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Assemblée générale de la MSA de Bourgogne

La mutualisation en ligne de mire

Cette année encore la MSA de Bourgogne a tenu son assemblée générale sur fond de crise agricole profonde et durable. L’organisation se mobilise pour répondre aux situations d’urgence, mais elle se trouve elle-même soumise à une rigueur économique qui se renforce année après année. Dans ce numéro d’équilibriste, son statut d’OPA lui permet de rester une organisation proche du terrain et son guichet unique d’actionner les leviers nécessaires à un accompagnement renforcé de ses ressortissants en difficulté.
Par Anne-MArie Klein
La mutualisation en ligne de mire
Prochaine étape, non pas la fusion avec la caisse de Franche-Comté mais une mutualisation «de proximité», soigneusement encadrée.
Alors que la MSA au fil des années se trouve confrontée à la nécessité de toujours améliorer ses performances économiques et ses ratios, l’enjeu final reste bien le maintien de ce régime spécifique de protection sociale qui bénéficie d’un atout majeur avec son guichet unique pour l’ensemble des prestations sociales et de santé. L’organisation doit donc s’adapter chaque année à de nouvelles exigences en terme d’efficience, réduire les frais de fonctionnement, optimiser les moyens tout en les modernisant et accompagner au mieux d’un public en proie à une crise agricole profonde et durable. Le prochain virage à prendre sera celui de la mutualisation des moyens avec la caisse MSA de Franche-Comté. Une mutualisation «de proximité», selon la formule de Dominique Bossong, président de la MSA de Bourgogne et la seule façon d’échapper à l’éventualité d’une fusion que l’échelon national a repoussé vigoureusement. Michel Brault, directeur général de la Caisse centrale, témoigne de «la volonté de garder les 35 caisses MSA». Mais «les périmètres doivent se rapprocher» avec une nouvelle organisation qui sera actée début 2018. Entre Bourgogne et Franche-comté, pas de suppression de postes à craindre, ni de déménagements forcés, mais «une mobilité fonctionnelle» à installer et une réorganisation à gérer qui ne sera pas sans effet sur le fonctionnement des structures.

Une crise agricole profonde
L’exercice 2016 se distingue d’abord par un contexte de crise agricole profonde avec de «nombreux espoirs déçus» par la réalité climatique, comme le souligne Dominique Bossong et la perspective que 2017 ne permettent pas à beaucoup de se refaire une bonne santé économique. Ces dernières années ont vu, témoigne le directeur de la MSA Bourgogne Jean Boissière, «une montée en puissance de la précarisation». Certains indicateurs, comme l’augmentation du nombre de personnes pouvant prétendre au RSA, à la CMU et à la Prime d’activité, ne laissent aucun doute. L’arsenal de la protection sociale se renforce, mais cela «ne suffit pas à endiguer cette tendance à la précarisation». Les outils et les moyens restent en deça des «nécessités du terrain» et d’un contexte en mouvement, sous les coups des aléas climatiques et des crises à répétition.
Face à cela, le montant des cotisations des non-salariés régresse (-18% entre 2015 et 2016), ce qui traduit les impacts de la crise agricole et la forte diminution des revenus en 2015, dans toutes les filières, à l’exception de la viticulture (rattrapée en 2016 par les aléas climatiques). Cette baisse des cotisations et la baisse de la cotisation Amexa, finissent de fragiliser le système agricole et impose un nécessaire complément de financement au titre de la solidarité nationale, afin de combler l’écart entre les prestations payées et les cotisations perçues. En 2016, le niveau de ce recours à la solidarité nationale a encore augmenté, il est passé de 60% en 2015, à 63% pour l’exercice suivant.

Contrainte à se livrer en permanence à un numéro d’équilibriste, la MSA peut s’appuyer sur son statut d’OPA, pour rester une organisation proche du terrain bénéficiant d’un réseau aguerri et sur son guichet unique, pour actionner les leviers nécessaires à un accompagnement renforcé de ses ressortissants en difficulté. En témoigne le film présenté lors de cette assemblée générale de la MSA, réalisé avec l’appui technique de la Carsat Bourgogne-Franche-Comté : «Oser ! La MSA à vos côtés». Un film, qui sera largement diffusé sur le terrain, à la fois pour mobiliser en interne et pour encourager les personnes en situation de fragilité à se faire connaître le plus tôt possible.

Accompagner les actifs en difficulté

Face à l’ampleur de la crise que vit le monde agricole, le conseil d’administration de la MSA a décidé de mobiliser des moyens d’accompagnement supplémentaires pour les exploitants agricoles en difficultés socio-économiques, ainsi que les salariés ou les exploitants confrontés à des problèmes de santé, de handicap ou de risque psycho-social. Un réseau de veille sur le terrain et l’organisation en guichet unique  permettent de repérer les personnes en difficulté et d’actionner les services en interne. Ce déploiement complète et renforce le dispositif « Agri’écoute » qui permet, depuis octobre 2014, aux personnes en proie au mal-être et aux idées noires, de dialoguer anonymement et à tout moment avec des bénévoles formés aux situations d’urgence, de souffrance et de détresse. Afin de compléter ces mesures d’accompagnement et d’agir encore plus en amont en amenant les personnes en situation de difficulté à libérer leur parole et à trouver les moyens de s’en sortir, la MSA Bourgogne, avec l’appui technique de la Carsat Bourgogne-Franche-Comté, a réalisé un film « Oser ! La MSA à vos côtés », dans lequel cinq exploitants et salariés agricoles témoignent.  Cinq parcours de vie et cinq belles victoires contre le désespoir et l’adversité, à découvrir dans ce film qui alerte et réconforte en démontrant que rien n’est jamais perdu.