Nouvelle situation frauduleuse sur viande bovine importée
Il faut privilégier l’origine française !
Une fois de plus, une tromperie grave des consommateurs vient d’être identifiée sur de la viande bovine étrangère, concernant cette fois des volumes importants de faux steaks hachés, provenant de Pologne.
La fraude porte sur la fabrication de ce produit, en aucun cas conforme dans sa composition, puisqu’incluant non pas uniquement du muscle haché, mais un mélange avec aponévroses, gras, amidon et autres substances, selon les éléments diffusés par les médias.
La Fédération Nationale Bovine déplore cette situation, qui touche sur ce cas aujourd’hui l’alimentation proposée aux plus démunis, et va à l’encontre du travail des associations caritatives, victimes de cette fraude. Et comme dans d’autres affaires, la pression au prix le plus bas conduit aussi à franchir des lignes rouges au détriment de la qualité.
La FNB veut exprimer l’exaspération des éleveurs français face à ces situations qui ne sont pas tolérables, et reflètent des pratiques d’opérateurs d’import-export que l’on pensait aujourd’hui bannies.
La filière française s’est dotée depuis longtemps d’un cahier des charges «100% muscle» qui garantit la composition et la qualité des viandes pour les steaks hachés, dans l’objectif justement de pleine transparence et garantie vis-à-vis des consommateurs.
Dans la stricte logique des États Généraux de l’Alimentation, la FNB demande aux pouvoirs publics d’assurer la généralisation du «100% muscle» pour l’ensemble de la viande bovine distribuée en France sur appels d’offre, dans les cantines et en restauration, ainsi qu’en boucherie et grande distribution.
Et afin d’enrayer l’importation de produits douteux, qui ne correspondent ni à nos standards de production ni de fabrication, les consommateurs sont en droit, et se doivent, d’exiger l’origine française et le logo «100% muscle» sur les produits qui leur sont proposés !
Emmanuel Bernard : «Un système à remettre à plat»
Emmanuel Bernard, président de la commission export d’Interbev France, replace ce nouveau scandale dans le contexte régional.
- Quel est votre état d’esprit après la révélation du scandale de la viande polonaise destinée aux associations caritatives ?
Emmanuel Bernard : «Nous ne sommes malheureusement pas étonnés. Il fut un temps, et cela remonte à quelques années, où nos entreprises régionales fournissaient directement les restos du cœur. Cette valorisation régionale n’a pas perduré, nos entreprises n’étant pas assez «compétitives» pour entrer dans les clous de nouveaux appels d’offres européens très massifs. Ces marchés ont donc été perdus au profit de très gros opérateurs, visiblement moins regardants sur la qualité des produits, puisqu’ils ont su adapter leur réponse à un niveau de prix très inférieur.
La qualité n’entre pas en ligne de compte dans ces rouages très déshumanisés, à visée essentiellement financière.
La Bourgogne Franche-Comté a été directement impactée économiquement par cette évolution et la perte de ces marchés locaux. Sur nos territoires, des emplois ont été fragilisés, des entreprises se sont retrouvées déstabilisées. À Interbev, nous suivons de près ce dossier depuis cinq ans environ. Il faut savoir qu’il y a deux ou trois ans déjà des résultats bactériologiques douteux avaient concerné des steaks hachés… »
- Le système est verrouillé au niveau européen, mais existe-t-il un moyen de faire évoluer ce schéma compte tenu des scandales à répétition ?
E. B. : «Ce qui est déplorable, c’est que les entreprises qui sont passées par l’intermédiaire des traders ont fait plus de profit que nos propres entreprises n’en faisaient en travaillant honnêtement. Nous voyons là les limites d’une organisation des appels d’offres trop massive, qui laisse le champ libre à de nombreux abus. Il faudrait revoir le cahier des charges de ces appels d’offres en redonnant toute sa place au consommateur final. Pourquoi aussi ne pas envisager une forme de segmentation ou des outils permettant de redonner une chance à la dimension régionale de s’inscrire dans ces réseaux commerciaux ? Nous avons en vain multiplié les mises en garde au plan régional comme au plan européen sur ces appels d’offres aberrants en termes de volumes comme en termes de prix.
Ce système doit être remis à plat.
Le scandale révélé au grand jour, nous trouvons inadmissible que le nom de ces entreprises qui n’ont visiblement aucun sens des responsabilités ne soit pas révélé».
- Quelle leçon peut-on en tirer sur le plan régional et sur le plan européen ?
E. B. : «Alors que nous poussons plusieurs dossiers régionaux de reprise en main de structures d’abattage, ce nouveau scandale démontre la nécessité de garder un minimum de maîtrise pour éviter certains risques inhérents à la globalisation et à l’industrialisation des marchés, avec des traders qui agissent en toute impunité. À voir ce qui se passe sur les marchés de la viande en Australie, au Brésil… on peut constater que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
Le scandale polonais risque de précipiter la viande bovine polonaise dans une grave crise. Il faut que ce pays comprenne qu’il n’y a pas d’autre solution pour en sortir que de réorganiser sa production et de monter en gamme. Sinon, elle risque de voir se fermer les portes du marché européen. Vu la multiplication des scandales, il faut maintenant qu’une commission d’enquête européenne s’empare du sujet et fasse le ménage. C’est le moins que l’on puisse faire alors que les éleveurs français ne voient toujours pas le bout du tunnel et que la résignation gagne du terrain chez tous ceux qui font leur travail honnêtement ».
