Xavier Beulin en a fait la demande à François Hollande
L’enjeu d’un véritable plan européen pour l’agriculture
En marge de la crise profonde que subit le secteur agricole dans son ensemble depuis plusieurs mois, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, accompagné du président de jeunes agriculteurs (JA) Thomas Diemer, a rencontré le Président de la République le mardi 2 février, en présence du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.
Les manifestations d’agriculteurs en détresse s’étendent sur le territoire. Sur la durée, la consolidation financière apportée au plan de soutien et annoncée la semaine dernière ne semble pas pouvoir répondre à l’ampleur du problème. Pour le président de la FNSEA, la réponse doit-être donnée à la fois au niveau européen avec une réelle initiative commune et sur un plan national en résorbant la problématique du prix. Ainsi, à l’échelle communautaire, Xavier Beulin a réitéré la nécessité d’harmoniser les décisions, rappelant au passage «l’énorme pénalisation» engendré par l’embargo russe. Aussi, la question de l’étiquetage a été remise sur la table, «il est temps que l’on donne l’information au consommateur». Sur le domaine social et environnemental, Xavier Beulin a déploré les différentiels de compétitivité, concernant en particulier les travailleurs détachés et les normes environnementales. «Nous assistons à une forme de dumping», a-t-il fait remarquer. Les deux représentants agricoles ont déclaré avoir insisté, auprès du Chef de l’Etat, sur le besoin de réformes structurelles. La France doit, selon eux, aller à la rencontre des autres Etats membres et instaurer une véritable politique ambitieuse en agriculture. Thomas Diemer en a profité pour parler de la situation dramatique à laquelle sont confrontés de jeunes agriculteurs, qui ont investi de lourdes sommes. La dynamique des installations continue en effet de diminuer dans ce contexte hostile.
Revendications nationales
Dans l’Hexagone, l’absence d’un juste prix reste, selon Xavier Beulin, est l’élément déterminant, «en particulier sur la production laitière» insiste-t-il. A ce titre, le président du premier syndicat agricole de France a demandé à ce que tous les opérateurs, qu’ils soient de la collecte, de la transformation ou de la distribution, «ne spéculent pas sur une baisse du prix du lait», pendant la phase de négociation qui prendra fin le 29 février. Une baisse qui selon lui est «inacceptable et injustifiée».
Sur le volet normatif, il a répété le non-sens de l’application du compte pénibilité et de la complémentaire santé qui « tuent toute initiative à l’embauche en agriculture ». Il souhaite la mise en place d’une nouvelle méthode d’élaboration des normes. En parallèle, en production fruitière et de cerises en particulier, l’interdiction d’utiliser la molécule permettant d’éradiquer la drosophila Suzukii risquerait, selon lui, de faire disparaître les cerises françaises.
Concernant les réformes structurelles, le président de la FNSEA a demandé «une baisse de 10 points des cotisations sociales» pour tous les agriculteurs, une mesure dont le montant est estimé à près de 600 millions d’euros. «On se rend compte qu’il y a toujours un différentiel avec nos voisins européens de 5-6 points», explique Xavier Beulin. Les propositions portées par Xavier Beulin et Thomas Diemer ont été, selon eux, entendues par le président François Hollande qui s’est personnellement engagé à répondre d’ici le début du salon de l’Agriculture. Le président a annoncé qu’il rencontrera la chancelière allemande, Angela Merkel, dimanche prochain 7 février et évoquera avec elle la question agricole européenne. Par ailleurs, une réunion avec le Premier Ministre est d’ores et déjà programmée le 17 février prochain.
Revendications nationales
Dans l’Hexagone, l’absence d’un juste prix reste, selon Xavier Beulin, est l’élément déterminant, «en particulier sur la production laitière» insiste-t-il. A ce titre, le président du premier syndicat agricole de France a demandé à ce que tous les opérateurs, qu’ils soient de la collecte, de la transformation ou de la distribution, «ne spéculent pas sur une baisse du prix du lait», pendant la phase de négociation qui prendra fin le 29 février. Une baisse qui selon lui est «inacceptable et injustifiée».
Sur le volet normatif, il a répété le non-sens de l’application du compte pénibilité et de la complémentaire santé qui « tuent toute initiative à l’embauche en agriculture ». Il souhaite la mise en place d’une nouvelle méthode d’élaboration des normes. En parallèle, en production fruitière et de cerises en particulier, l’interdiction d’utiliser la molécule permettant d’éradiquer la drosophila Suzukii risquerait, selon lui, de faire disparaître les cerises françaises.
Concernant les réformes structurelles, le président de la FNSEA a demandé «une baisse de 10 points des cotisations sociales» pour tous les agriculteurs, une mesure dont le montant est estimé à près de 600 millions d’euros. «On se rend compte qu’il y a toujours un différentiel avec nos voisins européens de 5-6 points», explique Xavier Beulin. Les propositions portées par Xavier Beulin et Thomas Diemer ont été, selon eux, entendues par le président François Hollande qui s’est personnellement engagé à répondre d’ici le début du salon de l’Agriculture. Le président a annoncé qu’il rencontrera la chancelière allemande, Angela Merkel, dimanche prochain 7 février et évoquera avec elle la question agricole européenne. Par ailleurs, une réunion avec le Premier Ministre est d’ores et déjà programmée le 17 février prochain.
Le plan de soutien complémentaire du 26 janvier
Dès le 26 janvier le ministre de l’Agriculteur a annoncé une série de nouvelles mesures pour compléter celles annoncées par Manuel Valls le 3 septembre 2015. 125 M€ supplémentaires sont ainsi prévus dont 50M€ d’allègement des charges (Fac), 50M€ de prise en charge des cotisations MSA et 25M€ pour prolonger les années blanches sur l’endettement jusqu’au 30 juin de cette année. 130 millions d’euros devraient permettre d’indemniser les éleveurs et accouveurs du Grand Sud-Ouest afin de compenser les pertes de revenus provoquées par la mise en place du plan de lutte contre la grippe aviaire. En regard de ces mesures conjoncturelles, la FNSEA attend aussi des mesures structurelles que seule la définition d’une véritable stratégie pour l’agriculture française peut permettre. Ce qui suppose de monter fermement au créneau à Bruxelles afin d’obtenir «un vrai deal qui valorise» notamment «le made in France». Stéphane Le Foll a «appelé solennellement les entreprises de l’agroalimentaire et de la distribution à la responsabilité, afin de permettre une meilleure prise en compte des coûts de production dans les prix pratiqués». Il a incite aussi les industriels à utiliser davantage les dispositifs de soutien des marchés comme le stockage privé (lait porcs) et profiter des soutiens à l’investissement dans l’abattage découpe (12 millions d’euros ont été engagés seulement sur 50M€ disponibles).