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Coopérative Porcine

« Le porc tire son épingle du jeu »

Dans un contexte de hausse des prix de la viande de bœuf et de l'agneau, la viande porcine reste à un prix abordable. Allons dans les coulisses de cette filière d'élevage.

Par Charlotte Sauvignac
Coopérative Porcine
image générée par I.A
La filière porcine doit faire avec une réduction constatée du cheptel.

« Face à d'autres viandes dont le coût a fortement augmenté, la viande porcine reste abordable et les consommateurs en font facilement le choix. Ainsi les achats ont augmenté de 3,6 % sur les volumes de viande de boucherie, 5,7 % sur les saucisses ou 1,7 % sur le jambon entre 2024 et 2025 », introduit Philippe Chanteloube, directeur de la coopérative porcine Cyrhio, à l'occasion de l'assemblée de section, ce mercredi 22 avril à Appoigny. Cependant, cette filière se heurte, depuis plusieurs années, à une réduction du cheptel porcin de près « de 8,5 % entre 2021 et 2025 ». Entre 2000 et 2020, la filière porcine sous la coopérative Cirhyo est passée de 16 800 UGB à 8 500 UGB diminuant de 50,6 % sa capacité. Pour autant, le directeur compense en expliquant que « la diminution du cheptel global est atténuée par une augmentation de la taille des exploitations, de près de 16 % entre 2014 et 2020 ». Toutefois, cette filière est soumise à un autre facteur qui peut inquiéter : « l'enjeu du renouvellement des générations », avec une évolution de l'âge moyen du chef d'exploitant allant de 41,8 ans en 2000 à 48,8 ans en 2020. À ce jour, on comptabilise que près de « 52 % des associés des élevages ont plus de 55 ans ». La coopérative Cirhyo affirme, par conséquent que « la continuité des ateliers reste assurée pour 56 % des élevages concernés par au moins un départ d'associé, mais incertains pour 19 % d'entre eux ». La coopérative a d'ailleurs voulu aller plus loin et définir les diversités d'élevages les plus marquantes à savoir que parmi les adhérents, « nous constatons que la moyenne s'élève à 1 116 places à l'engraissement et 311 truies par élevage ». Par conséquent, le développement des exploitations se fait davantage sur « la partie gestation et sur la partie post-sevrage-engraissement ».

Un marché sur le fil

Situés dans trois secteurs : Appoigny, Montluçon et Bourg-en-Bresse, les adhérents de la coopérative Cirhyo se félicitent des résultats affichés entre la campagne 2024 et 2025, « avec une légère augmentation ( + 1,5 %) de porcs abattus ». Sur Bourg-en-Bresse (-0,3 %) et Montluçon (-0,1 %), le nombre de têtes diminue légèrement mais reste stable avec une moyenne de 596 394 têtes. Quant au secteur d'Appoigny, la filière constate une augmentation de 3 % passant de 473 810 têtes à 487 947 têtes. L'Yonne possède à ce jour « vingt-cinq élevages et 92 492 têtes, un chiffre en augmentation ». Ces données sont à relativiser avec une baisse du cheptel de truies de 1,6 %. « Avec deux années particulièrement favorables, le contexte économique n'est cependant pas très bénéfique aux éleveurs porcins, avec une marge qui se dégrade. En cause : une augmentation des coûts de production d'environ 3 % et un cadran national qui stagne depuis plusieurs mois », manifeste Noël Thuret, président de la coopérative Cirhyo. A cela s'ajoute : la baisse du taux d'autosuffisance en production porcine, une première pour la filière. « Cela signifie qu'on produit, à l'heure actuelle, moins que ce que l'on consomme. Pour entrer dans les détails : globalement, on importe 1/3 et on exporte 1/3 de ce qu'on consomme. Les produits importés sont à forte valeur ajoutée et ce qu’on exporte sont des produits à faible valeur ajoutée. Malgré cela, on a une balance commerciale déficitaire qui continue de se creuser », commente-t-il. Pour maintenir la production régionale, la coopérative Cirhyo met donc à disposition une filiale « Aide à la transmission », où déjà près de dix structures sont accompagnées. « Nous investissons dans la structure pour accompagner au fur à mesure l'exploitant à devenir autonome sur sa ferme. Par la suite, nous nous retirons petit à petit », explique pédagogiquement le directeur, Philippe Chanteloube. Cette solution peut permettre aux éleveurs de partir à la retraite de manière sereine.