Lait
Les éleveurs intensifient la pression en France et en Europe
En réaction à une baisse sans précédent du prix du lait, la forte mobilisation nationale du 19 mai a produit ses effets et dans la foulée le gouvernement a nommé deux médiateurs. Pour maintenir la pression et ramener les industriels à la table des négociations, les organisations professionnelles (FNSEA, FNPL, JA) ont décrété une «journée blanche» le 25 mai. Avec la réunion de l'interprofession prévue le 28 mai, la pression s'intensifie pour sortir de la crise.
La pression des producteurs français a été suffisamment forte la semaine passée pour amener le gouvernement à chercher rapidement une sortie de crise. Dès le 19 mai, journée de forte mobilisation nationale dans tous les départements, le gouvernement a nommé deux médiateurs afin «de renouer les fils du dialogue interprofessionnel». Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, reçu le lendemain par le ministre de l'Agriculture, espérait que ces médiateurs ne se contenteraient pas [I]«de parlottes»[i] mais permettraient de [I]«mettre en place les conditions d'une négociation dans les régions permettant de déboucher sur l'élaboration et la diffusion d'éléments entrant dans la composition du prix du lait pour le 2ème semestre»[i].
L'interprofession laitière réunie le 28 mai à Paris
Cette nomination de médiateurs a été bien accueillie, mais le souhait de toutes les instances professionnelles et de la FNPL en particulier, consistait surtout à replacer «l'interprofession nationale au coeur des débats».
Ce sera chose faite le 28 mai, puisque le président du Cniel, Henri Brichart, également président de la FNPL, a convoqué une réunion à Paris de l'interprofession laitière. Une réunion destinée en priorité «à rechercher des solutions permettant de sortir de la crise actuelle». En l'absence d'une réponse européenne adaptée, qui était pourtant fort attendue par les éleveurs et sollicitée par le ministre de l'Agriculture, cette réunion apparaît bien comme une ultime chance de dénouer l'écheveau compliqué de la crise laitière.
Mariann Fischer Boel s'est montrée intransigeante le 25 mai dernier, à l'occasion de la réunion des ministres de l'Agriculture, en refusant toute intervention et tentative de régulation des marchés. Mais ce même jour, face à la pression des producteurs qui s'était exprimée à Bruxelles, où des centaines de manifestant venus des quatre coins de l'Europe avaient fait mouvement, la Commission européenne s'est résolue à faire un geste. Le paiement des aides directes va ainsi être anticipé pour tous les producteurs. 70% des aides directes pourront être versés au 16 octobre au lieu de décembre . A ce petit coup de pouce à la trésorerie des exploitations, s'ajouteront au-delà de la fin août, des aides au stockage privé et éventuellement l'intervention publique dans le secteur du beurre. Ces deux mesures combinées ont déjà permis depuis le début de l'année de retirer 160 000 tonnes du marché.
[INTER]Pas de réel changement de cap[inter]
En revanche, Mariann Fisher Boel n'est pas du tout prête à réactiver le régime des ventes à bas prix de lait écrémé en poudre pour l'alimentation animale, comme l'avaient demandé la France et l'Allemagne. Une mesure jugée trop coûteuse. De même, il ne faut pas s'attendre à une hausse des aides à l'exportation. Le ministre français de l'Agriculture estime donc que «ces premier pas ne sont pas à la hauteur des défis». Car rien ne devrait fondamentalement changer dans la gouvernance du secteur laitier. Alors que la France, l'Allemagne et l'Autriche avaient demandé l'avancement de la date du rapport sur la situation du marché laitier, prévu avant la fin de l'année 2010, Mme Fischer Boel va seulement présenter une note trimestrielle sur la situation du marché laitier, lors du prochain Conseil agricole en juin à Luxembourg.
[G][INTER] Régression sur les marchés[inter][g]
Les chiffres de la collecte laitière accusent une baisse de 8% au premier trimestre, par rapport à la même période de 2008. Pour les experts de FranceAgrimer ce résultat s'explique surtout par la démoralisation des éleveurs. L'augmentation de 3% des abattages de gros bovins, avec l'accroissement des réformes de vaches, traduit aussi le coup de blues de la profession.
La situation du marché n'est pas plus brillante, la régression est partout : les laits conditionnés régressent de 8,5%, la production de yaourts stagne (+0,5%), celle des fromages est en baisse de 4,4%, les fabrications de poudres de lait écrémé se réduisent de 6,6% et celles de beurre de 0,4%.
Cette situation pourrait encourager un redémarrage des prix, mais à condition que le marché mondial évolue aussi à la baisse. Et en attendant des perspectives plus encourageantes, les éleveurs cumulent l'impact d'une baisse des prix avec celui d'une baisse des volumes.
