Le départ de Damien Brayotel marque la fin d’un chapitre syndical
Avec trois mandats à son actif, Damien Brayotel, président de la FDSEA et céréalier à Saint-Julien-du-Sault, laisse sa place. Retour sur le parcours de ce syndicaliste.
Fils d'agriculteur, Damien Brayotel a débuté par une carrière au sein de deux OPA en Picardie, où son objectif était de défendre le droit des paysans. « Dans un premier temps, j'ai travaillé dans un centre de gestion, puis à l’Adasea. C'était une interface entre les agriculteurs et l'administration. Mon rôle, à l'époque, c'était d'aider les agriculteurs à monter des dossiers en prenant en compte le jeu des financements », se souvient-il. Lorsque son père part en retraite, Damien Brayotel saisi l'opportunité de reprendre la ferme familiale. « Par mon job, je voyais les difficultés de certains jeunes pour s'installer et trouver du foncier. De mon côté, j'avais une exploitation de 110 hectares qui me tendait les bras », commente-t-il. En parallèle de son installation, Damien Brayotel remplace, pendant six mois, un professeur d'économie à la MFR de Villevallier. En arrivant dans l'Yonne, le jeune installé suit les traces de son père et s'engage rapidement dans le syndicalisme. « Mon père était syndiqué et participait régulièrement aux réunions de cantons, à l'Assemblée générale départementale et aux manifestations », se remémore-t-il, tandis que lui, décide de prendre des responsabilités, d'abord en tant que trésorier au sein des Jeunes Agriculteurs. « J'ai utilisé les compétences acquises dans mes précédents postes, notamment en centre de gestion, pour occuper le poste de trésorier. À côté de cela, je me suis engagé sur le dossier phare du syndicat : l'installation ». Damien Brayotel s'est alors posé la question suivante : « Comment sensibiliser les cédants à l'importance de transmettre leur ferme à un jeune ? ». Sa volonté a donc été d'assurer « une continuité plutôt que de céder une exploitation vouée à l'agrandissement, où la ferme disparaît. Nous souhaitons garder notre modèle de ferme familiale. Ce n'est pas parce qu'une ferme peut paraître non viable pour l'exploitant en place, qu'un jeune ne peut pas y voir l'opportunité de créer un nouveau projet par la suite ». Pour reprendre son exemple, « lorsque je me suis installé, les 110 hectares de céréales pouvaient paraître un peu limite en termes de revenus, mais en créant un atelier de productions de framboises, j'y ai trouvé mon compte ». Tous ces postes furent également une opportunité de créer des relations sociales. « En revenant dans l'Yonne, je ne connaissais pas beaucoup de monde. Le syndicalisme, c'était aussi un moyen de faire connaissance avec les collègues autour de chez moi », ajoute-t-il.
Pour une carrière viable
En 2017, Damien Brayotel devient président de la FDSEA, à la suite de Francis Lettelier. À ses débuts, il est accompagné par son équipe, Arnaud Rondeau, Gilles Robillard et Arnaud Delestre. En intégrant ces nouvelles fonctions, le céréalier souhaite s'engager sur plusieurs volets, dont « le renouvellement des générations ou encore la lutte pour un revenu juste ». « Ce combat ne date pas d'hier, il est permanent. Lorsque l'on se bat pour le revenu, cela intègre la défense de nos moyens de production et la lutte contre l'explosion des charges. Aujourd'hui encore, on se bat en permanence contre une administration et des politiques qui marchent sur la tête. C'est un combat permanent pour conserver nos moyens et capacités de production », manifeste-t-il. Au niveau national, voire européen, Damien Brayotel, se remémore les nombreuses manifestations auxquelles il a participé et qu'il a pu organiser. « Les manifestations les plus marquantes restent celles de janvier 2024. Nous avions bloqué pendant trois à quatre jours, les autoroutes. Nous étions mobilisés sur la durée. Même si les sujets comme la lutte contre le Mercosur et le budget de la Pac sont des luttes de longue durée, ce blocage a permis de réunir les agriculteurs », confie-t-il.
En dernier lieu, les deux sujets majeurs de ses mandatures au niveau local sont les dégâts de sanglier sur les cultures et les attaques de loup. « En étant au poste pendant de nombreuses années, j'ai vu les dégâts s'accentuer, d'années en années. Les populations augmentent, tandis que les chasseurs sont de moins en moins nombreux », témoigne-t-il, avant d'ajouter, « nous avons fait donc une demande récente pour interdire l'agrainage sur l'ensemble du département ». Du côté des éleveurs, « nous sommes inquiets et en colère car le loup est imprévisible et les attaques augmentent sur le département. D'après la FNSEA, la réintroduction du loup, financée par le budget agricole coûterait approximativement 50 000 euros par loup. Les financements devraient provenir du ministère de la Transition écologique, et non du ministère de l'Agriculture », lance-t-il. Avant de nous quitter, Damien Brayotel a souhaité remercier « les administrateurs, collaborateurs, membres du bureau ainsi que les différents(es) animateurs(trices) qui ont mis leurs compétences au service des adhérents ».