Le chanvre, une culture qui a de l'avenir
Le 24 mars prochain, la Chambre d'Agriculture de l'Yonne organise avec un grand nombre de partenaires, une journée consacrée à la culture du chanvre. Focus sur les différentes filières existantes dans le département.
C'est avec la participation de Terres Inovia, 110 Bourgogne, l'Ademe, l'Agence de l'Eau Seine Normandie, le Crédit Agricole, Cuma BFC, Draaf BFC, Géochanvre, Groupama, la Chanvrière de l'Aube et Triangle Énergie que la Chambre d'agriculture annonce une journée dédiée à la culture du chanvre, le 24 mars prochain, à Courlon-sur-Yonne. Cette journée proposera plusieurs ateliers : un itinéraire technique du chanvre, un point sur les filières du département en agriculture biologique et en conventionnel, un focus sur le matériel et les bâtiments de stockage utilisés. Pour ce faire, nous sommes allés à la rencontre des deux structures en charge de la production et de la commercialisation du chanvre dans l'Yonne. En premier lieu, Éric Ducornet, responsable projet filière au sein de la coopérative 110 Bourgogne. Après onze ans de pratique et quelques difficultés rencontrées, la coopérative a décidé de se concentrer sur la fibre, l'an dernier, et de faire appel à une ETA avec une ensileuse adaptée pour la récolte du chanvre. Chaque année, « cela concerne entre 10 et 15 agriculteurs, comptabilisant environ entre 150 et 200 hectares », détaille Éric Ducornet. Spécialisé dans la fibre, le représentant de la filière liste les débouchés, à savoir : « l'isolation, la plasturgie automobile ou encore le paillage animal ». Considéré comme une nouvelle filière, le chanvre pourrait être intéressant « pour les zones de captage car la culture ne nécessite pas l'utilisation de produits phytosanitaires ».
Diversifier les débouchés
Nous retrouvons ensuite Anicet Bretagne, céréalier icaunais et 1er vice-président de la Chanvrière de l'Aube. Représentant de la structure, il comptabilise environ 45 producteurs engagés sur cinq ans, dans le département représentant entre 900 et 1 000 hectares. Au niveau du marché, « deux tiers sont exportés, notamment au travers de l'Europe et un tiers est utilisé au niveau national », souligne Anicet Bretagne. Considérée comme la première coopérative de France, la Chanvrière de l'Aube utilise la graine appelée « chènevis » (alimentation humaine, alimentation animale) ; la partie boisée de la tige du chanvre appelée « chènevotte » (paillage des animaux, paillage des espaces verts, isolation) et la « fibre » (papier, isolation, textile, plasturgie automobile). Défini comme une culture industrielle, pour Anicet Bretagne le chanvre est une culture qui « amène une rémunération correcte et représente une bonne alternative agronomique ». En ce qui le concerne, il a commencé à produire du chanvre dès son installation, notamment en raison du fait qu'il est situé sur une zone d'alimentation de captage.