, la Bourgogne peut toujours compter sur Michel Baldassini qui continue son travail dans les instances nationales (CNIV) sur ce sujet. En plus de l’observatoire national, des investissements seront orientés vers la recherche de nouveau “matériel végétal”. Avec les pépiniéristes, la Bourgogne entend sécuriser davantage son parc de vigne mères de greffons pour ainsi, à l’avenir, pouvoir «faire face aux changements climatiques et répondre au dépérissement du vignoble qui induisent des baisses de rendements significatives». Pinot et chardonnay sont évidemment concernés, mais gamay et aligoté ne seront pas oubliés.
Durable de bout en bout
Qui dit “référence” en matière de viticulture durable oblige aussi à être “leader” en ce qui concerne et la gestion des intrants, notamment phytosanitaires. La Bourgogne compte donc s’appuyer sur la dynamique de la lutte exemplaire contre la flavescence dorée pour l’étendre à d’autres itinéraires techniques, tel que le développement du travail du sol. Ainsi, pas de “greenwashing” à l’horizon ou de marketing d’écoblanchissement, mais bel et bien une réalité sur le terrain pour communiquer sur les efforts des professionnels. Et cet état d’esprit global commencera dès les formations initiales et continues sur les conséquences économiques des nouveaux itinéraires techniques et diverses pratiques. Ce n’est rien de moins que «l’équilibre social de notre région» qui est ainsi recherché, avec l’aide des collectivités territoriales.
Améliorer la rentabilité des régionales
La production vitivinicole étant à la base de tout mais ne faisant pas tout, le deuxième axe du Plan 2020 du BIVB est de «pérenniser les exploitations» en cherchant à «améliorer la rentabilité des régionales et villages moins connus». Le BIVB continue de travailler sur les coûts de production des itinéraires techniques pour mieux les connaître et surtout ensuite pouvoir conseiller les vignerons sur comment les maîtriser.
Plus difficile à définir, le sujet des plantations engage sur des décennies. Le BIVB espère anticiper les grandes demandes du marché national et mondial, pour tendre vers «un bon équilibre entre les blancs, les rouges et les crémants». Négoce et viticulture seront certainement amenés à en débattre… A commencer par les appellations régionales (50 % des volumes) puisque le BIVB entend «améliorer leur positionnement et accroître ainsi leur valorisation». En observant les signes positifs et porteurs, mais aussi en identifiant «les comportements destructeurs de la valeur de chaque appellation». Et le BIVB de s’intéresser prochainement à la transmission des entreprises.
Créer du lien donc de la valeur
Frédéric Guéguen présentait enfin les axes 3, 4 et 5 du Plan 2020. Mais il faut peut-être les lire à l’envers pour comprendre leurs pertinences respectives. Si l’axe 5 vise à «créer du lien» entre les professionnels, les “crus” et le BIVB pour pouvoir, ensemble, «repositionner» les vins de Bourgogne «face à des concurrents très actifs» sur les marchés (axe 3). La montée en gamme passera toujours par la qualité des vins en adéquation avec l’image «haute couture» de la Bourgogne (axe 4), qui reste la marque commune.
Le SAQ sera ainsi amené à «accompagner les viticulteurs en difficultés» avec des formations pour progresser techniquement. Y compris sur la gestion de la qualité après départ des chais ! Une traçabilité qui doit permettre de lutter aussi contre les usurpations et la contrefaçon.
Car au final, ce qui compte le plus est de «donner envie» aux consommateurs qui attendent des vins de Bourgogne la «meilleure offre plaisir/prix».
mi-mandat, ont tous deux commenté ce Plan 2020 comme ayant des «objectifs plus réalisables pour pouvoir communiquer» dessus, «bien construit» bien qu’il soit le «fruit d’un compromis» entre le négoce et la viticulture bourguignonne.
C’est pour autant le Chablisien, Frédéric Guéguen qui l’a officiellement présenté lors de la dernière assemblée générale à Beaune, fin décembre. Construit par les élus, ce Plan constitue en effet la feuille de route interprofessionnelle jusqu’en 2020, notamment pour la direction et les trois pôles du BIVB (Technique, Marché et Communication). Ce plan se veut toujours largement transversal en reprenant l’objectif fort de 2015. Il est axé sur le développement durable tant sur le plan économique que sur les volets sociétaux et sur la protection de l’environnement. Le tout pour «assurer la pérennité de notre vignoble mais aussi accroitre son développement et sa renommée à travers le monde». Pour cela, la stratégie choisie par l’interprofession se matérialisera par cinq projets qui feront interagir entre eux la technique, l’économie et la communication, C’est-à-dire les trois pôles du BIVB. Une première dans l’organisation du BIVB sur le papier, mais qui était déjà en partie une réalité en interne...
