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La pression des sangliers persiste

Plusieurs zones du département subissent une pression des sangliers depuis plus de dix ans, et c'est pour cette raison que la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de l'Yonne ont manifesté, mardi 28 avril, à Saint-Georges-sur-Baulche devant la Fédération des Chasseurs.

Par Charlotte Sauvignac
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Après une discussion avec Olivier Lecas, le président de la FDCY, les agriculteurs repartent avec des convictions : continuer de mettre la pression aux fédérations locales pour diminuer le nombre de sangliers sur le territoire.

« La FDSEA de l'Yonne a donné sa chance à la coopération depuis plusieurs années, en utilisant toutes les voies institutionnelles pour faire entendre la volonté des agriculteurs et faire réguler les populations de sangliers. Dans la majorité du département, les chasseurs locaux limitent les dégâts et régulent les populations. Mais ces efforts sont rendus inutiles car les chasses commerciales ne se plient pas aux règles sur l'agrainage ni ne coopèrent avec les autres acteurs, que ce soient les agriculteurs, les propriétaires forestiers ou l'administration », manifeste Franck Pouillot, secrétaire général de la FDSEA de l'Yonne, ce mardi après-midi en arrivant en tracteur devant la Fédération départementale des Chasseurs de l'Yonne (FDCY) à Saint-Georges-sur-Baulche. Une dizaine de minutes après leur arrivée, Olivier Lecas, président de la FDCY ouvre ses portes pour proposer un moment d'échange avec les agriculteurs. Pour le président, il est important de donner du contexte aux agriculteurs. « Sur la période 2024-2025, on indemnisait 1 872 hectares et 18 000 sangliers ont été prélevés et sur la période d'après, 1 495 hectares ont été indemnisés et 24 000 sangliers ont été prélevés, ce qui signifie que le nombre d'hectares indemnisés a diminué et que le nombre de prélèvements a augmenté. Je reconnais tout de même que les dégâts liés aux cultures sont disparates au sein du département », débute-t-il. Toutefois, il revient sur le fait que le nombre de chasseurs est en baisse et qu'avec « l'augmentation du nombre de sangliers, les proportions sont compliquées. Nous sommes à 8 000 chasseurs pour 24 000 sangliers, ce qui donne approximativement, 3 sangliers pour un chasseur ». À cela s'ajoute le fait, « que les hivers permettaient de tuer les sangliers, sauf qu'avec le réchauffement climatique, les sangliers survivent à cette période de l'année ».

Les problématiques humaines

Pour répondre à ces interventions-là, Franck Pouillot prend la parole : « Nous ne sommes pas des personnes anti-chasse, nous savons très bien que le secteur agricole et celui de la chasse sont complémentaires. On fait tous les deux parties du monde rural. Seulement en dix ans, le nombre d'hectares indemnisés a largement augmenté. Dans beaucoup de territoires, où il y a du dialogue, ça se passe mieux et les dégâts sont en diminution et on salue cela. Cependant, sur certaines zones, comme à Villeneuve-Saint-Salves, il n'y a pas de dialogue et cela devient intolérable et c'est l'une des raisons de notre présence ici aujourd'hui ». Pour autant, à l'occasion des comités techniques locaux (CTL) réalisés en début d'année entre chasseurs, agriculteurs, représentants forestiers et services de l'État, des mesures ont été prises : « Les sociétés de chasse doivent chasser beaucoup plus tôt. Elles doivent également chasser deux fois par mois minimum, car certaines d'entre elles, ne le faisaient que 3 à 4 fois dans l'année, auparavant », informe Fabrice Polette céréalier dans le nord du département. Bertrand Potherat poursuit le dialogue et témoigne du fait que « dans certaines zones, nous sommes obligés de resemer, car tout est détruit, et trois jours plus tard, tout est déjà détruit. C'est une porcherie à ciel ouvert ». À ses côtés, Franck Pouillot, manifeste à nouveau le fait de dire « non à ces zones points noirs, il n'y a pas d'excuse sur ces parties-là ». En sortant de cette réunion, le secrétaire général conclut en disant que : « L'objectif d'aujourd'hui était de marquer le coup en disant que malgré les dialogues, malgré ce qu'on a tenté de faire depuis des années, il n'y a pas de solution claire. Cette discussion nous a permis de réaffirmer notre désaccord auprès de la fédération de chasse. Nous avons également envoyé des courriers à l'État pour que la pression continue sur les zones points noirs problématiques ».