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Lutte contre le gel

Investir pour faire de belles vendanges

Depuis deux semaines, les viticulteurs luttent, avec de nombreux moyens de protection, pour que leurs vignes les plus prometteuses soient préservées du gel nocturne. Témoignage d'un viticulteur.

Par Charlotte Sauvignac
Investir pour faire de belles vendanges
FDSEA
Dans certains secteurs comme Beine, Maligny ou Chablis, l'aspersion est une méthode de lutte antigel efficace pour préserver les vignes du gel.

En ce début d'année, le climat doux a été favorable « au développement précoce de la végétation. Par rapport à l'an dernier, la végétation de nos vignes est en avance de trois semaines », constate Rémy Collon, viticulteur au domaine Collon à Fleys. Malheureusement, le 15 mars dernier, la température a chuté brutalement, provoquant des dégâts dans les vignes. Toutefois les « dégâts n'ont pas encore été estimés par des experts », convient-il. Pris par surprise, les viticulteurs icaunais, à l'instar du domaine Collon, ont donc utilisé des outils pour protéger leurs vignes. Situé dans une zone qui ne contient pas de bassins, le domaine Collon ne peut pas utiliser l'aspersion comme méthode de lutte contre le gel, contrairement aux vignobles de Chablis, Maligny ou encore de Beine. Au Domaine Collon, la lutte contre le gel fait appel aux câbles chauffants. Ces derniers sont installés sur les vignes et sont utiles et actifs jusqu'à une température de moins 10 degrés. « Le câble est à température positive, protège les baguettes et les bourgeons sur gel », précise à son tour Rémy Collon.

Un mois à tenir

Il y a sept ans, c'est sur près de deux hectares en appellation Chablis que le domaine Collon a décidé « d'investir dans l'installation de câbles chauffants, pour un coût, à l'époque, de 30 000 euros de l'hectare ». À ce jour, le prix d'installation a doublé. « Nous avons été les premiers à en mettre en place dans le vignoble chablisien. Aujourd'hui, nous trouvons que c'est l'une des solutions les plus rentables », commente-t-il. Les bougies, solutions largement utilisées dans la lutte contre le gel, sont désormais à « 13 euros l'unité ». « Sachant que les viticulteurs en mettent 300 à l'hectare… une belle soirée de gel peut vite coûter jusqu'à 5 400 euros ». En parallèle, le domaine Collon a décidé cette année d'investir dans une chaudière au fioul. L'objectif de cette installation est d'alimenter des souffleurs qui diffusent de l’air chaud dans les rangs de vigne. Cela permet de gagner 1 à 3 degrés. Dans un contexte actuel d'augmentation des prix du gazole non routier (GNR), Rémy Collon explique « avoir investi en fin d'année dernière dans cet outil et dans le GNR », lui permettant d'éviter « une hausse significative des charges ». En utilisant ces deux systèmes de protection, le domaine « souhaite se donner toutes les chances de réaliser de bonnes vendanges, malgré des pertes ». Dans cette situation délicate pour les viticulteurs, Rémy Collon révèle faire confiance à la parole des anciens, qui est « d'attendre les saints de glace, prévus du 11 au 13 mai prochain » afin d'être davantage serein pour l'année.