S’adapter aux futurs
Et le premier projet concerne directement la production et les vignerons. Quand le BIVB parle de «durabilité», il faut d’abord comprendre : «restaurer et gérer durablement le potentiel de production». Les élus ont bien conscience que pour préserver la biodiversité, il faut d’abord préserver la longévité du vignoble, et ce, en luttant notamment contre le dépérissement des vignes. Initiateur de cette prise de conscience, la Bourgogne peut toujours compter sur Michel Baldassini qui continue son travail dans les instances nationales (CNIV) sur ce sujet. En plus de l’observatoire national, des investissements seront orientés vers la recherche de nouveau “matériel végétal”. Avec les pépiniéristes, la Bourgogne entend sécuriser davantage son parc de vigne mères de greffons pour ainsi, à l’avenir, pouvoir «faire face aux changements climatiques et répondre au dépérissement du vignoble qui induisent des baisses de rendements significatives». Pinot et chardonnay sont évidemment concernés, mais gamay et aligoté ne seront pas oubliés.
Durable de bout en bout
Qui dit “référence” en matière de viticulture durable oblige aussi à être “leader” en ce qui concerne et la gestion des intrants, notamment phytosanitaires. La Bourgogne compte donc s’appuyer sur la dynamique de la lutte exemplaire contre la flavescence dorée pour l’étendre à d’autres itinéraires techniques, tel que le développement du travail du sol. Ainsi, pas de “greenwashing” à l’horizon ou de marketing d’écoblanchissement, mais bel et bien une réalité sur le terrain pour communiquer sur les efforts des professionnels. Et cet état d’esprit global commencera dès les formations initiales et continues sur les conséquences économiques des nouveaux itinéraires techniques et diverses pratiques. Ce n’est rien de moins que «l’équilibre social de notre région» qui est ainsi recherché, avec l’aide des collectivités territoriales.
Améliorer la rentabilité des régionales
La production vitivinicole étant à la base de tout mais ne faisant pas tout, le deuxième axe du Plan 2020 du BIVB est de «pérenniser les exploitations» en cherchant à «améliorer la rentabilité des régionales et villages moins connus». Le BIVB continue de travailler sur les coûts de production des itinéraires techniques pour mieux les connaître et surtout ensuite pouvoir conseiller les vignerons sur comment les maîtriser.
Plus difficile à définir, le sujet des plantations engage sur des décennies. Le BIVB espère anticiper les grandes demandes du marché national et mondial, pour tendre vers «un bon équilibre entre les blancs, les rouges et les crémants». Négoce et viticulture seront certainement amenés à en débattre… A commencer par les appellations régionales (50 % des volumes) puisque le BIVB entend «améliorer leur positionnement et accroître ainsi leur valorisation». En observant les signes positifs et porteurs, mais aussi en identifiant «les comportements destructeurs de la valeur de chaque appellation». Et le BIVB de s’intéresser prochainement à la transmission des entreprises.
Créer du lien donc de la valeur
Frédéric Guéguen présentait enfin les axes 3, 4 et 5 du Plan 2020. Mais il faut peut-être les lire à l’envers pour comprendre leurs pertinences respectives. Si l’axe 5 vise à «créer du lien» entre les professionnels, les “crus” et le BIVB pour pouvoir, ensemble, «repositionner» les vins de Bourgogne «face à des concurrents très actifs» sur les marchés (axe 3). La montée en gamme passera toujours par la qualité des vins en adéquation avec l’image «haute couture» de la Bourgogne (axe 4), qui reste la marque commune.
Le SAQ sera ainsi amené à «accompagner les viticulteurs en difficultés» avec des formations pour progresser techniquement. Y compris sur la gestion de la qualité après départ des chais ! Une traçabilité qui doit permettre de lutter aussi contre les usurpations et la contrefaçon.
Car au final, ce qui compte le plus est de «donner envie» aux consommateurs qui attendent des vins de Bourgogne la «meilleure offre plaisir/prix».