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élevage ovin

La Brebis à la pointe du progrès

Identification électronique, photovoltaïque, modernisation des pratiques, l’élevage ovin du futur se prépare et a fait l’essentiel du congrès de la FNO, à Arles les 24 et 25 mai derniers.
Par Ma signature
La Brebis à la pointe du progrès
Loin de l’image d’Epinal du berger gardant ses brebis près de sa cabane en bois au pied d’un sommet enneigé, l’éleveur ovin se situe aussi aujourd’hui à la pointe de la modernité. Identification électronique, photovoltaïque sur les bâtiments, modernisation des exploitations, génétique, formation... l’élevage du futur existe bel et bien et il était d’ailleurs présent lors du dernier congrès de la Fédération nationale ovine qui s’est tenu à Arles les 24 et 25 mai dernier.
Confronté aux crises à répétition, le secteur ovin a dû se débrouiller pour survivre. Aujourd’hui, dans un contexte plus favorable et avec une réforme de la Pac dont ils sortent gagnants, les éleveurs comptent bien continuer. Un exemple ? L’identification électronique imposée à marche forcée il y a trois ans, se voit maintenant encouragée comme un atout, un outils au service des éleveurs et de la filière, avec des perspectives d’utilisation multiples relevées lors du dernier congrès par des éleveurs plutôt bricoleurs et innovants.
[INTER]Un fonds d’investissement pour soutenir l’initiative[inter]
La professionnalisation de l’élevage ovin va désormais de soi, car professionnaliser l’élevage c’est aussi alléger les contraintes de travail et redonner envie aux jeunes de s’installer dans cette production. Pour installer, la FNO innove aussi en créant le premier fonds d’investissement destiné à capter des capitaux extérieurs pour investir dans l’agriculture. La production ovine sera ainsi la première production à expérimenter ce fonds. Depuis mai 2013, des agriculteurs ont pu s’installer grâce au fonds d’investissement Labéliance. Ce fonds, qui bénéficie d’une fiscalité avantageuse, fait financer des projets agricoles par des investisseurs à haut patrimoine.
Au sein de l’élevage ovin, tout le monde cependant n’a pas la même définition du progrès. Certains dénoncent la tentation du modèle industriel et le manque de rentabilité globale du secteur. Pour beaucoup le problème reste avant tout économique, avec des importations importantes de viande ovine qui entrent en concurrence avec la production française.

[INTER]Les «ressources» à venir de la mondialisation [inter]
En 2010, la France comptait 32 000 exploitations de moins de 50 brebis (65% des ateliers), contre 435 de plus de 750 brebis (4%). La concentration est en marche. Si le nombre de brebis destinées à produire de la viande dans les exploitions de moins de 50 brebis a diminué, le nombre de brebis produites par les exploitations de plus de 750 animaux a progressé dans le même temps. Les exploitations qui produisent le plus (42% du total), sont celles qui élèvent entre 150 et 450 brebis. Mais la France ne produit que 40% de la viande ovine qu’elle consomme.

Selon certains responsables professionnels, la mondialisation qui a tant nui à l’élevage ovin pourrait demain assurer son salut, car les marchés extérieurs se développent, dans le monde musulman, en Europe de l’Est et en Asie. Des marchés qui pourraient bien intéressés les principaux concurrents de la filière ovine sur le marché français. Resterait alors à travailler finement sur la gestion de l’offre et la contractualisation pour que les prix restent durablement à la hauteur des espérances des éleveurs ovins.