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Ruche en danger

Les abeilles crient famine

De nouvelles publications scientifiques émanant de l’Académie américaine des sciences, explique le déclin mondial des abeilles par le fait que les abeilles commencent trop tôt leur fonction de butineuses. C’est la faim et les parasites qui sont pointés du doigt.
Par D’après communiqué
La ruche est un grand corps malade depuis plusieurs années. Pathologies, virus, parasites, manque de biodiversité, mauvaises pratiques agricoles et apicoles... concourent à la surmortalité des abeilles. La liste des facteurs pouvant conduire à des surmortalités est longue. Si la question des pesticides est au coeur de l’action publique depuis des années, la question de l’environnement des abeilles, c’est-à-dire leur habitat et leurs ressources alimentaires, a été très peu prise en considération. Pourtant plusieurs publications s’entendent sur les mêmes conclusions : l’impact de la qualité de l’alimentation des abeilles sur leur santé se confirme.

Trop tôt sorties de la ruche
Le fait que les abeilles deviennent prématurément butineuses apparaît comme fondamental pour expliquer le déclin des abeilles et des ruches au plan mondial. Le manque de ressources en pollen et en nectar dans l’environnement et la présence de parasites font partie des facteurs qui poussent les trop jeunes abeilles à sortir de la ruche de manière prématurée, pour aller butiner. Ce phénomène conduit à un affaiblissement de la colonie et souvent à sa perte. Il est amplifié par l’absence d’une ressource minimum présente en continu : les jachères apicoles, les haies, les bandes enherbées et autres espaces offrant une matière à butiner diversifiée et suffisante en qualité comme en quantité restent nettement insuffisants pour satisfaire l’appétit des abeilles et subvenir à leurs besoins sur tout le temps de leur production...

Installer des «garde-manger»
Ces difficultés liées à la malnutrition sont aggravées par la présence d’agents pathogènes dans les ruches. Le rôle de perturbateur endocrinien joué par Nosema ceranae représente un problème majeur, d’autant que d’autres perturbateurs agissent en synergie, bouleversant ainsi l’équilibre fragile de la colonie. En l’absence de moyens de lutte efficaces, il semble évident que l’accès aux abeilles à une ressource alimentaire de qualité, diversifiée et en quantité suffisante représente une priorité. Le réseau Biodiversité des abeilles observe que lorsque l’on réussit à mettre en place un garde-manger pour les abeilles, comme une jachère apicole par exemple, le bénéfice est immédiat. Des observations ont montré que la présence d’une réserve suffisante de pollen et de nectar, sur seulement 0,5% de la zone butinée par les abeilles, permet de couvrir les 2/3 de leurs besoins nutritionnels. Ce qui plaide pour la mise en route rapide d’un vaste plan pour lutter contre la faim des abeilles.