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Mercosur / Ceta

Le point de rupture est atteint pour les éleveurs bovins

Un mois tout juste après les élections européennes, la Commission européenne vient de conclure un accord de libre-échange avec le Mercosur. Dans le même temps, en France, alors qu’aucune amélioration du revenu des éleveurs n’a encore été rendue possible par les Etats Généraux de l’alimentation, le Gouvernement demande une ratification express, au mois de juillet, du CETA par l’Assemblée Nationale. Ce début d’été 2019 restera, pour l’élevage français, tristement historique.
Par Communiqué FNB
Absence de concrétisation des objectifs des Etats Généraux de l’Alimentation et explosion des importations de viandes bovines ne respectant pas nos normes de production : c’est une combinaison particulièrement affligeante qui est, aujourd’hui, proposée aux éleveurs français !
La loi Egalim apportait, pourtant, deux promesses aux producteurs et aux consommateurs :
Celle d’une nouvelle construction des prix permettant une rémunération des agriculteurs à hauteur de leurs coûts de production, d’abord. Hélas, le prix payé aux éleveurs bovins viande est plus bas, cette semaine, qu’il ne l’était au lancement des Etats Généraux de l’Alimentation.

Celle d’une interdiction de commercialiser toute denrée alimentaire pour lesquelles «il a été fait usage de produits vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la règlementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même règlementation» (art. 44), ensuite. Or, c’est un nouvel accès au marché intérieur à plus de 65 000 tonnes de viandes canadiennes, issues de bovins nourris aux farines animales et aux antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance, et ne faisant l’objet d’aucune traçabilité individuelle, que l’Assemblée Nationale semble sur le point d’approuver.
Enfin, c’est un accord (basé sur un mandat de négociation de 1999 !) actant l’ouverture de ce même marché à 99 000 tonnes supplémentaires de viandes du Mercosur, dont les systèmes de production sont largement responsables de la déforestation et n’apportent aucune garantie sérieuse sur le plan sanitaire, que la Commission européenne se réjouit aujourd’hui d’annoncer !
Ceci, en dépit de l’opposition à cet accord affichée par Emmanuel Macron et son Gouvernement. Ceci, également, au mépris de tous les engagements formulés auprès des citoyens français et européens en matière de protection de l’environnement, de l’emploi et de la santé.

Pour Bruno Dufayet, Président de la Fédération Nationale Bovine: «Cette accumulation de mauvaises décisions ou marques de mépris pour les éleveurs bovins viande et le modèle de production
vertueux qu’ils s’efforcent de préserver, en France, a assez duré. Un point de rupture a été atteint. Notre exaspération et notre colère, nous allons désormais, dans les prochaines semaines et les prochains mois, fortement l’exprimer».