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Grands troupeaux

La reproduction nécessite des repères pour être précis

Un cheptel de 100 vaches laitières ou plus ne se gère pas comme un de 50 vaches. Quelques points sur la reproduction.
Par C. Delisle
La reproduction nécessite des repères pour être précis
Les troupeaux à l’horizon 2020 devraient compter en moyenne 100 vaches laitières.
Au regard des tendances à l’augmentation de la taille des troupeaux laitiers et des évolutions prévues avec un quota moyen qui passerait de 348 000 litres de lait en 2013, à 546 000 à l’horizon 2020, une journée sur le management des grands troupeaux a été organisée par le Clasel (1) début juin à Louverné en Mayenne. [I]«Pour piloter demain, des troupeaux laitiers plus grands, une approche technique plus adaptée est nécessaire»[i], a remarqué Emmanuel Lepage, responsable Pôle Animal Clasel.

De nombreux thèmes, tels que le tarissement, le début de la lactation, la reproduction, le suivi sanitaire, les bâtiments… ont été abordés lors de ce colloque.

Dionigi De Grandis, nutritionniste en Italie du Nord nous a fait part de ses connaissances en matière de reproduction, dans les grands troupeaux à hautes performances.

[INTER]La marge de l’éleveur est liée à la reproduction[inter]
[I]«La marge de l’éleveur est liée à la reproduction. C’est donc un critère majeur. Des repères sont nécessaires pour être précis. Ils sont de trois ordres. Les uns concernent les indicateurs de rendement, les autres la nutrition et les outils de détection»[i], observe Dionigi De Grandis.

Les indicateurs de rendement permettent de nous situer. Le critère d’efficacité sur la reproduction, qui représente le rapport jours de lactation sur le pourcentage de vaches gestantes, doit se situer aux alentours de 2,8 - 3. [I]«Il est également important de calculer son taux de gestation (gestantes/vaches fécondables, 50 jours). C’est le critère technique le plus corrélé à l’économique. Nous utilisons en plus, le taux de détection des chaleurs (vaches inséminées/vaches fécondables). Il doit être compris entre 60 - 70 %. Dernier critère, le taux de réussite à l’IA (taux de gestation/taux de détection des chaleurs). L’objectif est d’atteindre les 30 - 35 %. En dessous de 20 %, on perd de l’argent»[i], poursuit l’expert italien.
[I]«Aux Etats-Unis, les bons éleveurs détectent en moyenne 40% des chaleurs. Aussi pour atteindre les 60% nécessaires à l’obtention d’un bon taux de réussite, les éleveurs doivent recourir à d’autres moyens, tels que le podomètre ou la synchronisation des chaleurs»[i], précise Franck Gaudin, nutritionniste en Amérique du Nord, en charge du suivi nutrition de 150 troupeaux de 100 à 1 500 vaches laitières, dont le niveau de production varie de 9 800 à 14 000 litres.

[INTER]Une attention particulière dès le tarissement[inter]
Des mesures sont indispensables pour prendre des décisions. [I]«D’autre part, l’élevage des veaux représente le premier problème de reproduction. L’objectif en Italie est d’avoir le premier vêlage à 20 - 22 mois. Les génisses doivent alors atteindre un GMQ de 900 g/j. Il faut donc penser à la reproduction dès le tarissement. En effet, avec une bonne efficacité à cette période, on obtient un colostrum de qualité pour un bon démarrage des veaux. Deux outils, le taux de glycémie et d’acétonémie, mesurés quatre jours après vêlage, permettent de juger de la réussite du tarissement ou à défaut de mettre en place un protocole d’intervention. Ces deux taux pris à 14 jours permettent ensuite de vérifier le bon départ de la lactation. La nutrition représente également un critère important. Une ration unique pour toutes les catégories à des quantités différentes est à privilégier pour simplifier la conduite»[i], poursuit Dionigi De Grandis.
[I]«Le management des troupeaux de demain demandera réactivité, simplicité, rigueur, et méthode. D’un point de vue technique, il sera important d’intégrer la dynamique, le rythme de vie d’un grand troupeau. Une attention particulière est à porter à la reproduction, clé du bon fonctionnement économique de l’exploitation, ainsi qu’au bâtiment, facteur essentiel dans le pilotage (place de l’infirmerie, nurserie, bâtiment vaches laitières, taries)»[i], conclut Emmanuel Lepage.

(1) Entreprise née de la fusion des contrôles laitiers de la Mayenne et dela Sarthe.