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Travail du sol

Les clés pour réussir ses semis de colza

L’implantation réussie du colza demande de préparer correctement le lit de semence. L’objectif est d’obtenir une terre fine en surface en utilisant des outils qui ne bouleversent pas les horizons du sol.

Par Virginie Charpenet
Les clés pour réussir ses semis de colza
V. Charpenet
L’utilisation d’un déchaumeur à disques ou à dents permet d’amorcer le mélange avec la terre des résidus de la culture précédente et de créer de la terre fine.

Faut-il sortir le déchaumeur, le fissurateur ou même la charrue pour préparer son sol avant les semis de colza ? La question se pose tous les ans, mais mérite encore plus de l’être quand les sols ont souffert des intempéries. Déjà, l’implantation du colza se prépare dès la récolte. Par exemple, si elle a lieu derrière une céréale à paille, il est recommandé de retenir la hauteur de fauche la plus basse possible.

Préparer de la terre fine

La préparation du sol demande d’être soignée. « Le colza est une petite graine, il est obligatoire d’avoir une terre suffisamment fine au niveau du lit de semences pour assurer un bon contact terre-graine », explique le responsable produit chez Horsch. L’utilisation d’un déchaumeur à disques ou à dents est nécessaire pour mulcher les pailles sur une dizaine de centimètres. Des outils comme le Stell’air d’Actisol, le Finer SL de Horsch ou encore le cultivateur Teos de la société Razol permettent d’amorcer le mélange des résidus de la culture précédente et de créer de la terre fine. « L’idéal est d’utiliser un outil qui permet de travailler à une profondeur maîtrisée de 4 à 5 cm », recommande Actisol.

Le semoir direct à dents recommandé

Dans les cas où c’est possible, Michaël Geloen, ingénieur de développement chez Terres Inovia, préconise d’utiliser un semoir direct à dents. « Le passage de la dent dégage la paille de la ligne de semis et fait office de léger travail du sol, avance-t-il. Cela permet une petite minéralisation qui stimule la croissance de la plante dans sa première phase végétative ». Pour les agriculteurs équipés d’un strip-tiller et d’un semoir monograine, le travail du sol en bandes peut être une alternative intéressante au semis direct. « Le strip-till assure le nettoyage de la ligne de semis et la fissuration sans perturber l’interrang », précise Terres Inovia sur son site internet.

Le travail profond pour relancer la porosité

Pour les profils de sol compactés par les pluies et les passages d’outils dans des conditions limites d’humidité, en amont de la préparation du lit de semences, il peut être nécessaire d’effectuer un travail du sol plus en profondeur pour restaurer sa porosité. « S’il y a besoin d’un travail profond, il faut le faire le plus vite possible après la récolte du précédent », conseille Michaël Geloen. Un passage avec un outil à dents ou un labour est à adapter en fonction de la situation, notamment selon les conditions météo. « Il est conseillé d’avoir une profondeur de travail de 3 à 5 cm en dessous de la zone de tassement pour la faire éclater », précise-t-il.

Fissurer sans bouleverser les horizons du sol

L’utilisation d’un fissurateur est une possibilité. Des outils assez simples, types dents Michel, peuvent faire l’affaire. « Ils ont un bon effet de fissuration au niveau du sol, mais présentent le désavantage de créer de gros blocs de terre après le passage de la dent, obligeant à reprendre ensuite le sol pour avoir de la terre fine en surface », observe Michaël Geloen. Des outils plus récents permettent d’intervenir en profondeur sans bouleverser les horizons du sol. Horsch propose par exemple l’outil Terrano équipé de pointes dites ULD, spécialement conçues pour la fissuration.

La société Köckerling dispose aussi d’outils avec des pointes de fissuration. On peut citer le Demeter d’Actisol « qui a la capacité de fissurer le sol en profondeur sans le bouleverser », explique le constructeur. Le Cultiplow d’Agrisem permet, lui, « de soulever une bande de terre homogène tout en gardant la matière organique en surface, sans remonter de mottes sèches », précise le responsable produit de la marque. La société Evers commercialise également des solutions de fissuration. Le recours au labour est surtout justifié dans les situations de fortes infestations d’adventices. La reprise du sol sera ensuite nécessaire pour retrouver une terre fine en surface.

Intervenir sur un sol ressuyé

Quelle que soit l’intervention, il faut toujours veiller à intervenir sur un sol ressuyé et à bien le refermer ensuite. « Derrière chaque passage d’outil, il est indispensable de faire un roulage pour garder un maximum d’humidité et de fraîcheur », assure Michaël Geloen. Les outils de déchaumage comme de fissuration peuvent pour la plupart être combinés avec un rouleau à l’arrière. Le nombre de passages dépend beaucoup des conditions. Si le temps est sec, il est recommandé de les limiter au maximum. Si des pluies régulières sont au rendez-vous, « on peut se permettre plus de passages, y compris du désherbage mécanique », assure l’ingénieur de Terres Inovia. Idéalement, il est préférable d’avoir terminé la préparation du sol pour une implantation du colza fin juillet début août, afin de profiter d’éventuelles pluies après le semis qui sont favorables à la levée du colza.

Maintenir au maximum l’humidité dans les parcelles

Avant les semis de colza, il s’agit de trouver le meilleur compromis entre travail du sol et limitation de l’évaporation de l’eau, quel que soit son système. « Avec des mois de juillet et août de plus en plus secs, il est important de maintenir au maximum l’humidité dans les parcelles », souligne Michaël Geloen. Les conditions d’humidité permettent d’assurer le peuplement et une levée rapide des plantes. Bien qu’il faille éviter tout travail du sol inutile, il faudra s’assurer de sa bonne porosité : c’est nécessaire pour permettre à la racine pivotante du colza d’aller explorer le sol en profondeur, afin d’assurer le développement et la croissance de la plante à l’automne.