Agriculture biologique
Les débouchés sont là, les défis aussi...
Jusqu’à quand la dynamique bio va-t-elle se poursuivre ? Du champ à l’assiette tous les indicateurs sont au vert, mais la filière forte de son succès va être confrontée aux défis du changement d’échelle : équilibre et transparence du marché, organisation des filières, animation territoriale, Pac post 2020.
Avec 21 nouvelles fermes bio par jour depuis le début de l’année (soit 3 900 nouveaux agriculteurs installés en bio depuis janvier), l’agriculture biologique continue de séduire, surtout en cette période difficile pour la plupart des productions. Le nombre total de producteurs engagés en bio s’élevait ainsi à 31 880 fin juin 2016, ce qui représente 7,2 % des exploitations françaises et 10 % des emplois agricoles. L’Agence Bio, qui a présenté le 21 septembre ces premiers chiffres pour 2016, estime que la Surface agricole utile (SAU) française bio devrait approcher 5,8 %, soit plus d’1,5 million d’hectares en 2016. Les engagements sont plus nombreux dans la filière laitière (562 éleveurs supplémentaires au premier semestre 2016), les grandes cultures (740 nouveaux producteurs) et l’élevage allaitant (394 nouveaux éleveurs), mais la viticulture et le maraîchage progressent également. Le nombre de producteurs bio, toutes filières confondues, a ainsi augmenté de 10 % au premier semestre 2016 (contre 8 % l’année précédente). La région Occitanie est la première en nombre de producteurs bio (7 204), suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (4 719) et Nouvelle Aquitaine (4 637). La façade Ouest affiche aussi un fort dynamisme lié à l’engagement des producteurs de lait, note l’Agence bio qui prévoit une augmentation de 30 % de la collecte de lait bio d’ici 2018. L’Agence bio appelle pour sa part à un développement “maîtrisé et équilibré” pour négocier ce changement d’échelle et relever les défis qui attendent la filière.
Éviter les déséquilibres et accompagner la filière
La vague de conversion va nécessiter de relever de nombreux défis comme la maîtrise du marché, un des points clés étant l’adéquation entre l’offre et la demande pour éviter les déséquilibres et les risques de recours aux importations ou de voir chuter les prix. Autre défi, le financement de l’animation des territoires pour répondre aux besoins grandissants, alors que les financement régionaux s’épuisent. Globalement le sort des crédits nationaux (État, Régions, Départements) préoccupe la filière bio, mais à moyen terme il s’agit aussi de positionner les productions bio dans le cadre renouvelé d’une post-Pac 2020 qui prendrait en compte les services rendus par cette agriculture à la société.
Enfin, en grandes cultures, un des défis posés est le développement du stockage pour les coopératives. Les coopératives représentent 75 à 80% de la collecte de céréales bio et pour répondre à l’augmentation des surfaces comme à celle de la demande il faut des équipements dédiés au stockage comme au triage des productions bio.
Une progression à deux chiffres sur certains produits
Ce développement, accentué en 2015 et 2016, est tiré par la consommation de produits bio qui, avec un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros, a progressé de 20 % depuis début 2016, par rapport à la même période en 2015. D’après le dernier baromètre Agence Bio / CSA, 89 % des Français ont déclaré avoir consommé bio au moins occasionnellement en 2015, contre 54 % en 2003, et 65 % au moins une fois par mois, contre 49 % en 2014 et 37 % en 2003. La tendance devrait se confirmer dans les années à venir puisque 93 % de personnes interrogées ont l’intention de maintenir ou augmenter leur consommation de produits bio. En ce qui concerne les achats, la croissance est plus soutenue dans les magasins spécialisés (+25 %), mais les grandes surfaces ont progressé de 18 % et leurs ventes représentent 30 % de l’ensemble du marché. La progression serait la plus marquée sur les fruits et légumes (de l’ordre de 25 à 30 % supplémentaires). Une réflexion sur l’emplacement des nouveaux magasins est d’ailleurs en cours pour satisfaire au mieux la demande locale des consommateurs, et «ne pas réserver les produits bio aux urbains : il serait paradoxal que dans les campagnes on produise bio mais que l’on ne puisse pas en manger», souligne Florent Gühl, directeur de l’Agence Bio.
Plus généralement, cette croissance record incite la filière à réfléchir à son développement : ni trop lent pour éviter de devoir recourir aux importations, ni trop rapide pour éviter une chute des prix. Les perspectives d’avenir seront ainsi au cœur des 9èmes Assises de la bio qui se tiendront le 14 novembre 2016. La journée sera aussi l’occasion de lancer le travail de réflexion sur le plan Ambition Bio 2017, demandé fin août par Stéphane Le Foll à l’Agence Bio, afin de maintenir la dynamique de développement.
Éviter les déséquilibres et accompagner la filière
La vague de conversion va nécessiter de relever de nombreux défis comme la maîtrise du marché, un des points clés étant l’adéquation entre l’offre et la demande pour éviter les déséquilibres et les risques de recours aux importations ou de voir chuter les prix. Autre défi, le financement de l’animation des territoires pour répondre aux besoins grandissants, alors que les financement régionaux s’épuisent. Globalement le sort des crédits nationaux (État, Régions, Départements) préoccupe la filière bio, mais à moyen terme il s’agit aussi de positionner les productions bio dans le cadre renouvelé d’une post-Pac 2020 qui prendrait en compte les services rendus par cette agriculture à la société.
Enfin, en grandes cultures, un des défis posés est le développement du stockage pour les coopératives. Les coopératives représentent 75 à 80% de la collecte de céréales bio et pour répondre à l’augmentation des surfaces comme à celle de la demande il faut des équipements dédiés au stockage comme au triage des productions bio.
Une progression à deux chiffres sur certains produits
Ce développement, accentué en 2015 et 2016, est tiré par la consommation de produits bio qui, avec un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros, a progressé de 20 % depuis début 2016, par rapport à la même période en 2015. D’après le dernier baromètre Agence Bio / CSA, 89 % des Français ont déclaré avoir consommé bio au moins occasionnellement en 2015, contre 54 % en 2003, et 65 % au moins une fois par mois, contre 49 % en 2014 et 37 % en 2003. La tendance devrait se confirmer dans les années à venir puisque 93 % de personnes interrogées ont l’intention de maintenir ou augmenter leur consommation de produits bio. En ce qui concerne les achats, la croissance est plus soutenue dans les magasins spécialisés (+25 %), mais les grandes surfaces ont progressé de 18 % et leurs ventes représentent 30 % de l’ensemble du marché. La progression serait la plus marquée sur les fruits et légumes (de l’ordre de 25 à 30 % supplémentaires). Une réflexion sur l’emplacement des nouveaux magasins est d’ailleurs en cours pour satisfaire au mieux la demande locale des consommateurs, et «ne pas réserver les produits bio aux urbains : il serait paradoxal que dans les campagnes on produise bio mais que l’on ne puisse pas en manger», souligne Florent Gühl, directeur de l’Agence Bio.
Plus généralement, cette croissance record incite la filière à réfléchir à son développement : ni trop lent pour éviter de devoir recourir aux importations, ni trop rapide pour éviter une chute des prix. Les perspectives d’avenir seront ainsi au cœur des 9èmes Assises de la bio qui se tiendront le 14 novembre 2016. La journée sera aussi l’occasion de lancer le travail de réflexion sur le plan Ambition Bio 2017, demandé fin août par Stéphane Le Foll à l’Agence Bio, afin de maintenir la dynamique de développement.