Syndicalisme : Aucun intérêt à semer des couverts végétaux
Le secrétaire général de la FDSEA de Côte-d'Or pousse un coup de gueule sur l'obligation de semer des couverts végétaux dans ce contexte climatique et économique.
Plus de trois semaines après leur demande, la FDSEA et les JA de Côte-d'Or n'avaient toujours pas la moindre réponse jeudi dernier. Les services de l'État tardaient effectivement à accorder, ou non, une dérogation sur les couverts végétaux à semer en interculture. Clément Babouillard, président de la commission « productions végétales » et secrétaire général de la FDSEA, lui, avait déjà pris sa propre décision : « Je n'attends pas, je ne vais rien acheter et rien semer cette année. Ce serait une ineptie économique et écologique de faire autrement. Rien ne lèvera dans de telles conditions météo. Et même si ce n'est pas le cas, ces couverts ne donneront quasiment rien. Il y a assez de problèmes beaucoup plus urgents à régler aujourd'hui sur nos fermes avec cette campagne inédite ». L'agriculteur d'Ampilly-les-Bordes évalue à 100 euros/ha le coût de l'implantation de couverts : « le passage d'un tracteur et d'un semoir, c'est entre 50 et 60 euros/ha. Les semences, c'est au moins 40 euros/ha. Il y faudra ajouter des frais supplémentaires si une destruction est nécessaire… Compte tenu de l'état de nos trésoreries, ce n'est vraiment pas le moment de semer de tels couverts ! Ce serait aussi un non-sens écologique que de sortir des machines et utiliser du carburant, non ? ».
« Arrêter de faire n'importe quoi »
Clément Babouillard invite ses homologues à en faire autant : « le mot d'ordre syndical est de ne pas semer. Bien sûr, ceux qui souhaitent le faire sont libres de leurs actions, je pense notamment aux éleveurs qui seraient prêts à tenter de récolter de la camelote pour leurs animaux, il n'y a bien sûr pas de problèmes, bien au contraire. Le message que je souhaite passer s'adresse à ceux qui ne voient aucun intérêt dans ces couverts ». Le Côte-d'orien assure que le réseau syndical sera présent au moindre contrôle de l’administration : « nous serons là pour mettre la pression. Ces rendez-vous, s'il y en a, risquent de très mal se passer. À un moment donné, il faut arrêter de faire n'importe quoi. Semer des couverts dans de telles conditions, cela n'a pas de sens. L'urgence est ailleurs ». Clément Babouillard assume à 100 % sa position : « j'engage ma propre responsabilité. Et je suis persuadé qu'une désobéissance collective est à même de remettre en question le système dans lequel on évolue ». Nous profitons de cet échange du 23 juillet pour questionner le secrétaire général de la FDSEA sur la loi d'urgence agricole. « Elle a été votée et j'y vois un bon signal pour la profession, même si cela ne va pas changer grand-chose pour notre département. Il y a encore des députés capables d'avoir du bon sens. Si l'on ne produit pas sur notre territoire, forcément, à un moment ou un autre, on importe. Merci à la très grande majorité des élus des droites d'être allés dans notre direction ».