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Emploi

Hey les jeunes, vous voulez bosser ?

Les organismes stockeurs recrutent dès maintenant des saisonniers pour les moissons. Petit tour en Côte-d'Or, à la SAS Bresson.

Par AG
Hey les jeunes, vous voulez bosser ?
Nous avons rencontré Agnès Hué, en charge du recrutement à Saulon-la-Chapelle.

Pour faire tourner les silos et recevoir les agriculteurs dans les meilleures conditions, il faut du monde, beaucoup de monde. En tout cas, beaucoup plus que d'ordinaire. La SAS Bresson, basée à Saulon-la-Chapelle au sud de Dijon, fait plus que doubler ses effectifs en période estivale. « Nous recrutons une quarantaine de personnes chaque été, sachant que nous sommes 33 salariés en temps normal », informe Agnès Hué, en charge de la comptabilité, des ressources humaines et donc de tous ces recrutements. Les rendez-vous s'enchaînent actuellement pour ne manquer d'aucun bras d'ici quelques semaines : « Juste avant les moissons, une dizaine de personnes seront recrutées pour nettoyer nos silos, ces tâches sont souvent réalisées en binômes. Pour renforcer nos équipes, nous recherchons également des chauffeurs, six contrats avaient été signés l'an passé. Le gros des recrutements concerne une trentaine de postes sur nos différents points de collecte avec, au programme, l’accueil et l'orientation de nos clients, l'entretien des outils de travail, la pesée, les analyses et l'enregistrement de la qualité et du tonnage des céréales ». Les saisonniers, pour ces derniers postes cités, sont des étudiants dans 95 % des cas. Avec une moyenne d'âge d'environ 20 ans.

Avantages et inconvénients

Les lieux de travail concernés sont au nombre de dix, dont sept sont basés en Côte-d'Or (Beaumont-sur-Vingeanne, Cessey-sur-Tille, Gilly-lès-Cîteaux, Saint-Usage, Saulon, Tanay et Quemigny-Poisot). La Haute-Saône est elle aussi concernée (Champlitte et Oyrières), tout comme le Jura (Champdivers). Des salariés qui habitent près de ces sites seront toujours privilégiés pour des raisons pratiques et économiques, mais des aides financières pourront être accordées en cas de plus longs déplacements domicile-travail. Les jeunes qui signeront un contrat avec la SAS Bresson auront la particularité de ne connaître que peu de temps à l’avance la date de début ou la date de fin de celui-ci. « C'est ainsi à chaque campagne, nous ne pouvons pas faire autrement, c’est le soleil et la maturité des céréales qui décident ! Le travail débute dès la première benne livrée et se termine le jour du dernier champ moissonné. Il faut être disponible et flexible. Cela peut être vu comme une contrainte, nous en avions conscience », précise Agnès Hué. Les moissons vont « de plus en plus vite » : en conséquence, chaque saisonnier n'est même pas sûr de travailler un mois entier. En revanche, en nombre d'heures, chacun sera « servi » : « des semaines de travail de 45 à 50 heures sont au programme. Très exceptionnellement, elles peuvent même atteindre 60 heures. Nous demandons chaque année des dérogations de la durée hebdomadaire de travail à la DDETS (Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités) pour le permettre à nos salariés en CDI et CDD, ainsi qu’à nos saisonniers. Ces derniers ont alors de nombreuses heures supplémentaires à leur actif. Les dimanches et jours fériés sont payés double. Et au-delà de l'aspect financier, le travail en lui-même, dans nos silos, est convivial et se fait en équipes ».

Que 20 % d'agriculteurs

Aucune formation préalable n'est nécessaire, comme l'assure la responsable RH : « nous formons directement sur place, les saisonniers apprennent au fur et à mesure de leurs missions, il n'y a pas de problème. Alors oui, il est vrai que nous préférons souvent un jeune qui est déjà venu chez nous, c'est pour cela que le profil d'étudiant nous paraît intéressant. Nous essayons d'ailleurs de les fidéliser avec une prime pour celles et ceux qui viennent travailler chez nous plusieurs fois ! ». À notre grande surprise, seulement 20 % des saisonniers sont issus du monde agricole : « je ne pense pas qu'il y en ait davantage. Encore une fois, ces travaux ne demandent pas de connaissances ni de formations particulières, ils sont accessibles à tous. Il y a autant de filles que de garçons. Petite précision : nous ne prenons que des personnes majeures, car le trafic de tracteurs sur nos plateformes demande beaucoup de vigilance et de responsabilités ». Agnès Hué nous fait part, pour terminer, de difficultés grandissantes pour recruter : « au moment où nous parlons, nous sommes le 21 avril et j'ai une vingtaine de CV en ma possession. Il y a dix ans, j'en aurais eu au moins une cinquantaine à la même date… Nous avons moins de candidatures spontanées que dans le passé, nous devons davantage chercher et élargir nos voies de communication. Notre présence sur les réseaux sociaux l'illustre parfaitement ».

Contact : 03 80 79 15 25 ou info@bresson-cereales.fr