Une réserve au secours d'une chauve-souris
Le 4 septembre, Stéphanie Modde et Stéphane Woynaroski, Conseillers régionaux, Jean-Marc Bard, maire de Vernot et plusieurs acteurs locaux et associatifs ont inauguré la Réserve naturelle régionale (RNR) du Peuptu de la Combe Chaignay, installée sur la commune de Vernot, en Côte-d'Or.
Projet lancé en 2018, la Réserve naturelle régionale (RNR) du Peuptu de la Combe Chaignay, à Vernot, en Côte-d'Or, étalée sur 36 hectares de forêt, ambitionne de protéger une espèce rare de chauve-souris, présente dans seulement trois cavités de Bourgogne : le Minioptère de Schneiders. Cette RNR a été inaugurée vendredi 4 septembre. « Il y a 16 espèces de chauve-souris présentes dans cette cavité, sur les 26 présentes en Bourgogne et les 36 espèces en France », souligne Alexandre Cartier, chiroptérologue pour l’association de la Société d’histoire naturelle d’Autun – Observatoire de la faune de Bourgogne (SHNA-OFAB) et nommé conservateur de la RNR. « Ici, les recherches de spéléologie ont débuté dans les années cinquante - soixante. À l’époque, le Minioptère était très présent mais sa population s’est rapidement effondrée jusqu’à être considérée comme disparue en Bourgogne », poursuit-il.
Des chiffres encourageants
« Il y a déjà eu plusieurs mesures mises en place depuis 2018 pour préserver un maximum le site, comme mettre des barrières de sécurité autour du Peuptu », annonce Alexandre Cartier. « À l’automne dernier, nous avions déjà recensé 250 Minioptères sur la réserve. Aujourd’hui, nous pouvons compter environ 4 000 à 4 500 individus sur la région BFC, contre 2 000 à 2 500 il y a quelques années. » La RNR poursuivra le travail de préservation de l’espèce dans un environnement sécurisant et pourra même faire apparaître une reproduction de colonies. Bien que l’objectif principal soit de stabiliser la population de Minioptères et d’augmenter son taux de fréquence au sein de la réserve, cette dernière profite également à d’autres espèces animales et mêmes florales comme la petite chouette des montagnes ou la potentille à petites fleurs (considérée en danger d’extinction régionale). La réserve étant 100 % forestière, n’apporte pas de nuisances à l’occupation des habitants ou agriculteurs locaux. Celle-ci était déjà située sur un territoire démuni de toute intervention humaine depuis plus d'un siècle (un choix de l’ONF). Les usagers pourront continuer à se promener sur les sentiers balisés de la réserve : « Le but n’est pas de mettre la RNR sous cloche ! », affirme Stéphanie Modde, vice-présidente à la transition écologique de la région.
Nombreux acteurs investis.
S'appuyant sur un travail collaboratif avec l’ONF et le Conservatoire d'espaces naturels (CEN) Bourgogne, la SHNA-OFAB a également pu recevoir le soutien de la Région : « Laboratoire scientifique à ciel ouvert, les RNR contribuent à l’émergence de solutions d’adaptation au changement climatique pour la gestion des espaces naturelles. Il s’agit aussi de lieux privilégiés, de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. Cet outil est vraiment essentiel dans la période cruciale que nous vivons » développe la vice-présidente. Une deuxième cavité située à Plombière-les-Dijon, nommée la Grotte du Contard, a également été inaugurée le 8 septembre, toujours dans l’objectif de protéger cette espèce en danger.