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Tuberculose

Ils y sont allés

Une délégation de Côte-d'Or s'est rendue dans les locaux de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) mardi matin à Paris, au sujet des indemnisations des abattages diagnostiques décorrélées du marché.

Par AG
Ils y sont allés
Les Côte-d'oriens ont été rejoints dans leur action par des agriculteurs du Calvados et de l'Orne.

Des semaines et même des mois sans la moindre réponse alors, ils ont pris la décision d'y aller. « Bonjour, Antoine Carré, président de la FDSEA de Côte-d'Or. Nous arrivons mardi à 11 heures » : ces quelques mots simples, succincts mais directifs prononcés par téléphone auront suffi à prévenir la DGAL de la mobilisation de ce début de semaine. Petit rappel des faits et des revendications pour celles et ceux qui n'auraient pas lu nos derniers articles sur le sujet : les responsables syndicaux FDSEA-JA du 21 déplorent la décorrélation des indemnisations des abattages diagnostiques à la valeur marchande des bovins. « Chaque vache tuée dans le cadre de la lutte contre la tuberculose est indemnisée à hauteur de 2 500 euros alors qu'elle vaut bien plus aujourd'hui », résume Antoine Carré, « nous venons d'avoir les chiffres de la FNSEA, de la FNB et de la FNPL : une hausse de 42 % du prix des animaux a été enregistrée depuis 2023, année de l'arrêté qui a décidé d'indemniser les vaches 2 500 euros. Nous devrions être à 3 480 euros à ce jour ! Les éleveurs font le job au niveau sanitaire et perdent donc beaucoup d'argent à le faire, il n'est plus possible de continuer comme ça ». Sans avancée concrète depuis des mois, sans la moindre réponse « d'en haut », les Côte-d'oriens ont donc pris l'initiative de monter directement à Paris.

Du soutien

Antoine Carré avait contacté plusieurs responsables syndicaux d'autres départements touchés par la tuberculose bovine : « j'ai échangé avec des éleveurs du Calvados, des Pyrénées-Atlantiques, de l'Orne et de la Dordogne. Les mêmes problématiques que les nôtres sont rencontrées sur ces territoires. Pire encore, certains n'ont des cas de tuberculose qu'en bovins laitiers : une très grande quantité de lait est perdue et non indemnisée lors des abattages diagnostiques ». La délégation côte-d'orienne était donc soutenue dans son action par ses homologues des autres départements, elle qui était composée de Jacques de Loisy, Christophe Lechenault, Sylvain Fleury, Jean-Luc Gerbron, Thomas Cotiby, Juliette Martin, Jérémy Leguy, Maxime Renault, Paul Allemand et donc Antoine Carré. Avant même la rencontre à la DGAL, cette mobilisation avait « fait beaucoup causer » comme l'assure le président de la FDSEA : « mon téléphone n'a pas arrêté de sonner lundi, veille de notre déplacement. J'ai reçu des coups de fil de la DGAL et du ministère de l'Agriculture qui semblaient s'inquiéter de notre venue ». Le rendez-vous de mardi a duré deux heures, les responsables professionnels ont pris la parole tour à tour pour exposer la fameuse problématique. La directrice de la DGAL, entourée de ses deux adjoints et d'un représentant du ministère de l'Agriculture semblait bien connaître le sujet. « Nous avons insisté sur l'urgence de la situation, pour qu'il n'y ait aucun débordement sur le terrain. Une réponse nous sera apportée en avril. Nous leur avons répondu que c'était trop tard, sauf si une rétroactivité était appliquée… Ils nous ont assuré qu'ils allaient faire leur maximum », relaye Antoine Carré, avant d'enchaîner : « nous parlons quand même d'un enjeu sanitaire majeur. Il n'est pas question de 50 millions d'euros mais de seulement 200 000 euros. À l'échelle d'un département, ce n'est rien ». D'autres sujets en lien avec la tuberculose ont été abordés : « nous avons mis l'accent sur les expertises, souvent discordantes entre leur passage en local et leur arrivée à la DGAL. Aussi et surtout : nous avons discuté de la gestion de la faune sauvage et plus particulièrement celle du blaireau. Tous les départements concernés par la tub dressent le même constat sur cet animal qui doit être classé nuisible. Que le préfet nous entende : un arrêté de sa part sur ce sujet serait le bienvenu, il n'est pas possible de continuer de travailler dans ces conditions. Tout doit être mis en place pour diminuer ses populations ».