50 ans au cœur de la compétition équestre
Plus qu'un concours, c'est un rendez-vous essentiel qui dure depuis 50 ans, à Saint-Sauveur en Puisaye. Les 24-25 au 26 juillet derniers, le concours équestre organisé par l'ACE Saint-Sauveur se tenait dans la carrière communale.
En foulant les pas dans l'allée qui mène tout droit au Château de Saint-Sauveur en Puisaye, également lieu de mémoire pour l'auteure Colette, nous croisons poneys et chevaux, prêts à concourir pour la 50e édition du concours équestre de Saint-Sauveur en Puisaye. Ce vendredi 24 juillet, Philippine Septier, nouvelle vice-présidente de l'association de concours équestre (ACE) organise les dernières formalités. En poste depuis le mois de mars, Philippine Septier et sa nouvelle présidente Jennifer Dabonneville ont souhaité miser fort et ont ajouté une épreuve supplémentaire : le relais à l'américaine. « Le principe est simple : l'objectif est de faire le parcours sans rater d'obstacle. Dès que le premier cavalier fait une erreur, le second cavalier du binôme vient pour poursuivre l'épreuve », informe-t-elle, sur les bancs qui mène directement à la carrière équestre. Cette année, le concours équestre compte 332 participants pour 29 épreuves, ce qui en dénombre moins que l'an passé mais pour cause, « le championnat de France se joue en même temps ». Il y a 50 ans de ça, c'était Claude Besson, éleveur laitier et jeune cavalier qui accompagnait Jean-Claude Barrey dans ses débuts. Revenons dans le passé, là où Jean-Claude Barrey, passionné d'équitation, décide de créer le Centre de Saut d'Obstacles (CSO). « Au début, tout était organisé au centre équestre, mais toutes les infrastructures n'étaient pas prévues pour accueillir véritablement des épreuves. Daniel Georges, le pharmacien et le maire de l'époque, père de jeunes cavaliers a donc décidé de dédier quelques-uns de ces près pour accueillir le CSE », se remémore Claude Besson. Daniel Georges a fait un appel à un ami, propriétaire d'une entreprise de travaux publics à Auxerre qui était intéressé : « Écoute, si tu me proposes un terrain, je veux bien te faire le terrassement gratuitement ».
Une carrière novatrice qui fait vivre la campagne
« La carrière avait été emplie de sables longs de Puisaye, les obstacles ont été construits manuellement par des passionnés d'équitation, etc. », détaille-t-il. Bien loin des grandes villes de Bourgogne, la carrière se fait connaître, gagne en notoriété et accueille de grands noms de l'équitation française. « On est montés en puissance progressivement, et cela devenait compliqué, avec nos obstacles fabrication maison de poursuivre comme ça. On a donc investi dans un parc d'obstacles, qui a mené à la création de l'Association de Compétition Équestre (ACE) de Saint-Sauveur en Puisaye », se souvient-il. Le public, quant à lui, était même « prêt à payer pour voir des compétitions équestres. Au départ, l'équitation était un loisir réservé à l'élite. Grâce à sa passion, Jean-Claude Barrey a permis de démocratiser l'équitation et de laisser la chance à des enfants de la commune de monter à cheval », témoigne-t-il. Devenu trop âgé, le président a souhaité, par la suite, transmettre l'association à son gendre, qui « n'a pas voulu reprendre l'activité. Nous nous sommes donc retrouvés démunis ». Cette association, devenue essentielle pour la cavalerie icaunaise, a été reprise par « les cavaliers du coin en association avec la commune. C'est la mairie qui a investi dans le parc d'obstacles. Les cavaliers sont devenus de plus en plus exigeants : la carrière était trop en pente et ils commençaient à s'en plaindre. On a donc choisi d'investir dans la rénovation de la carrière équestre ». En observant une cavalière, Claude Besson convient que cette carrière est assez rare en soi car elle « communale et sert pour d'autres activités à l'année ». Le maire actuel, Yohann Corde, se félicite que ce site vive. « Je suis ravi de pouvoir participer à la mise en place de cet événement qui fait rayonner les clubs amateurs et professionnels. Je suis heureux de pouvoir contribuer à l'événement avec l'association qui met tout en œuvre pour que tout se passe bien. Cela montre une facette du territoire qu'on a du mal à valoriser », déclare-t-il, assis devant le paddock. À l'année, la carrière accueille différents événements comme Yonne Tour Sport, le Western Festival.