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Sanitaire

Les jeunes animaux en première ligne face à la canicule

Avec les fortes chaleurs arrivées précocement cette année, les éleveurs doivent redoubler de vigilance. Dès 20 à 22 °C, les veaux peuvent subir un stress thermique susceptible d'altérer leur croissance et leur état sanitaire. Une situation qui favorise également l'apparition de diarrhées, avec des conséquences économiques parfois importantes. 

Par Alexandre Coronel
Les jeunes animaux en première ligne face à la canicule
Les jeunes animaux sont encore plus sensibles au stress thermique que les adultes. Ils requièrent une vigilance redoublée.

On associe souvent le stress thermique aux épisodes caniculaires. Pourtant, chez les jeunes animaux, les premiers effets apparaissent dès que les températures dépassent 20 à 22 °C, en particulier dans les bâtiments peu ventilés. Les vagues de chaleur du début de l'été sont souvent les plus pénalisantes, les animaux n'étant pas encore acclimatés aux fortes températures. Face à la chaleur, le veau modifie son comportement afin de limiter sa production de chaleur corporelle. Son métabolisme ralentit, son appétit diminue et sa fréquence respiratoire augmente. La consommation d'eau, en revanche, progresse fortement afin de compenser les pertes liées à la thermorégulation. Cette baisse d'ingestion concerne surtout les aliments solides. Or, une consommation insuffisante de concentrés ou de fourrages peut retarder le développement du rumen et pénaliser la croissance des jeunes animaux. 

Un risque accru de diarrhées

Les conséquences du coup de chaud ne sont pas seulement directes. Les températures élevées créent également un environnement favorable à la multiplication des bactéries dans le lait, les seaux, les tétines ou les équipements d'allaitement insuffisamment nettoyés entre deux repas. Le risque de troubles digestifs augmente alors sensiblement, notamment sous forme de diarrhées néonatales. La vigilance sur l'hygiène du matériel, le renouvellement fréquent de l'eau de boisson et la qualité de conservation du lait ou de la poudre de lait deviennent essentielles pendant les périodes chaudes. Au-delà de l'impact sanitaire, les conséquences économiques sont loin d'être négligeables. Une diarrhée est estimée à environ 40 euros par veau, sans compter les pertes liées à une éventuelle mortalité, au ralentissement de croissance ou aux interventions vétérinaires complémentaires. L'accès permanent à une eau propre et fraîche, l'amélioration de la ventilation des bâtiments et le respect rigoureux des protocoles de nettoyage constituent les principaux leviers pour limiter les effets des fortes chaleurs sur les jeunes animaux. Dans un contexte où les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents, ces mesures préventives prennent une importance croissante dans la conduite des élevages.

Des appli pour suivre le stress thermique

Longtemps, les éleveurs se sont fiés à leur observation du troupeau pour évaluer l'impact de la chaleur sur les animaux. Une méthode qui reste indispensable, mais qui peut désormais être complétée par des outils numériques basés sur des paramètres objectifs. Le plus répandu est le THI (Temperature Humidity Index), ou indice de confort thermique animal. Il combine la température et l'humidité relative de l'air afin d'estimer le niveau de stress ressenti par les animaux. Certaines applications intègrent d'autres paramètres météorologiques, comme la vitesse du vent ou le rayonnement solaire. L'intérêt de cet indice est de dépasser la simple lecture du thermomètre. Une température de 25 °C associée à une forte humidité peut être plus pénalisante pour les animaux qu'une température plus élevée dans un air sec. Le THI permet d'obtenir une vision plus réaliste des conditions réellement vécues par le troupeau. La plupart des applications proposent un suivi en temps réel du THI, mais aussi des prévisions sur plusieurs jours. Des systèmes d'alerte avertissent l'éleveur lorsque certains seuils critiques sont atteints. Selon les références couramment utilisées, un THI inférieur à 68 correspond à une situation confortable, tandis qu'au-delà de 72, les premiers signes de stress thermique peuvent apparaître. Les niveaux supérieurs à 80 nécessitent une vigilance accrue. Ces outils ne remplacent pas l'observation des animaux, mais ils peuvent aider à anticiper certaines mesures : mise à disposition d'eau supplémentaire, amélioration de la ventilation des bâtiments, recours à des brumisateurs ou adaptation des horaires de distribution de l'alimentation.