La Fédération Nationale Bovine déplore cette situation, qui touche sur ce cas aujourd’hui l’alimentation proposée aux plus démunis, et va à l’encontre du travail des associations caritatives, victimes de cette fraude. Et comme dans d’autres affaires, la pression au prix le plus bas conduit aussi à franchir des lignes rouges au détriment de la qualité.
La FNB veut exprimer l’exaspération des éleveurs français face à ces situations qui ne sont pas tolérables, et reflètent des pratiques d’opérateurs d’import-export que l’on pensait aujourd’hui bannies.
La filière française s’est dotée depuis longtemps d’un cahier des charges «100% muscle» qui garantit la composition et la qualité des viandes pour les steaks hachés, dans l’objectif justement de pleine transparence et garantie vis-à-vis des consommateurs.
Dans la stricte logique des États Généraux de l’Alimentation, la FNB demande aux pouvoirs publics d’assurer la généralisation du «100% muscle» pour l’ensemble de la viande bovine distribuée en France sur appels d’offre, dans les cantines et en restauration, ainsi qu’en boucherie et grande distribution.
Et afin d’enrayer l’importation de produits douteux, qui ne correspondent ni à nos standards de production ni de fabrication, les consommateurs sont en droit, et se doivent, d’exiger l’origine française et le logo «100% muscle» sur les produits qui leur sont proposés !
Emmanuel Bernard : «Un système à remettre à plat»
Emmanuel Bernard, président de la commission export d’Interbev France, replace ce nouveau scandale dans le contexte régional.
- Quel est votre état d’esprit après la révélation du scandale de la viande polonaise destinée aux associations caritatives ?
Emmanuel Bernard : «Nous ne sommes malheureusement pas étonnés. Il fut un temps, et cela remonte à quelques années, où nos entreprises régionales fournissaient directement les restos du cœur. Cette valorisation régionale n’a pas perduré, nos entreprises n’étant pas assez «compétitives» pour entrer dans les clous de nouveaux appels d’offres européens très massifs. Ces marchés ont donc été perdus au profit de très gros opérateurs, visiblement moins regardants sur la qualité des produits, puisqu’ils ont su adapter leur réponse à un niveau de prix très inférieur.
La qualité n’entre pas en ligne de compte dans ces rouages très déshumanisés, à visée essentiellement financière.
La Bourgogne Franche-Comté a été directement impactée économiquement par cette évolution et la perte de ces marchés locaux. Sur nos territoires, des emplois ont été fragilisés, des entreprises se sont retrouvées déstabilisées. À Interbev, nous suivons de près ce dossier depuis cinq ans environ. Il faut savoir qu’il y a deux ou trois ans déjà des résultats bactériologiques douteux avaient concerné des steaks hachés… »
- Le système est verrouillé au niveau européen, mais existe-t-il un moyen de faire évoluer ce schéma compte tenu des scandales à répétition ?
E. B. : «Ce qui est déplorable, c’est que les entreprises qui sont passées par l’intermédiaire des traders ont fait plus de profit que nos propres entreprises n’en faisaient en travaillant honnêtement. Nous voyons là les limites d’une organisation des appels d’offres trop massive, qui laisse le champ libre à de nombreux abus. Il faudrait revoir le cahier des charges de ces appels d’offres en redonnant toute sa place au consommateur final. Pourquoi aussi ne pas envisager une forme de segmentation ou des outils permettant de redonner une chance à la dimension régionale de s’inscrire dans ces réseaux commerciaux ? Nous avons en vain multiplié les mises en garde au plan régional comme au plan européen sur ces appels d’offres aberrants en termes de volumes comme en termes de prix.
Ce système doit être remis à plat.
Le scandale révélé au grand jour, nous trouvons inadmissible que le nom de ces entreprises qui n’ont visiblement aucun sens des responsabilités ne soit pas révélé».
- Quelle leçon peut-on en tirer sur le plan régional et sur le plan européen ?
E. B. : «Alors que nous poussons plusieurs dossiers régionaux de reprise en main de structures d’abattage, ce nouveau scandale démontre la nécessité de garder un minimum de maîtrise pour éviter certains risques inhérents à la globalisation et à l’industrialisation des marchés, avec des traders qui agissent en toute impunité. À voir ce qui se passe sur les marchés de la viande en Australie, au Brésil… on peut constater que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
Le scandale polonais risque de précipiter la viande bovine polonaise dans une grave crise. Il faut que ce pays comprenne qu’il n’y a pas d’autre solution pour en sortir que de réorganiser sa production et de monter en gamme. Sinon, elle risque de voir se fermer les portes du marché européen. Vu la multiplication des scandales, il faut maintenant qu’une commission d’enquête européenne s’empare du sujet et fasse le ménage. C’est le moins que l’on puisse faire alors que les éleveurs français ne voient toujours pas le bout du tunnel et que la résignation gagne du terrain chez tous ceux qui font leur travail honnêtement ».