Salon de l’agriculture
Le Salon de la colère paysanne
En inaugurant le SIA 2016, le Président Hollande s’attendait à une visite difficile. Elle le fut. Mais il a aussi rencontré les responsables professionnels agricoles, qui lui ont fait part des problèmes auxquels ils étaient confrontés.
Arrivé à 6h50 à l’entrée du hall 1, le Président de la République François Hollande, accompagné du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, a été immédiatement accueilli par les responsables de la FNSEA et des JA. Ce «comité d’accueil» symbolique a été d’abord l’occasion d’un échange sur les problématiques des exploitants agricoles et de leurs souffrances. Puis Xavier Beulin et Thomas Diemer ont remis au chef de l’État une liste de treize questions, baptisée «Questions de Paysans». Parmi elles : Quelles initiatives envisagez-vous pour relancer une politique qui soutienne l’agriculture, l’alimentation et la vitalité des territoires ruraux en Europe ? D’autres portent sur l’étiquetage «clair et loyal» de l’origine des produits, sur le rééquilibrage du rapport de force dans la chaîne alimentaire en faveur des producteurs, sur les outils de gestion des risques, sur le compte pénibilité, sur les enjeux climatiques et la gestion de l’eau...
Colère des éleveurs
Tout cela sous une banderole des JA «Pas de pays sans paysans» et un slogan lancé dans les allées par certains éleveurs : « Je ne vis de mon métier que s’il y a de l’économie avec !».
Cette première étape terminée, un cheminement de plus de cinq heures a commencé. Premiers pas dans les allées et premiers mouvements de colère à la clé lorsque le Président est arrivé à hauteur des vaches laitières exposées dans ce hall 1. Un éleveur d’Eure-et-Loir résume la situation : «À 330 euros les mille litres, on ne règle rien, à 400 euros, on peut parler de mise à niveau et à partir de 450 euros, ça commence à être viable. Il faut absolument atteindre au moins ces 400 euros. Si l’on récupère 5 centimes par litre sur la GMS et 5 centimes par litre sur les industriels, on doit pouvoir atteindre 100 euros par 1 000 litres». Avant d’ajouter que même en se regroupant, les producteurs ont bien du mal à se faire entendre des industriels et donc, pour cette raison, «il faut que les politiques nous écoutent». Sinon, «vous vous rendez compte, nous allons manger en une génération ce que nos parents ont mis plusieurs générations à construire».
La visite s’est poursuivie auprès d’éleveurs de chèvres à qui le chef de l’État a concédé qu’aujourd’hui «l’offre est supérieure à la demande, il faut donc la réorganiser et reconstruire la consommation». Nouvel arrêt auprès d’autres races à lait et nouveaux sifflets et injures avec des avis très tranchés : «On lui a dit des choses il y a trois ans; sur ces mêmes choses, rien ne s’est passé depuis» ou encore des slogans comme «Je suis éleveur, je meurs» et «Je suis le top de la qualité française mais ma passion ne suffit plus».
François Hollande s’est ensuite dirigé vers le stand Interbev où il a rencontré Jean-Pierre Fleury, président de la FNB : «Beaucoup de difficultés viennent de Bruxelles et donc le Président de la République doit porter la parole de la France pour l’ensemble de la filière bovins viande du continent pour éviter la disparition du cheptel européen. Il faut trouver des mécanismes nouveaux pour notre filière, par exemple en impliquant la Banque européenne d’investissement sur certains dossiers plutôt que de faire supporter aux États les aspects financiers».Le dossier énergies renouvelables (égalité de traitement pour le raccordement au réseau en matière de photovoltaïque), bloqué au niveau du ministère de l’Environnement actuellement a été évoqué tout comme le fait de classer la viande bovine comme produit sensible par rapport à l’Amérique latine. «Cela ne suffit pas. Car le diable se cache dans les détails et les problèmes pour nous viennent du non tarifaire, à savoir le sanitaire, l’environnement et le bien-être. Certains de ces éléments ne sont pas dans les mandats de négociations» poursuit Jean-Pierre Fleury. François Hollande a indiqué aux représentants de la FNB qu’il était prêt à revoir la LME dans le cadre de la future loi Sapin II, une information répétée auprès des dirigeants de l’Inaporc qui ont également abordé la question de l’embargo russe et de l’étiquetage.
