L’agriculture biologique en Bourgogne
Le boom des conversions
Alors que l’Observatoire régional de l’agriculture biologique en Bourgogne vient d’être publié, les chiffres des conversions en agriculture biologique de 2015 traduisent un développement exceptionnel et permettent de passer le cap symbolique des 1000 producteurs bio. Explication avec Bernard Krempp président du Sedarb et Xavier Niaux, président de la CGAB.
«On s’y attendait» explique Bernard Krempp, président du Sedarb et du Gab 21, «car beaucoup d’agriculteurs en 2014 avait pris le temps de la réflexion en attendant de mieux connaître les nouvelles dispositions des aides à la conversion». Une situation particulièrement évidente dans le secteur des grandes cultures qui constitue «75% des conversions enregistrées en 2015». Près de 11 000 hectares se retrouvent ainsi engagés en conversion en 2015. Et Bernard Krempp, comme Xavier Niaux, président de la CGAB, estiment que le rythme ne devrait pas fléchir en 2016.
Pas d’effet d’aubaine, mais un choix réfléchi
L’argument de l’effet d’aubaine, souvent invoqué, est rapidement balayé par les deux représentants professionnels qui relèvent plutôt que, pour la grande majorité des agriculteurs, la conversion représente l’aboutissement d’une réflexion longuement mûrie, le terme d’un cheminement qui a pu prendre des années. Xavier Niaux indique des raisons multi-factorielles, dont «la prise de conscience de l’importance de la question environnementale et de la nécessité de faire quelque chose de constructif». Les aides représentent bien sûr un levier important, dans la mesure où elles permettent de soutenir au mieux les changements profonds qu’impliquent une conversion pour une exploitation. Tout comme les aides des agences de l’eau, facilitent le passage en bio dans les zones à enjeux. Mais, pour le président de la CGAB, c’est bien plus le fait de «piloter sa ferme en toute indépendance» qui pèse dans la balance. Le très faible niveau des abandons (moins de 5%) prouvent que «quand on a goûté aux avantages d’un système bio on n’a plus envie d’en sortir». Au-delà des préoccupations environnementales, l’argument porteur c’est aussi pour Bernard Krempp, «le niveau du prix de vente, notamment pour le blé bio, bien plus élevé que celui des blés produits de façon conventionnelle». Comme Xavier Niaux, il note la situation spécifique du marché des céréales bio : la production nationale bio n’arrive pas à satisfaire une demande en constante augmentation, ce qui préserve les producteurs des fluctuations de prix et de la volatilité du marché mondial.
«Les prix sont là» renchérit le président du Sedarb «et les références aussi puisque nous disposons d’un réseau de références de fermes biologiques. Ces références ont permis d’élaborer des comparatifs entre systèmes bio et systèmes conventionnels». Les chiffres montrent qu’en agriculture biologique la forte baisse du montant des charges opérationnelles et le niveau élevé du prix de vente en productions végétales, compensent largement la baisse significative des rendements. Bien entendu, insiste-t-il «la technicité des agriculteurs engagés en bio doit être à la mesure des enjeux d’une conversion». Ce qui n’est pas selon lui, sans poser le problème de l’accompagnement de ces nombreuses conversions enregistrées en 2015 et à venir. «Le développement actuel est particulièrement satisfaisant, mais il pose de façon pressante le problème du suivi technique de ces conversions. Il va falloir adapter nos structures à cette nouvelle configuration et trouver les financements nécessaires à cet accompagnement de proximité».
L’idéal, pour Xavier Niaux, ce serait une à deux visites par an, mais «le manque cruel de moyens» ne permet pas d’atteindre ce but. «Les réunions collectives et les formations compensent en partie ce déficit», mais sans commune mesure avec la réalité des besoins. En cause, «les estimations de conversion projetées par le précédent Conseil régional de Bourgogne qui ne reflètent absolument pas la réalité», «il va falloir obtenir un niveau d’aides à la conversion et au maintien suffisant pour répondre à une demande nettement plus forte que ce qui a été défini, en dépit de nos prévisions et de nos alertes».
Financements, développement, accompagnement... «Un certain flou»
Quelle évolution maintenant du réseau bio de Bourgogne dans le cadre de la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté ? «Notre réseau bio de Bourgogne est en cours de restructuration, ce qui devrait nous amener à un renforcement du niveau local représenté par les Gab, un renforcement de l’animation et à une évolution de la structure Sedarb» explique Bernard Krempp. La réflexion sur la Bourgogne Franche-Comté bio avance ainsi «avec les collègues de Franche-comté vers une structure commune». Xavier Niaux, tout en regrettant que les besoins en financement aient été largement sous-estimés, relève au plan régional comme au plan européen «une grande inconnue et un certain flou» quant à l’avenir et à l’accompagnement du développement de l’agrobiologie. Après la montée de fièvre de 2015 qui devrait perdurer en 2016, la perspective d’une nouvelle Pac pourrait calmer le rythme des conversions, sans résoudre pour autant le problème du financement de l’accompagnement, du suivi et du maintien des exploitations bio sur les territoires de Bourgogne-Franche-Comté.
