Les moutonniers sont convoqués
Le syndicat d'élevage ovin se réunit en assemblée générale ce vendredi à Alise-Sainte-Reine. Nous avons échangé en amont avec le président et un nouvel adhérent.
Méfiez-vous des jeunes de 7 ou 8 ans qui font du vélo devant votre ferme, ils pourraient avoir l'idée de s'y installer un jour ! C'est un peu ce qui s'est passé avec Valentin Viard, qui venait passer ses vacances chez ses grands-parents à Marcilly-Ogny et qui descendait à chaque fois devant la ferme de Jean-Luc Barberet. Ce jeune homme aujourd’hui âgé de 22 ans avait fait son apprentissage dans ce même élevage, dans le cadre d'un BTS Acse suivi à Châteaufarine. Après l'obtention de son diplôme et une expérience de trois mois en Nouvelle-Zélande (où il a notamment travaillé dans un élevage de 8 000 brebis), Valentin Viard s'est installé le 1er janvier 2025 et compte aujourd'hui 350 charollaises croisées Texel à son nom. Ce petit-fils d'agriculteur a aussitôt intégré le syndicat d'élevage ovin dans le but d'apprendre, progresser et faire partie d'un collectif : « Peu de monde se lance en moutons, donc autant être réunis et soudés tous ensemble ! Cela est d'autant plus important pour faire face aux différents enjeux de notre profession, je pense notamment à la prédation ». Le nouveau venu dans le monde des moutonniers fait également partie des JA de Pouilly-en-Auxois et du Geda de l'Auxois, groupement dans lequel il vient même de succéder à Matthieu Saulgeot au poste de président.
Déjà vacciné
Vivre une telle sécheresse pour seulement sa deuxième année d'installation est forcément une expérience qui « marque » : « alors là, c'est sûr, je suis fixé, je sais comment ça se passe maintenant ! Oui, c'est beaucoup de temps et d'énergie. Les brebis sont folles de ne pas voir ni manger d'herbe verte, elles tentent souvent d'aller voir ailleurs en tapant contre les grillages mais tout est grillé partout, depuis très longtemps ». Valentin Viard donne du foin depuis fin juillet : « il en restait de 2024, la récolte avait été abondante bien que la qualité ne fût pas là. J'ai aussi donné du foin de l'année dernière. Les stocks devraient suffire pour aller au bout, mais il ne restera absolument rien ». Par chance, ses parcelles sont toutes pourvues de points d'eau qui « donnent encore » : « le débit diminue progressivement mais ça continue de couler, heureusement. Je complète chaque matin en transportant une tonne d'eau ».
Commerce et repro
L'éleveur vend ses animaux à la SARL Auburtin, basée dans les Deux-Sèvres et dans la Vienne. D'après ses échos, les cours qui sont actuellement à 8 euros/kg devraient légèrement remonter vers la mi-octobre : « beaucoup de moutons se sont retrouvés sur le marché à cause de la sécheresse, la situation devrait se décanter ces prochaines semaines. Du moins, c'est ce que j'ai entendu dire ». Le Côte-d'orien fait agneler en mars avril, avec une mise au bélier à partir du 10 octobre : « je commence de mieux soigner les brebis en leur donnant des céréales. Comme tous les éleveurs, j'attends la pluie et un reverdissement des prairies, elle se préparerait beaucoup mieux dans des conditions normales ! ».
Conjoncture
Les éleveurs parleront à coup sûr de la sécheresse cet après-midi. « La situation est vraiment inédite, c'est très dur pour tout le monde », déplore le président Julien Pané. En plus des contraintes liées à l'alimentation et à l'eau, l'éleveur de Dampierre-en-Montagne redoute des conséquences sur la reproduction : « d'ordinaire je préfère tenir un discours positif mais il est très difficile de le faire en ce moment… Il ne faut pas avoir peur de le dire : l'agriculture traverse une crise de grande ampleur. Les difficultés sont très variables selon les exploitations mais elles sont là. Les pertes et les surcoûts, notamment alimentaires et même les charges en général sont considérables. Tous ceux qui engraissent généralement leurs agneaux à l'herbe n'ont pas pu le faire, il faut acheter de l'aliment et allonger les périodes d'engraissement. Pour les brebis qui sont actuellement en lutte, on ne peut pas dire que le contexte est idéal… En ce qui concerne le sanitaire, il y a toujours contrecoups de la FCO et rien ne dit que nous n'avons pas eu de passages d'insectes cet été. Pour le loup, il y a peut-être un peu moins de casse que les dernières années mais c'est toujours une grosse problématique, nous attendons toujours des avancées de la part du gouvernement. Les cours ? Après un effondrement il y a quelques mois, ils sont revenus légèrement au-dessus des 8 euros/kg ». Julien Pané et son équipe sonderont les adhérents sur les prochaines journées techniques qui seront organisées par le syndicat : « notre collectif est là pour répondre aux besoins du terrain, c'est un super outil à utiliser et à pérenniser ! Cette année, nous nous sommes réunis autour de la conduite des béliers puis sur les problèmes de pattes chez les ovins. Toutes les bonnes idées seront les bienvenues lors de nos échanges de ce 25 septembre ».