Sur le stand de l’Odyssée végétale, François Hollande a rencontré Philippe Pinta, président de l’AGPB et d’Orama : «Nous avons fait remarquer au Président de la République que la situation économique des céréaliers était compliquée depuis trois ans de suite ; il faut arrêter les prélèvements sur nos filières». La filière a salué cependant les annonces du 17 février et notamment la baisse de 10 points de charges, avant de glisser quelques mots-clés au Président de la République : compétitivité, liberté d’entreprendre, vision stratégique à 2030-2050, simplification. «Aujourd’hui, nous sommes tout aussi en difficulté que les autres secteurs de production» a lâché Philippe Pinta.
Colère des éleveurs
Tout cela sous une banderole des JA «Pas de pays sans paysans» et un slogan lancé dans les allées par certains éleveurs : « Je ne vis de mon métier que s’il y a de l’économie avec !».
Cette première étape terminée, un cheminement de plus de cinq heures a commencé. Premiers pas dans les allées et premiers mouvements de colère à la clé lorsque le Président est arrivé à hauteur des vaches laitières exposées dans ce hall 1. Un éleveur d’Eure-et-Loir résume la situation : «À 330 euros les mille litres, on ne règle rien, à 400 euros, on peut parler de mise à niveau et à partir de 450 euros, ça commence à être viable. Il faut absolument atteindre au moins ces 400 euros. Si l’on récupère 5 centimes par litre sur la GMS et 5 centimes par litre sur les industriels, on doit pouvoir atteindre 100 euros par 1 000 litres». Avant d’ajouter que même en se regroupant, les producteurs ont bien du mal à se faire entendre des industriels et donc, pour cette raison, «il faut que les politiques nous écoutent». Sinon, «vous vous rendez compte, nous allons manger en une génération ce que nos parents ont mis plusieurs générations à construire».
La visite s’est poursuivie auprès d’éleveurs de chèvres à qui le chef de l’État a concédé qu’aujourd’hui «l’offre est supérieure à la demande, il faut donc la réorganiser et reconstruire la consommation». Nouvel arrêt auprès d’autres races à lait et nouveaux sifflets et injures avec des avis très tranchés : «On lui a dit des choses il y a trois ans; sur ces mêmes choses, rien ne s’est passé depuis» ou encore des slogans comme «Je suis éleveur, je meurs» et «Je suis le top de la qualité française mais ma passion ne suffit plus».
François Hollande s’est ensuite dirigé vers le stand Interbev où il a rencontré Jean-Pierre Fleury, président de la FNB : «Beaucoup de difficultés viennent de Bruxelles et donc le Président de la République doit porter la parole de la France pour l’ensemble de la filière bovins viande du continent pour éviter la disparition du cheptel européen. Il faut trouver des mécanismes nouveaux pour notre filière, par exemple en impliquant la Banque européenne d’investissement sur certains dossiers plutôt que de faire supporter aux États les aspects financiers».Le dossier énergies renouvelables (égalité de traitement pour le raccordement au réseau en matière de photovoltaïque), bloqué au niveau du ministère de l’Environnement actuellement a été évoqué tout comme le fait de classer la viande bovine comme produit sensible par rapport à l’Amérique latine. «Cela ne suffit pas. Car le diable se cache dans les détails et les problèmes pour nous viennent du non tarifaire, à savoir le sanitaire, l’environnement et le bien-être. Certains de ces éléments ne sont pas dans les mandats de négociations» poursuit Jean-Pierre Fleury. François Hollande a indiqué aux représentants de la FNB qu’il était prêt à revoir la LME dans le cadre de la future loi Sapin II, une information répétée auprès des dirigeants de l’Inaporc qui ont également abordé la question de l’embargo russe et de l’étiquetage.
Sur le stand de l’Odyssée végétale, François Hollande a rencontré Philippe Pinta, président de l’AGPB et d’Orama : «Nous avons fait remarquer au Président de la République que la situation économique des céréaliers était compliquée depuis trois ans de suite ; il faut arrêter les prélèvements sur nos filières». La filière a salué cependant les annonces du 17 février et notamment la baisse de 10 points de charges, avant de glisser quelques mots-clés au Président de la République : compétitivité, liberté d’entreprendre, vision stratégique à 2030-2050, simplification. «Aujourd’hui, nous sommes tout aussi en difficulté que les autres secteurs de production» a lâché Philippe Pinta.