[INTER][G]Rendre à César...[g][inter]
Le gouvernement n'est pas étranger à ces tensions qui minent la filière, bien au contraire. Tout a commencé au printemps 2008, avec la décision de libéraliser le prix du lait, ce qui a mis fin au système des recommandations nationales trimestrielles, élaborées au sein de l'interprofession entre producteurs et transformateurs laitiers. La dénonciation par la DGCCRF de ces accords jugés illicites a fait le reste et fini par obliger l'interprofession à jouer les utilités. Avec les conséquences que l'on connaît pour les producteurs, quand les industriels se sont engouffrés dans la brêche ouverte...
L'interprofession laitière réunie le 28 mai à Paris
Cette nomination de médiateurs a été bien accueillie, mais le souhait de toutes les instances professionnelles et de la FNPL en particulier, consistait surtout à replacer «l'interprofession nationale au coeur des débats».
Ce sera chose faite le 28 mai, puisque le président du Cniel, Henri Brichart, également président de la FNPL, a convoqué une réunion à Paris de l'interprofession laitière. Une réunion destinée en priorité «à rechercher des solutions permettant de sortir de la crise actuelle». En l'absence d'une réponse européenne adaptée, qui était pourtant fort attendue par les éleveurs et sollicitée par le ministre de l'Agriculture, cette réunion apparaît bien comme une ultime chance de dénouer l'écheveau compliqué de la crise laitière.
Mariann Fischer Boel s'est montrée intransigeante le 25 mai dernier, à l'occasion de la réunion des ministres de l'Agriculture, en refusant toute intervention et tentative de régulation des marchés. Mais ce même jour, face à la pression des producteurs qui s'était exprimée à Bruxelles, où des centaines de manifestant venus des quatre coins de l'Europe avaient fait mouvement, la Commission européenne s'est résolue à faire un geste. Le paiement des aides directes va ainsi être anticipé pour tous les producteurs. 70% des aides directes pourront être versés au 16 octobre au lieu de décembre . A ce petit coup de pouce à la trésorerie des exploitations, s'ajouteront au-delà de la fin août, des aides au stockage privé et éventuellement l'intervention publique dans le secteur du beurre. Ces deux mesures combinées ont déjà permis depuis le début de l'année de retirer 160 000 tonnes du marché.
[INTER]Pas de réel changement de cap[inter]
En revanche, Mariann Fisher Boel n'est pas du tout prête à réactiver le régime des ventes à bas prix de lait écrémé en poudre pour l'alimentation animale, comme l'avaient demandé la France et l'Allemagne. Une mesure jugée trop coûteuse. De même, il ne faut pas s'attendre à une hausse des aides à l'exportation. Le ministre français de l'Agriculture estime donc que «ces premier pas ne sont pas à la hauteur des défis». Car rien ne devrait fondamentalement changer dans la gouvernance du secteur laitier. Alors que la France, l'Allemagne et l'Autriche avaient demandé l'avancement de la date du rapport sur la situation du marché laitier, prévu avant la fin de l'année 2010, Mme Fischer Boel va seulement présenter une note trimestrielle sur la situation du marché laitier, lors du prochain Conseil agricole en juin à Luxembourg.
[G][INTER] Régression sur les marchés[inter][g]
Les chiffres de la collecte laitière accusent une baisse de 8% au premier trimestre, par rapport à la même période de 2008. Pour les experts de FranceAgrimer ce résultat s'explique surtout par la démoralisation des éleveurs. L'augmentation de 3% des abattages de gros bovins, avec l'accroissement des réformes de vaches, traduit aussi le coup de blues de la profession.
La situation du marché n'est pas plus brillante, la régression est partout : les laits conditionnés régressent de 8,5%, la production de yaourts stagne (+0,5%), celle des fromages est en baisse de 4,4%, les fabrications de poudres de lait écrémé se réduisent de 6,6% et celles de beurre de 0,4%.
Cette situation pourrait encourager un redémarrage des prix, mais à condition que le marché mondial évolue aussi à la baisse. Et en attendant des perspectives plus encourageantes, les éleveurs cumulent l'impact d'une baisse des prix avec celui d'une baisse des volumes.
[INTER][G]Rendre à César...[g][inter]
Le gouvernement n'est pas étranger à ces tensions qui minent la filière, bien au contraire. Tout a commencé au printemps 2008, avec la décision de libéraliser le prix du lait, ce qui a mis fin au système des recommandations nationales trimestrielles, élaborées au sein de l'interprofession entre producteurs et transformateurs laitiers. La dénonciation par la DGCCRF de ces accords jugés illicites a fait le reste et fini par obliger l'interprofession à jouer les utilités. Avec les conséquences que l'on connaît pour les producteurs, quand les industriels se sont engouffrés dans la brêche ouverte...