Pas d’effet d’aubaine, mais un choix réfléchi
L’argument de l’effet d’aubaine, souvent invoqué, est rapidement balayé par les deux représentants professionnels qui relèvent plutôt que, pour la grande majorité des agriculteurs, la conversion représente l’aboutissement d’une réflexion longuement mûrie, le terme d’un cheminement qui a pu prendre des années. Xavier Niaux indique des raisons multi-factorielles, dont «la prise de conscience de l’importance de la question environnementale et de la nécessité de faire quelque chose de constructif». Les aides représentent bien sûr un levier important, dans la mesure où elles permettent de soutenir au mieux les changements profonds qu’impliquent une conversion pour une exploitation. Tout comme les aides des agences de l’eau, facilitent le passage en bio dans les zones à enjeux. Mais, pour le président de la CGAB, c’est bien plus le fait de «piloter sa ferme en toute indépendance» qui pèse dans la balance. Le très faible niveau des abandons (moins de 5%) prouvent que «quand on a goûté aux avantages d’un système bio on n’a plus envie d’en sortir». Au-delà des préoccupations environnementales, l’argument porteur c’est aussi pour Bernard Krempp, «le niveau du prix de vente, notamment pour le blé bio, bien plus élevé que celui des blés produits de façon conventionnelle». Comme Xavier Niaux, il note la situation spécifique du marché des céréales bio : la production nationale bio n’arrive pas à satisfaire une demande en constante augmentation, ce qui préserve les producteurs des fluctuations de prix et de la volatilité du marché mondial.
«Les prix sont là» renchérit le président du Sedarb «et les références aussi puisque nous disposons d’un réseau de références de fermes biologiques. Ces références ont permis d’élaborer des comparatifs entre systèmes bio et systèmes conventionnels». Les chiffres montrent qu’en agriculture biologique la forte baisse du montant des charges opérationnelles et le niveau élevé du prix de vente en productions végétales, compensent largement la baisse significative des rendements. Bien entendu, insiste-t-il «la technicité des agriculteurs engagés en bio doit être à la mesure des enjeux d’une conversion». Ce qui n’est pas selon lui, sans poser le problème de l’accompagnement de ces nombreuses conversions enregistrées en 2015 et à venir. «Le développement actuel est particulièrement satisfaisant, mais il pose de façon pressante le problème du suivi technique de ces conversions. Il va falloir adapter nos structures à cette nouvelle configuration et trouver les financements nécessaires à cet accompagnement de proximité».
L’idéal, pour Xavier Niaux, ce serait une à deux visites par an, mais «le manque cruel de moyens» ne permet pas d’atteindre ce but. «Les réunions collectives et les formations compensent en partie ce déficit», mais sans commune mesure avec la réalité des besoins. En cause, «les estimations de conversion projetées par le précédent Conseil régional de Bourgogne qui ne reflètent absolument pas la réalité», «il va falloir obtenir un niveau d’aides à la conversion et au maintien suffisant pour répondre à une demande nettement plus forte que ce qui a été défini, en dépit de nos prévisions et de nos alertes».
Financements, développement, accompagnement... «Un certain flou»
Quelle évolution maintenant du réseau bio de Bourgogne dans le cadre de la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté ? «Notre réseau bio de Bourgogne est en cours de restructuration, ce qui devrait nous amener à un renforcement du niveau local représenté par les Gab, un renforcement de l’animation et à une évolution de la structure Sedarb» explique Bernard Krempp. La réflexion sur la Bourgogne Franche-Comté bio avance ainsi «avec les collègues de Franche-comté vers une structure commune». Xavier Niaux, tout en regrettant que les besoins en financement aient été largement sous-estimés, relève au plan régional comme au plan européen «une grande inconnue et un certain flou» quant à l’avenir et à l’accompagnement du développement de l’agrobiologie. Après la montée de fièvre de 2015 qui devrait perdurer en 2016, la perspective d’une nouvelle Pac pourrait calmer le rythme des conversions, sans résoudre pour autant le problème du financement de l’accompagnement, du suivi et du maintien des exploitations bio sur les territoires de Bourgogne-Franche-Comté.
Les conversions en bio en 2015
Une augmentation de plus de 10 500 ha, dont plus de 6000 ha en grandes cultures et plus de 3300 ha en prairies permanentes. 158 producteurs se sont convertis en passant par le réseau du Sedarb et des Chambres d’agriculture.
La plus forte progression des surfaces bio s’observe en Côte d’Or et dans l’Yonne dans le secteur des grandes cultures.
La plus forte progression des surfaces bio s’observe en Côte d’Or et dans l’Yonne dans le secteur des grandes cultures.