Élections européennes
Les enjeux du prochain scrutin
Les prochaines élections européennes vont être la clé de multiples enjeux dont la future Pac, que beaucoup d’acteurs européens majeurs souhaiteraient orienter vers une renationalisation. Un écueil non négligeable, alors que l’Europe a besoin de toute sa cohésion pour maintenir sa puissance économique face au multilatéralisme échevelé enclenché par les grandes puissances.
La Pac actuelle moribonde pourrait bien renaître de ses cendres à la faveur des résultats du prochain scrutin européen. À moins que la redistribution des cartes entre les pays et les partis européens ne lui donne une nouvelle orientation. Entre libéralisme total et volonté plus protectionniste, les États membres se trouvent partagés entre le camp des pays du Nord (Pays-Bas, Danemark, Irlande et… encore le Royaume-Uni) et celui des pays du Sud (dont la France), inquiets des coups de boutoirs des géants que sont les États-Unis, la Chine et d’autres émergents très agressifs sur tous les marchés et avides de pousser leurs avantages tout en se livrant à une guerre économique ouverte.
Éviter le scénario du pire
Depuis l’échec du cycle de Doha qui a, de fait, enterrer l’OMC, les relations commerciales internationales sont très perturbées et les grands blocs en profitent pour élargir les brèches et imposer leurs propres règles. De façon déterminée et brutale comme Trump, le président des États-Unis, ou de façon tout aussi déterminée mais plus insidieuse comme la Chine, qui met tout en œuvre pour rallier certains membres de l’UE, comme l’Italie, à son grand projet économique et hégémonique de la Route de la soie. Elle pourait ainsi saper de l’intérieur la puissance économique de l’Europe qui ne repose que sur l’unité des États Membres et leur capacité de résistance au chant des sirènes.
Observateur d’un jeu européen de plus en plus complexe, Jean-Pierre Fleury veut alerter sur les ambitions de « ces deux acteurs majeurs que sont les États-Unis et la Chine et qui s’emploient à définir un nouvel ordre mondial. Face à cela, nous n’avons pas d’autre choix que de renforcer l’Europe ». Ce qui suppose de reposer le sujet de sa gouvernance et celle de ses moyens « pour conserver sa puissance exportatrice », avec un impératif subsidiaire « éviter à tout prix une renationalisation de la Pac qui s’imposerait comme le pire des scénarios pour l’agriculture française et notre indépendance alimentaire ».
C’est ainsi que les premières conséquences du Ceta et d’autres accords internationaux témoignent aujourd’hui d’une « certaine naïveté » de la part de la commission européenne face à des négociateurs qui ont su dissimuler leurs cartes et les abattre au bon moment. Mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé en même temps que l’eau du bain, le bébé peut grandir et se renforcer pourvu qu’on lui en donne les moyens. À condition donc que les élus européens qui sortiront des urnes ne soient pas uniquement là pour renforcer leur statut national. « L’Europe, » affirme Jean-Pierre Fleury, « c’est un travail à temps plein, il ne suffit pas de s’y intéresser au moment des élections, il faut s’y investir totalement, initier des alliances, développer les échanges, construire un vrai projet… ».
Et c’est là que le bât blesse, car l’Europe est en panne de projet commun, la PAC restant la seule politique économique commune… encore bien ébranlée par les divergences de vues entre États membres.
Viser l’unité de l’Europe et dépasser les clivages nationaux
Les grands sujets ne manquent pas pourtant pour forger une Europe, politique, sociale et fiscale. Mais les distorsions de concurrence issues d’une Pac inachevée et d’une Europe en déséquilibre, minée par la montée des populismes, ne jouent pas en faveur d’une reconstruction de l’esprit européen. Jean-Pierre Fleury considère donc que « nous sommes à la croisée des chemins et dans l’obligation de redéfinir un idéal européen autour d’une dynamique de projets et non de contraintes ».
C’est pour cette raison qu’il ne faut pas sous-estimer les conséquences des prochaines élections européennes en les liant uniquement à des enjeux nationaux. Le monde avance plus vite que l’Europe, empêtrée dans ses contradictions et ses dissensions. Le prochain scrutin sera donc décisif pour la cohésion européenne et la survie d’un modèle certes « imparfait et inachevé », mais seul garant de l’indépendance économique des pays qui la composent et de la stabilité de ses territoires.
Éviter le scénario du pire
Depuis l’échec du cycle de Doha qui a, de fait, enterrer l’OMC, les relations commerciales internationales sont très perturbées et les grands blocs en profitent pour élargir les brèches et imposer leurs propres règles. De façon déterminée et brutale comme Trump, le président des États-Unis, ou de façon tout aussi déterminée mais plus insidieuse comme la Chine, qui met tout en œuvre pour rallier certains membres de l’UE, comme l’Italie, à son grand projet économique et hégémonique de la Route de la soie. Elle pourait ainsi saper de l’intérieur la puissance économique de l’Europe qui ne repose que sur l’unité des États Membres et leur capacité de résistance au chant des sirènes.
Observateur d’un jeu européen de plus en plus complexe, Jean-Pierre Fleury veut alerter sur les ambitions de « ces deux acteurs majeurs que sont les États-Unis et la Chine et qui s’emploient à définir un nouvel ordre mondial. Face à cela, nous n’avons pas d’autre choix que de renforcer l’Europe ». Ce qui suppose de reposer le sujet de sa gouvernance et celle de ses moyens « pour conserver sa puissance exportatrice », avec un impératif subsidiaire « éviter à tout prix une renationalisation de la Pac qui s’imposerait comme le pire des scénarios pour l’agriculture française et notre indépendance alimentaire ».
C’est ainsi que les premières conséquences du Ceta et d’autres accords internationaux témoignent aujourd’hui d’une « certaine naïveté » de la part de la commission européenne face à des négociateurs qui ont su dissimuler leurs cartes et les abattre au bon moment. Mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé en même temps que l’eau du bain, le bébé peut grandir et se renforcer pourvu qu’on lui en donne les moyens. À condition donc que les élus européens qui sortiront des urnes ne soient pas uniquement là pour renforcer leur statut national. « L’Europe, » affirme Jean-Pierre Fleury, « c’est un travail à temps plein, il ne suffit pas de s’y intéresser au moment des élections, il faut s’y investir totalement, initier des alliances, développer les échanges, construire un vrai projet… ».
Et c’est là que le bât blesse, car l’Europe est en panne de projet commun, la PAC restant la seule politique économique commune… encore bien ébranlée par les divergences de vues entre États membres.
Viser l’unité de l’Europe et dépasser les clivages nationaux
Les grands sujets ne manquent pas pourtant pour forger une Europe, politique, sociale et fiscale. Mais les distorsions de concurrence issues d’une Pac inachevée et d’une Europe en déséquilibre, minée par la montée des populismes, ne jouent pas en faveur d’une reconstruction de l’esprit européen. Jean-Pierre Fleury considère donc que « nous sommes à la croisée des chemins et dans l’obligation de redéfinir un idéal européen autour d’une dynamique de projets et non de contraintes ».
C’est pour cette raison qu’il ne faut pas sous-estimer les conséquences des prochaines élections européennes en les liant uniquement à des enjeux nationaux. Le monde avance plus vite que l’Europe, empêtrée dans ses contradictions et ses dissensions. Le prochain scrutin sera donc décisif pour la cohésion européenne et la survie d’un modèle certes « imparfait et inachevé », mais seul garant de l’indépendance économique des pays qui la composent et de la stabilité de ses territoires.