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Le Chablis à l'épreuve de la valse des marchés mondiaux

Après l'assemblée générale de la Fédération de Défense de l'Appellation Chablis, le 20 mai dernier, Adrien Gautherin, coprésident de la structure a souhaité répondre à quelques-unes de nos questions. Situation sanitaire, contexte géopolitique, problématique de main-d’œuvre… Retour sur cette entrevue.

Par Charlotte Sauvignac
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Adrien Gautherin, co-président de la Fédération de Défense d'Appellation Chablis a fait le point sur l'actualité viticole de Chablis.

Après huit ans de présidence, Adrien Michaut, viticulteur à Beine, s'associe à trois autres viticulteurs pour assurer une coprésidence de la Fédération de défense de l'appellation Chablis (FDAC). Parmi eux, nous retrouvons : Théo Dampt, Adrien Gautherin et Jérôme Rousseau. Au sein du bureau, Jean-Paul Durup assure la vice-présidence, accompagné par Marianne Vilain en tant que trésorière et Valérie Beaufumé comme secrétaire. « Cette coprésidence permet à Adrien Michaut de pouvoir se reconcentrer sur son exploitation. Nous avons décidé de nous répartir les tâches en fonction de nos spécialités. Théo Dampt et Jérôme Rousseau s’occuperont de toute la partie technique et notamment les dossiers relatifs aux cahiers des charges, les conditions de production, le VCI et les déclarations de récolte et revendication. Adrien Michaut s’occupera de SIQOCERT et de l’Inao au Comité régional et Marianne Vilain accompagnera le personnel de la FDAC et continuera de siéger au comité permanent des vins de Bourgogne », détaille Adrien Gautherin, qui pour sa part est en charge « de la communication auprès de la presse et des politiques et de la commission Chablis du Comité des vins de Bourgogne ». Ce nouveau souffle à la tête de la FDAC permet de repartir de plus belle sur les enjeux majeurs de la promotion du chablis. L'appellation Chablis, de manière générale, « est une appellation qui va très bien. Je ne pense pas que l'on n'ait le droit de se plaindre compte tenu du contexte international au niveau de la viticulture et de la vente de vin. C'est une appellation qui reste tout de même très populaire et accessible ». Malgré cette dynamique, le vigneron confie que les aléas climatiques de ce début d'année, aggravés par le changement climatique et les problèmes de récolte qui s'ensuivent, « sont clairement les soucis majeurs ». En prenant du recul, Adrien Gautherin annonce, approximativement que « sur une moyenne de dix ans, il manque au moins 20 % de récoltes aux vignerons du Chablisien. Tous les ans, les producteurs doivent s'adapter et être réactifs. Ce sont les aléas de notre métier et on doit faire avec ». Heureusement, les dispositifs actuels de lutte contre le gel sont efficaces et nombreux. « Tout le monde possède a minima un moyen de lutte, que ce soit les bougies, les fils chauffants, les éoliennes ou encore de l'aspersion », liste-t-il. Pour la grêle, le constat est le même, mais la lutte se fait davantage en collectif avec des « canons anti-grêle qui montrent une belle efficacité ». Pour la récolte 2026, le vigneron confie une croissance précoce de 15 jours jusqu'à trois semaines par rapport aux années « normales ». Malgré des dégâts connus en ce début d'année, Adrien Gautherin constate « une importante résilience des vignes impactées. La vigne se remet bien ». À cela s'ajoute « qu'aucune pression maladie n'est constatée pour l'instant ».

Le chablis, un vin majoritairement exporté

Dans un contexte d'instabilité géopolitique, la promotion du chablis à l'international est un second axe majeur. Adrien Gautherin exporte dans quarante pays différents et informe que lorsque « nous sommes en contact avec nos clients, on échange souvent sur la situation politique des pays à l'échelle locale. Aujourd'hui, un vigneron qui travaille à l'export est obligé de suivre la situation de chaque pays dans lequel il exporte. Tout bouge très vite ». Le coprésident se souvient encore lorsque Donald Trump avait fait des annonces sur les taxes douanières, en fin d'année dernière. « Lors des annonces, nos importateurs ont appris l'information et se sont mis à surcommander par anticipation. Pour nous c'était une bonne nouvelle, sauf que la récolte 2024 n'était pas à la hauteur de ce que l'on espérait », se justifie-t-il. Par la suite, lors de la mise en place des taxes, « on s'est rendu compte que le marché amortissait bien les ventes et que nos importateurs réalisaient de gros efforts ». Pour autant, le marché américain n'est pas le seul à être instable. Le vigneron revient sur les marchés asiatiques et ceux du Moyen-Orient qui connaissent de gros bouleversements. « Après un arrêt durant quelques mois, le marché asiatique repartira d'ici la fin de l'année, nous restons donc attentifs. Tandis que les marchés d'Amérique du Sud sont en forte progression », analyse-t-il. L'un des plus difficiles reste le marché français avec « une baisse importante de la consommation. Il y a quelques années, la mode était portée sur le rosé, mais nous voyons que ce marché est en train de diminuer au profit du blanc, mais pas forcément le vin blanc bourguignon. Ce qui ne nous empêche pas d'entrer dans la boucle ». Effectivement, depuis la période de pandémie, les habitudes des consommateurs ont changé et le vigneron affirme une volonté « de se tourner vers la qualité plutôt que vers la quantité ». Pour 2026-2027, la FDAC souhaite donc se tourner vers l'avenir et rester optimiste.